570 à 590, psaume 76 : Khaibar.

Résumé:

Cette génération est celle des années 570 à 590.

Suivant notre comptage, cette génération est la génération 76 associée au psaume 76. C’est dans ce psaume 76 que nous retrouvons donc une illustration des faits de cette génération.

La paix relative ménagée par Justinien 1er et Khosrô 1er entre Byzance et la Perse cesse avec l’arrivée de leurs successeurs. Les Arméniens se révoltent contre les Perses et demandent le secours de Justin, successeur de Justinien. La guerre contre les Perses reprend.

Pendant cette génération le christianisme devient plus intolérant envers les Juifs et de nombreux cas de conversions forcées ou de fortes pressions à la conversion ont lieu, comme à Clermont-Ferrand ou Uzès. En Espagne où jusqu’alors les Wisigoths montraient une certaine tolérance envers les Juifs, les choses évoluent aussi négativement. Le royaume Perse n’est pas en reste.

La succession de Justinien est signe de tensions croissantes entre Byzance et les Juifs. Sous Justin II, on en vint à nouveau à une révolte Judéo-Samaritaine en Palestine.

Les tensions subies par les Juifs pendant cette génération en terres chrétiennes montrent bien que si le monde reste soumis à cette unipolarité dominante, le peuple Juif ne pourra plus subsister que quelques générations, le temps qu’éventuellement les Perses soient séduits à leur tour par la religion monothéiste.

Mais cela n’est pas le dessein de Dieu qui rappelle que c’est bien lui qui dirige les affaires des hommes sur la terre. Les desseins des puissants de ce monde seront bientôt remis en question par un prince du désert de la péninsule arabique dont ni Byzance ni les Perses ne prêtent encore la moindre importance.

En effet cette génération est celle de la naissance de Mahomet, le prophète de l’Islam dont la naissance a lieu au début de cette génération.

Les futures conquêtes de Mahomet ont déjà été aidées par la « providence », une peste suivie d’une épidémie de variole affaibli grandement Constantinople, peut-être un facteur d’explication du succès des futurs envahisseurs arabes.

Si ces éléments sont de nature à aider l’éclosion de l’empire musulman, c’est à travers les Juifs de la tribu de Khaibar que Mahomet pourra redéfinir l’équilibre géopolitique du monde (de l’époque). En effet du fait d’un vœu malheureux du grand-père de Mahomet, le père du futur Mahomet aurait dû être sacrifié ce qui aurait eu pour conséquence la non-naissance du prophète de l’Islam. Une devineresse de Khaibar permettra de remplacer ce sacrifice par celui de cent chameaux.

Cet épisode est bien évoqué dans le psaume de cette génération.

Cette intervention favorable des Juifs de Khaibar dans l’éclosion de l’Islam n’empêchera pas quelques années plus tard Mahomet de les combattre, pour des raisons plus stratégiques que religieuses. Safyyah, la femme de Kinâna, un des dirigeants Juifs de Khaibar, devint une des femmes de Mahomet sans a priori abandonner sa religion si l’on se fie au “menu” des noces respectant les lois alimentaires juives.

La prise de Khaibar en particulier sera d’une haute importance stratégique complétant la conquête des autres fortifications juives et permit à Mahomet et à ses successeurs de poursuivre sa marche victorieuse irrésistible vers La Mecque et le reste de l’orient faisant tomber les princes les uns après les autres, incluant en particulier le prestigieux royaume Perse.

Développement:

Reprise des hostilités

Du côté de Byzance, cette génération des années 570 à 590 après JC voit s’achever le règne de Justin II (565-578) auquel succède Tibère II Constantin (578-582) puis Maurice (582-602). Du côté Perse, à Khosrô 1er (531-579) succède Hormozd IV (579-590).

La paix relative ménagée par Justinien 1er et Khosrô 1er entre Byzance et la Perse cesse avec l’arrivée de leurs successeurs:

  • La[1] dynastie des Sassanides (à la succession de Khosrô 1er) s’engagea dans une guerre désastreuse contre Byzance, la sœur de Rome, chrétienne et hellénisée, cette guerre se prolongea pendant tout le siècle qui suivit (VIIe siècle).

Justin[2] après avoir rompu avec la politique de négociation de Justinien se trouva confronté aux attaques des Lombards en Italie puis des Avars avec lesquels il finit par conclure une trêve moins avantageuse que le traité négocié par son prédécesseur. En 571, les Arméniens se révoltent contre les Perses et demandent le secours de Justin. Début 572, la guerre contre les Perses reprend.

Le christianisme intolérant

Pendant cette génération le christianisme devient plus intolérant envers les Juifs et de nombreux cas de conversions forcées ou de fortes pressions à la conversion ont lieu:

  • Beaucoup[3] d’évêques, poussés soit par le désir d’amener à la foi chrétienne des mécréants, soit par soucis d’unité, refusent de voir, dans leur cité ou leur diocèse, des hommes obéissant à des lois différents de celle de la majorité et décident de convertir et même de baptiser de force les Juifs. 1500 juifs sont convertis de force en 576 à Clermont.
  • Le roi Chilpéric 1[4] (561-584) veut imposer la conversion au christianisme aux Juifs de son royaume et se propose d’être le parrain de tout Juif baptisé ! (mais il semble que cet ordre ne soit pas exécuté avec fermeté).

L’exemple[5] de Clermont-Ferrand est suivi par l’évêque de Ferréol à Uzès en 581.

En Espagne également où jusqu’alors les Wisigoths montraient une certaine tolérance envers les Juifs, les choses évoluent aussi négativement :

  • En 589[6], le roi wisigoth Reccared (586-601) se convertit au catholicisme romain et fait appliquer toutes les lois (restrictives) concernant les Juifs, en vigueur dans le monde catholique.

Le royaume Perse n’est pas en reste :

  • En 579[7], Hormozd IV monte sur le trône Perse. Dès son ascension les persécutions religieuses contre les Juifs s’intensifient. Les membres de l’académie de Poumbédita seront contraints de trouver refuge à l’académie de Pirouz Chavour près de Nehardea.

La succession[9] de Justinien est signe de tensions croissantes entre Byzance et les Juifs. Sous Justin II, on en vint à nouveau à une révolte Judéo-Samaritaine en Palestine (578).

C’est cette résistance qui est évoquée au début du psaume de cette génération qui juxtapose Juda (les Juifs) et Israël (la Samarie : par extension les Samaritains) :

  1. Au chef des chantres. Avec les instruments à cordes. Psaume d’Assaf. Cantique.
  2. Dieu est illustre dans Juda, grand est son nom en Israël.
  3. Son tabernacle n’est-il pas dans Salem, et sa demeure dans Sion.
  4. Là, Il brise les traits enflammés de l’arc, boucliers, épées, engins de guerre. Sélah!

Toutefois cette résistance est appelée à l’échec au vu des forces en présence.

D’ailleurs cette révolte est sans lendemain sur le plan militaire. Elle a malgré tout vraisemblablement une influence favorable sur Maurice, le futur empereur de Byzance qui infléchit la politique envers les Juifs.

L’hégémonie chrétienne menacée

Les tensions subies par les Juifs pendant cette génération en terres chrétiennes montrent bien que si le monde reste soumis à cette uni-polarité dominante, le peuple Juif ne pourra plus subsister que quelques générations, le temps qu’éventuellement les Perses soient séduits à leur tour par la religion monothéiste.

Mais cela n’est pas le dessein de Dieu qui rappelle que c’est bien lui qui dirige les affaires des hommes sur la terre.

Ceux-ci peuvent remporter des victoires sur leurs semblables, leur orgueil se gonfler, les destinées de ce monde ne sont pas de leur ressort.

C’est cette puissance divine qui domine les destinées du monde qui est rappelée dans la suite du psaume :

  1. Tu es éclatant de lumière, plein de majesté sur la cime des monts meurtriers.
  2. Les cœurs superbes furent frappés de stupeur, ils dormirent leur sommeil ; tous les guerriers laissèrent tomber leurs bras défaillants.
  3. Devant les menaces, ô Dieu de Jacob, chars de combat et coursiers furent saisis de torpeur.
  4. C’est toi, toi qui es redoutable : qui peut tenir devant Toi, dès qu’éclate Ta colère ?
  5. Du haut du ciel Tu fis entendre Ta sentence : la terre s’en effraya et demeura immobile,
  6. quand Dieu se leva pour faire justice, pour porter secours à tous les humbles de la terre. Sélah !
  7. Oui la fureur des mortels elle-même Te rend hommage, lorsque Tu T’armes d’un reste de courroux.

La naissance de Mahomet

De fait, les desseins des puissants de ce monde seront bientôt remis en question par un prince du désert de la péninsule arabique dont ni Byzance ni les Perses ne prêtent encore la moindre importance.

En effet cette génération est celle de la naissance de Mahomet, le prophète de l’Islam dont la naissance a lieu au début de cette génération.

Les futures conquêtes de Mahomet ont déjà été aidées par la « providence » :

  • Les effets[10] de la peste (une terrible épidémie a durement frappé Constantinople et ses provinces à l’automne 541 provoquant vraisemblablement un grand déclin démographique) ont été renforcés, semble-t-il, par l’apparition de la variole, constatée en occident vers 560 et décrite en 620 par un médecin d’Alexandrie (Aaron). Si l’on ne peut mesurer quantitativement la baisse de population dans la seconde moitié du VIe siècle, on ne peut douter de sa réalité. Mais on souhaiterait savoir si les adversaires de Byzance, Slaves, Avars, Arabes ont été davantage épargnés ou non. Si la réponse était positive, on tiendrait un facteur d’explication du succès des envahisseurs.

La tribu de Khaibar

Si ces éléments sont de nature à aider l’éclosion de l’empire musulman, c’est à travers les Juifs de la tribu de Khaibar que Mahomet pourra redéfinir l’équilibre géopolitique du monde (de l’époque). En effet du fait d’un vœu malheureux du grand-père de Mahomet, le père du futur Mahomet aurait dû être sacrifié ce qui aurait eu pour conséquence la non-naissance du prophète de l’Islam.

L’origine du vœu, suivant la légende musulmane est la suivante:

  • Abdou ‘l-Mottalib[11] (grand père de Mahomet) avait eu connaissance d’une tradition disant qu’un homme, du temps d’Ismaël, voulant quitter La Mecque, avait enfoui ses richesses dans le puits de Zemzem. […]En commençant à creuser, il fit le vœu de sacrifier à Dieu un de ses dix fils s’il réussissait, après avoir retiré l’eau et après avoir creusé le sol et trouvé le trésor, à remettre en état le puits. Il creusa donc, il trouva le trésor, ensuite il remit le puis en bon état, et l’eau monta. Abdou l’Mottalib en fut très heureux. Avec les épées d’acier il fit faire une porte pour la Ka’ba ; il fondit les deux gazelles d’or, en fit des plaques et en revêtit les portes de fer. Abdou ‘l-Mottalib fut le premier qui revêtit de plaques d’or la porte de la Ka’ba et qui la couvrit d’étoffes de brocard.
  • Ensuite Abdou ‘l-Mottalib voulut accomplir son vœu, en sacrifiant un de ses fils, dont le plus jeune était Abdallah, le père du prophète (Mahomet). […] Abdou ‘l-Mottalib jeta trois fois le sort sur tous ses fils, et trois fois le sort tomba sur Abdallah. Alors Abdou ‘l-Mottalib se disposait à le tuer.

Après l’insistance de ses fils qui refusèrent cette décision et après le conseil de proches, Abdou ‘l-Mottalib se résigna à consulter une devineresse de Khaibar. Khaibar était une des plus puissantes forteresses juives de la péninsule arabique. Ce que fit Abdou ‘l-Mottalib :

  • Celle-ci[12] (la devineresse de Khaibar) dit : Place d’un côté dix chameaux, et de l’autre Abdallah ; puis consulte le sort. Si le sort tombe sur les chameaux, tu sauras que Dieu accepte la rançon de ton fils ; si le sort tombe sur ton fils, augmente le nombre des chameaux, et recommence, et augment toujours le nombre jusqu’à ce que le sort tombe sur eux ; alors tu sauras que Dieu accepte cette rançon, et tu offriras les chameaux en sacrifice. Abdou ‘l-Mottalib retourna heureux à La Mecque. Il plaça dix chameaux en face d’Abdallah, et consulta le sort ; le sort tomba sur Abdallah. Alors il ajouta dix autres chameaux, puis dix autres, et ainsi de suite ; enfin quand le nombre fut de cent chameaux, le sort tomba sur les chameaux. Abdou ‘l-Mottalib les offrit en sacrifice et en donna la chair aux pauvres.

Cette intervention favorable des Juifs de Khaibar dans l’éclosion de l’Islam n’empêchera pas quelques années plus tard Mahomet de les combattre lors de l’expédition de Khaibar, les chefs furent tués et les Juifs des premières garnisons furent autorisés à prendre la route de l’exil en abandonnant leurs biens comme cela avait été accordé au Béni-Nadhir, une autre tribu juive précédemment vaincue par Mahomet.

Toutefois les combattants des dernières garnisons (la sixième et la septième) obtinrent en échange de leur reddition un statut particulier :

  • On[13] avait combattu pendant trois jours sans résultat. Alors les habitants des deux forts demandèrent à capituler. Ils voulaient que le prophète leur accordât la vie sauve et se contenta de prendre leurs biens, et qu’il les laissât demeurer dans le pays, et conserver la religion juive, sans leur demander de capitation : ils abandonneraient au Prophète leurs plantations de dattiers (toutes les oasis du Hedjaz étaient alors exploitées par des tribus juives) qu’ils continueraient de cultiver ; et, chaque année, au moment de la récolte, il viendrait prendre la moitié des fruits, en leur laissant l’autre moitié. Le prophète fit part de ces propositions à ses compagnons. Tous, Mohadjir et Ançar, les trouvèrent acceptables ; ils dirent : Nous aurons aussi leurs biens et nous posséderons leurs plantations, et ils seront nos fermiers. Ces arbres, s’ils restaient sans propriétaires, se dessécheraient, comme il est arrivé de ceux des Béni-Nadhir (une autre tribu juive vaincue par Mahomet, visiblement seuls les Juifs savaient entretenir les dattiers dans cette région). Le prophète consentit, et accorda aux Juifs ces conditions, en leur disant : Je veux, quand je le jugerai à propos, ou si j’aperçois de votre part quelque acte de trahison, pouvoir vous expulser. Les Juifs y consentirent. Ensuite il fit écrire par Ali le traité, et le leur remit.

Ce traité fut respecté par Mahomet qui les assura de sa bienveillance, puisqu’il alla jusqu’à payer lui-même le prix du sang d’un musulman trouvé mort près de Khaibar après que les Juifs de Khaibar lui aient assuré qu’ils en étaient innocents.

Le traité bien que validé par Mahomet lui-même, fut rompu par ses successeurs (califat d’Omar) qui ne respectant pas sa parole expulsèrent définitivement les Juifs de la péninsule arabique avec des prétextes peu clairs.

La femme de Kinâna, un des dirigeants Juifs de Khaibar, devint une des femmes de Mahomet sans a priori abandonner sa religion (au contraire de ce qu’affirme Tabari) si l’on se fie au menu des noces respectant les lois alimentaires juives :

  • L’envoyé[14] d’Allah (Mahomet) épousa Safyyah, fille de Huyayy b. ‘Akhtab. Il l’avait prise comme captive à Khaybar ; il la choisit pour lui-même. Il a fait un festin de noces ou il n’y avait ni lard ni viande, mais seulement du sawîq et de dattes sèches. Avant lui, elle était l’épouse de Kinâna b. Abî al-Huqayq.

En épousant Safyyah, Mahomet effectua un acte politique non négligeable car il rendait ainsi chacun des proches de celle-ci apparenté à lui-même.

Ainsi ses compagnons qui détenaient ses proches en esclavage les émancipèrent en masse pour respect à Mahomet. Les troupes musulmanes, à la veille de la grande conquête, furent ainsi dotées d’une élite qui leur faisait jusqu’ici cruellement défaut, puisque seuls les déshérités et ceux qui n’avaient rien à perdre avaient fait partie des premiers fidèles de Mahomet.

Une autre des femmes de Mahomet était également juive, puisqu’il prit aussi comme femme, Rayhânah, une captive de la tribu juive des Benî-Qoraizha, une autre tribu juive vaincue avec celle de Khaibar.

Elle aussi, resta juive malgré son union avec Mahomet (même si sa conversion tardive est évoquée par les commentateurs de façon elliptique et peu crédible) :

  • L’Envoyé[15] d’Allah lui avait proposé de l’épouser et de lui imposer le voile. Alors elle répondit : « Ô Envoyé d’Allah ! Laisse-moi en ta possession (seulement), car cela est plus facile aussi bien pour moi que pour toi ». Alors, il l’a laissé (en son état). Lorsque l’envoyé d’Allah l’avait fait prisonnière, elle refusa de se convertir à l’Islam, et ne voulut d’autre religion que le judaïsme. Alors l’envoyé d’Allah l’a mise à l’écart ; mais il s’en ressentit dans son âme. Pendant qu’il était un jour en compagnie de ses partisans, il entendit les coups d’une paire de souliers derrière lui ; alors il dit : « Ce doit être Thalabah b. Saïd qui vient pour m’annoncer la bonne nouvelle de la conversion à l’Islam de Rayhânah. » En effet, ce fut lui qui vint lui dire : « Ô Envoyé d’Allah ! Rayhânah a embrassé l’Islam. », l’envoyé d’Allah s’en réjouit

Ces unions sont conformes aux préceptes du Coran qui place la femme juive au même rang que la femme musulmane :

  • Vous sont permises[16], aujourd’hui, les bonnes nourritures. Vous est permise la nourriture des gens du Livre (les Juifs), et votre propre nourriture leur est permise (le Coran prend là quelques libertés avec la Cacherout). (Vous sont permises) les femmes vertueuses d’entre les croyantes (les musulmanes), et les femmes vertueuses d’entre les gens qui ont reçu le Livre (les Juives donc) avant vous, si vous leur donnez leur mahr, avec contrat de mariage, non en débauchés ni en preneurs d’amantes (alors que le musulman a toute liberté de concubinage avec les non croyantes en sus des unions légitimes). Et quiconque, abjure la foi, alors vaine devient son action, et il sera dans l’au-delà, du nombre des perdants.

La victoire de Khaibar jeta l’effroi à La Mecque car Khaibar était la principale ville de Hedjaz en fertilité, en fortification et en habitants. La bataille de Badr avait été une défaite pour Mahomet qui avait pu constater que ses hommes avaient déserté en quête de butin et de femmes, les batailles menées contre les tribus juives permirent de remédier à ces lacunes.

La réaction plutôt conciliante de Mahomet après la victoire contre les Juifs montre que l’importance stratégique de ses batailles prévalait sur la conquête religieuse.

La prise de Khaibar en particulier était d’une haute importance stratégique complétant la conquête des autres fortifications juives et permit à Mahomet et à ses successeurs de poursuivre sa marche victorieuse irrésistible vers La Mecque et le reste de l’orient faisant tomber les princes les uns après les autres, incluant en particulier le prestigieux royaume Perse.

Ainsi s’explique la fin du psaume de cette génération :

  1. Faites des vœux et acquittez-les envers l’Éternel, votre Dieu, que ce qui l’entoure apporte des présents au Dieu redoutable !
  2. Il fauche la superbe des princes, Il est terrifiant pour les Rois de la terre.
    • Le grand-père de Mahomet, du fait de son vœu aurait dû sacrifier son fils, futur père de Mahomet. Ce vœu fut acquitté par l’apport de présents (les cent chameaux). La conséquence en est la naissance de Mahomet, dont le périple commence à cette génération, qui va être le point de départ, après le terrassement de nombreux princes, d’une nouvelle géopolitique du monde qui va voir le partage entre orient et occident, entre Christianisme et Islam. Si cette conquête est éprouvante dans un premier temps pour les Juifs elle va permettre leur survie à travers les générations du fait de ce nouveau partage du monde. Survie qui aurait été impossible si le christianisme était resté la seule religion monothéiste en dehors du judaïsme.

Paul David


[1] Chaïm Potok : « Une histoire du peuple Juif »/ Chapitre : Palestine, les rabbins de Yavneh (p.379)

[2] D’après : John Julius Norwich : « Histoire de Byzance » / Chapitre : « Les premiers siècles » (p.106/107)

[3] Marianne Picard : « Juifs et Judaïsme/de 70 à 1492 – Tome 2 » / Chapitre : Les juifs en Europe occidentale (p. 91)

[4] Marianne Picard : « Juifs et Judaïsme/de 70 à 1492 – Tome 2 » / Chapitre : Les juifs en Europe occidentale (p. 92)

[5] Source : site web www.hebraica.org

[6] Marianne Picard : « Juifs et Judaïsme/de 70 à 1492 – Tome 2 » / Chapitre : Les juifs en et les Wisigoths (p. 231)

[7] Source : site web www.hebraica.org

[8] Source : site web www.hebraica.org

[9] D’après : Peter Schäfer : « Histoire des Juifs dans l’antiquité » / Chapitre : « La conquête Perse » (p. 219)

[10] Jean-Claude Cheynet : « Byzance, l’Empire romain d’Orient » / Chapitre 3 : Le temps des doutes. (p.50, voir aussi p.35 pour les références à la peste).

[11] TABARI : « La Chronique : Histoire des prophètes et des rois »/Mohammed, sceau des prophètes (p. 54)

[12] TABARI : « La Chronique : Histoire des prophètes et des rois »/Mohammed, sceau des prophètes (p. 55-56)

[13] TABARI : « La Chronique : Histoire des prophètes et des rois »/Mohammed, sceau des prophètes (p. 256-257)

[14] Ibn ‘Ishâq : « Muhammad » /  Chapitre : « les épouses de l’envoyé d’Allah »  (Tome II, p.571)

[15] Ibn ‘Ishâq : « Muhammad » /  Chapitre : « le cas de Rayhânah »  (Tome II, p.196)

[16] CORAN, Sourate 5 (Al Ma’idah – La table servie), verset 5

[17] CORAN, Sourate 105 (Al-Fîl – L’Eléphant)