De 710 av. JC à 690 av. JC, psaume 12 : Sursis pour le royaume de Judée.

Résumé:

Cette génération est celle des années 710 avant JC à 690 avant JC.

Suivant notre comptage, cette génération est la génération 12 associée au psaume 12. C’est dans ce psaume 12 que nous retrouvons donc une illustration des faits de cette génération.

Pour cette génération le royaume d’Israël n’existe plus en tant que royaume juif. Les tribus juives qui le peuplaient sont exilées et sont remplacées par des peuples étrangers. Nous ne parlerons plus de royaume d’Israël mais de la Samarie.

Pour le royaume de Juda, cette génération est marquée par le règne d’Ézéchias qui a commencé sur la génération précédente et qui se terminera sur la génération suivante (la génération 13).

Le roi d’Assyrie Sennachérib (successeur de Salmanazar qui força l’exil du royaume d’Israël) cherche à faire tomber le royaume de Juda. Le roi d’Assyrie exige dans un premier temps une rançon d’or et d’argent, qu’Ezéchias acquitte en dépouillant les richesses du Temple. Malgré le paiement du tribut imposé, le roi d’Assyrie continue sa marche jusqu’à Jérusalem et sûr de sa force montre une certaine arrogance envers Ezéchias (qui avait rétabli le culte de l’Eternel sur le royaume de Juda et détruit les anciennes idoles) et son Dieu.

Rabchakè (un des envoyés du roi Sennachérib) s’adresse directement au peuple de Juda. Il l’exhorte à ne pas suivre leur monarque dans sa confiance en l’Eternel pour les sauver. Il lui promets dans ce cas un exil “doré”. En réponse à cette menace, Ezéchias adresse une prière à l’Eternel. Par l’entremise du prophète Isaïe, l’Eternel rassure Ezéchias et inflige la défaite à Sennachérib.

Développement:

La Samarie

Pour cette génération le royaume d’Israël n’existe plus en tant que royaume juif.

Les tribus juives qui le peuplaient sont exilées et sont remplacées par des peuples étrangers. Nous ne parlerons plus de royaume d’Israël mais de la Samarie.

Le royaume de Juda qui finira par être dénommé Judée ne verra pas avec une grande considération cette contrée voisine même si en apparence elle essaie d’adopter la religion du pays : le Judaïsme.

Ezechias-Hezekiah

Cette génération est marquée par le règne d’Ézéchias qui a commencé sur la génération précédente et qui se terminera sur la génération suivante (la génération 13).

L’établissement de peuples étrangers sur le territoire de Samarie fut à l’initiative du roi d’Assyrie qui avait auparavant exilé les tribus juives du royaume d’Israël.

Suite à l’intervention[1] divine, les nouveaux occupants comprirent qu’il fallait respecter le culte de l’Eternel. Ils firent revenir un prêtre exilé, ce qui les amena à exercer le culte de l’Eternel mais associé à leurs anciens cultes idolâtres. C’est ce qui explique la distance prise par les habitants de Judée envers ceux de Samarie depuis cette époque.

Le royaume de Juda menacé

Le roi d’Assyrie Sennachérib (successeur de Salmanazar qui força l’exil du royaume d’Israël) cherche à faire tomber le royaume de Juda: 

  • Dans[2] la quatorzième année du règne d’Ezéchias, Sennachérib, roi d’Assyrie, marcha contre toutes les villes fortes de la Judée et s’en empara. Ezéchias, roi de Juda, fit alors transmettre au roi d’Assyrie à Lakhich, la déclaration suivante : « Je suis coupable : rebrousse chemin, et j’accepterai toutes les conditions que tu m’imposes ».

Le roi[3] d’Assyrie exigea une rançon d’or et d’argent, qu’Ezéchias acquitta en dépouillant les richesses du Temple. Malgré le paiement du tribut imposé, le roi d’Assyrie continua sa marche jusqu’à Jérusalem et sûr de sa force montra une certaine arrogance envers Ezéchias (qui avait rétabli le culte de l’Eternel sur le royaume de Juda et détruit les anciennes idoles) et son Dieu :

  • Rabchakè[4] (un des envoyés du roi Sennachérib) leur (les représentants d’Ezéchias) dit : « Veuillez rapporter à Ezéchias ces paroles du grand roi, le roi d’Assyrie : Quel est donc l’appui dans lequel tu mets ta confiance ? Tu n’as proféré que de vaines paroles, lorsque la guerre exige, au contraire, de la prudence et de la force. Sur qui donc comptes-tu pour t’être révolté contre moi ? Ah oui tu espères prendre pour soutien ce roseau brisé, l’Egypte, qui lorsque quelqu’un s’y appuie, pénètre dans la main et la transperce ! Car tel est Pharaon, roi d’Egypte, pour tous ceux qui se fient à lui. Vous me répliquerez peut-être : « Nous mettons notre confiance dans l’Eternel, notre Dieu ! » Mais n’est-ce pas Dieu dont Ezéchias a fait disparaître les hauts lieux et les autels (idolâtres) en prescrivant aux gens de Juda et de Jérusalem de ne se prosterner que devant cet autel, à Jérusalem (le Temple) ? Eh bien ! Prends donc cet engagement envers mon maître, le roi d’Assyrie : je te fournirai deux mille chevaux, si tu peux trouver des cavaliers pour les monter. Tu ne seras pas capable de repousser un simple gouverneur, un des moindres serviteurs de mon maître, et, tu comptes sur l’Egypte pour avoir des chars et des cavaliers ! D’ailleurs est-ce sans l’assentiment de l’Eternel que j’ai envahi ce pays pour le ravager ? C’est Dieu qui m’a dit : « Marche contre cette région et saccage-la. »

Puis Rabchakè s’adresse directement au peuple de Juda :

  • Voici[5] ce qu’il (Rabchakè) dit : « Ne vous laissez pas abuser par Ezéchias, car il est incapable de vous sauver de sa (ma) main. Ne vous laissez pas non plus induire par lui à mettre votre confiance en Dieu, lorsqu’il vous déclare : l’Eternel nous délivrera certainement, et cette ville ne tombera pas au pouvoir du roi d’Assyrie. N’écoutez pas Ezéchias, car voici ce que propose le roi d’Assyrie : Manifestez à mon égard des sentiments pacifiques, rendez-vous auprès de moi, et chacun mangera les produits de sa vigne et de son figuier, et chacun boira l’eau de sa citerne, jusqu’à que je vienne vous emmenez dans un pays semblable au vôtre (Sennachérib propose le même exil au royaume de Juda que celui imposé au peuple du royaume d’Israël), un pays de blé et de vin, un pays de pain et de vignes, un pays produisant l’huile d’olives et le miel (Rabchakè propose des richesses au peuple de Juda venant en remplacement de ceux promis par l’Eternel : un pays où coulent le lait et le miel). Vivez donc, ne vous laissez pas mourir, et n’écoutez pas Ezéchias quand il vous abuse par ces paroles : L’Eternel vous enverra le salut. Quel dieu des autres nations a-t-il pu protéger son pays contre le roi d’Assyrie ? Où sont donc les dieux de Hamat et d’Arpad, les dieux de Sefarvayim, de Hèna et d’Ivva ? Ont-ils arraché Samarie à ma domination ? De tous les dieux de ces contrées, quel est celui qui a soustrait son pays à mon pouvoir ? Et l’Eternel protégerait Jérusalem contre moi ! » Le peuple garda le silence, personne ne dit mot, car tel était l’ordre du roi (Ezéchias) : « Vous ne lui répondrez rien ».

Ce discours belliqueux du représentant du roi d’Assyrie illustre bien la première partie du psaume de cette génération :

  1. Au chef des Chantres, à l’Octave. Psaume de David.
  2. Au secours, Seigneur, car il n’est plus d’homme pieux ! (…)
    • Au vu du discours de Rabchaké qui nie toute puissance à l’Éternel au regard de celle de son roi.
  1. (…) Car la loyauté est bannie des fils d’Adam.
    • Dont le représentant en l’occasion est le roi d’Assyrie.
  2. On se parle avec fausseté l’un à l’autre, (…)
    • Rabchaké tente de rassurer le peuple de Juda mais ne cherche que la victoire en assurant le même sort au royaume de Juda que celui réservé au royaume d’Israël,
  1. (…) on parle d’une langue mielleuse, (…)
    • Cela caractérise bien les promesses faites par Rabchaké pour la nouvelle « terre promise » au peuple de Juda, donc « mielleuse » au sens propre et au sens figuré à la fois,
  1. (…) d’un cœur plein de duplicité.
  2. Que l’Éternel supprime toutes les langues mielleuses, les lèvres qui s’expriment avec arrogance,
  3. ceux qui disent : « Par notre langue nous triomphons, nos lèvres sont notre force : qui serait notre maître ? ».
    • Cela est bien représentatif du discours de Rabchaké, pour lequel le psalmiste réclame l’intervention divine à l’image de la prière d’Ézéchias (voir ci après).

La réponse d’Ezéchias

En réponse à cette menace, Ezéchias adresse une prière à l’Eternel:

  • Eternel, Dieu[6] d’Israël, toi qui trônes sur les chérubins, tu es le seul Dieu de tous les royaumes de l’univers, c’est Toi qui as créé le ciel et la terre. Seigneur, prête l’oreille et écoutes, ouvre les yeux et regarde ! Accorde Ton attention au message envoyé par Sennachérib pour blasphémer le Dieu vivant ! Il est vrai, Eternel, que les rois d’Assyrie ont ruiné les peuples avec leurs territoires, et ont livré leurs divinités aux flammes. Mais ce n’étaient point des dieux, c’étaient des œuvres fabriquées par l’homme, du bois de la pierre ; on les a donc anéanties. Et maintenant, protège-nous contre lui, Eternel, notre Dieu, afin que tous les royaumes de la terre reconnaissent que seul, ô Seigneur, Tu es Dieu.

La défaite de Sennachérib

Par l’entremise du prophète Isaïe, l’Eternel rassure Ezéchias et inflige la défaite à Sennachérib :

  • Aussi[7] (c’est Isaïe qui s’exprime) l’Eternel a fait cette déclaration au sujet du roi d’Assyrie : « Il ne pénétrera pas dans cette ville (Jérusalem), n’y lancera aucune flèche, ne lui opposera pas un seul bouclier, et n’établira pas de redoute contre elle. Il reprendra le chemin par où il est venu, mais dans cette ville il n’entrera pas. Car Je la protégerai, cette ville pour son salut, en faveur de Moi et de mon serviteur David (qui rappelons est l’auteur de psaumes). »
  • Cette même nuit, un ange du Seigneur se rendit au camp assyrien et fit périr cent quatre-vingt-cinq mille hommes ; en se levant le matin, on aperçut tous ces cadavres. Sennachérib, roi d’Assyrie, leva alors le camp, prit le chemin de retour et s’arrêta à Ninive. Là pendant qu’il était prosterné dans le temple de son dieu Nisrokh, Adrammélec et Charécer, ses fils, le frappèrent de leur glaive et s’enfuirent dans le pays d’Ararat. Ce fut son fils qui lui succéda.

Le salut de l’Éternel devant la menace du roi d’Assyrie illustre la suite du psaume de cette génération, ou Ézéchias rendu humble et pauvre par Sennachérib trouve le réconfort avec Dieu:

  1. Devant l’oppression des humbles, les plaintes des pauvres. « À cette heure je me lève, (…)
    • Intervention de l’ange divin, après l’intervention du prophète Isaïe.
  1. (…) dit le Seigneur, j’apporte le salut à celui qu’on entoure de pièges. »
  2. Les paroles de l’Éternel sont des paroles pures ; c’est de l’argent raffiné au creuset dans le sol, et qui est sept fois épuré.
  3. Toi, ô Seigneur, tu les protèges les justes, tu les défends à jamais contre cette engeance.
    • Conclusion sur l’échec du roi d’Assyrie après l’intervention de l’ange de Dieu qui donne un répit au royaume de Judée.

Toutefois, cette victoire n’est pas définitive, car malheureusement le royaume de Juda finira par tomber à son tour aux mains du royaume d’Assyrie, car les rois qui succéderont à Ézéchias ramèneront la colère divine.

Ainsi, suite à la visite de messagers de Berodac-Baladan, nouveau de Babylonie, Isaïe fait la prédiction suivante :

  • Isaïe[8] dit à Ezéchias : « Écoute ce que dit le Seigneur : il viendra un temps où l’on emportera en Babylonie tout ce que renferme ton palais (auparavant, Ezéchias avait montré l’intégralité des trésors du Temple aux envoyés du roi de Babylonie) avec tes trésors amassés par tes aïeux ; il n’en restera rien, dit l’Eternel. On emmènera aussi une partie de tes fils qui te devront le jour, de ceux que tu engendreras, pour les employer comme fonctionnaires au palais du roi d’Assyrie. »

Cette prédiction nous permet de comprendre le dernier verset pessimiste du psaume de cette génération :

  1. Les méchants rôdent aux alentours, quand la vilenie domine parmi les hommes.

Paul David


[1] Voir II ROIS Chapitre 17

[2] II ROIS Chapitre 18, versets 13 et 14

[3] Voir II ROIS Chapitre 18, versets 15 et suivants (suite de la citation précédente)

[4] II ROIS Chapitre 18, versets 19 à 25

[5] II ROIS Chapitre 18, versets 29 à 36

[6] II ROIS Chapitre 19, versets 15 à 19

[7] II ROIS Chapitre 19, versets 32 à 37.

[8] II ROIS Chapitre 20, versets 16 à 18