Que fait Jonas ?

Les combats pour la libération de Mossoul (ex-Ninive biblique) commencés en fin 2016 se poursuivent aujourd’hui (mars 2017).

C’est l’occasion de rappeler l’histoire juive (ou associée) de cette contrée.

Le livre de Jonas commence ainsi :

  • La parole[1] de l’Éternel fut adressée à Jonas, fils d’Amittai, en ces termes : « Lève-toi ! Va à Ninive, la grande ville, et prophétise contre elle ; car leur iniquité est arrivée jusqu’à moi. »
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Ninive[2] se situait sur la rive est (gauche) du Tigre, au confluent du Khosr (ou Khoser, Koussour), dans les faubourgs de la ville moderne de Mossoul, en Irak, dont le centre se trouve de l’autre côté du fleuve.

Les deux sites principaux de la cité sont les collines (les « tells ») de Kuyunjik et de Nebī Yūnus.

(en arabe : « nabī yūnus », نبي يونس, « Le prophète Jonas ».).

Le livre de Jonas est important dans la liturgie juive, il est en particulier intégré à la liturgie de Kippour,  dénommé le « Grand Pardon ».

Depuis plusieurs mois, l’ensemble des nations et leurs armées sont mobilisées pour libérer Mossoul (Ninive) et ne peuvent ni ne pourront éviter pour cela de nombreuses destructions dans le prolongement de celles déjà orchestrées par l’État Islamique.

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Ainsi les djihadistes de l’État islamique avaient détruit à l’explosif[3]   le 24 juillet 2014, deux mosquées, dont la mosquée censée abriter la tombe attribuée à Jonas, détruisant ainsi le symbole d’une certaine tolérance religieuse.

Le monde voudrait rétablir une cohabitation heureuse en Irak et donc à Mossoul entre les représentants des différentes religions, Musulmans ou Chrétiens.

Mais dans l’inventaire des courants religieux en Irak, il n’est pas fait mention des Juifs ….

Pourtant déjà à la fin du XIXe siècle[4], le géographe français Vital Cuinet estime à 53 800 le nombre de Juifs dans le vilayet de Bagdad, 4 500 Juifs vivent dans le vilayet de Bassora  et environ 5 000 dans le vilayet de Mossoul.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la communauté juive d’Irak est riche de plus de 100 000 âmes.

Mais la fondation de la République d’Irak se fait sans les Juifs, de nombreuses lois et actes à l’encontre des Juifs d’Irak redevenus des parias les poussent à l’exil. Déjà en 2008 il ne restait plus qu’une dizaine de Juifs à Bagdad.

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Ainsi l’Irak se construit sans les Juifs et vraisemblablement en oubliant leur attachement quasiment trois fois millénaires à cette terre (ceci évidemment sans s’attarder sur les épisodes de la Genèse où cette terre est évidemment très présente).

Si les nations refusent que l’État d’Israël soit une terre juive, le fait que les Juifs soient totalement exclus des contrées à domination musulmane ne semble pas les déranger.

À titre de rappel sur la présence juive en Irak (ou équivalent) depuis des millénaires vous pouvez vous rapporter à de nombreuses pages de ce site.

En effet ce site énumère chaque génération “juive” écoulée depuis la mort de Salomon (930 avant JC),  nombreuses de ces générations ont pour toile de fond ce qu’on dénomme Irak aujourd’hui.

En particulier :

L’exil à Babylone :

La rédaction du Talmud de Babylone :

Paul David


(PS: une première version de cet article avait déjà été émise en 2016)

[1] Jonas, Chapitre I, versets 1 et 2.

[2] D’après: Wikipedia :  https://fr.wikipedia.org/wiki/Ninive, d’autres éléments de cette page sont utilisés par la suite.

[3] « Les militants de l’EIIL ont fait exploser la tombe de Jonas » [archive], The Guardian,‎ 24 juillet 2014 (consulté le 25 juillet 2014), citation effectuée dans https://fr.wikipedia.org/wiki/Ninive

[4] D’après : https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_des_Juifs_en_Irak