De 770 av. JC à 750 av. JC, psaume 9 : Isaïe.

Résumé:

Cette génération est celle des années 770 avant JC à 750 avant JC.

Suivant notre comptage, cette génération est la génération 9 associée au psaume 9. C’est dans ce psaume 9 que nous retrouvons donc une illustration des faits de cette génération.

Cette neuvième génération des années 770 à 750 avant JC concerne la partie centrale des règnes du roi Azaria pour le royaume de Juda et du roi Jéroboam pour le royaume d’Israël. Bien que le livre des rois indique un règne de cinquante-deux ans pour le roi Amacia, nous considérerons que son règne dura effectivement quarante-deux ans (durée a priori retenue par les historiens).

Ces règnes furent profitables aux deux royaumes en ce qui concerne leurs ennemis respectifs. En fait si les ennemis d’hier lâchent pied, les ennemis de demain pointent au loin. Cette génération voit donc apparaître les prophètes qui, chacun à leur tour, mettront en garde le peuple d’Israël. Le premier de ces prophètes est le prophète Isaïe.

Développement:

Azaria

Cette neuvième génération concerne la partie centrale des règnes du roi Azaria pour le royaume de Juda et Jéroboam pour le royaume d’Israël. Bien que le livre des rois indique un règne de cinquante-deux ans pour le roi Amacia, nous considérerons que son règne dura effectivement quarante-deux ans (durée a priori retenue par les historiens).

Ces règnes furent profitables aux deux royaumes en ce qui concerne leurs ennemis respectifs. Pour le royaume d’Israël :

  • Il[1] (Jéroboam) rétablit la frontière d’Israël depuis les environs de Hamat jusqu’à la mer de la Plaine, accomplissant la parole de l’Eternel, Dieu d’Israël, énoncée par l’organe de son serviteur Jonas, fils d’Amittaï, le prophète originaire de Gath-Hahêfer.

En ce qui concerne le royaume de Juda :

  • Et[2] tant qu’il (Ouzzia, autre nom du roi Azaria) recherchait le Seigneur lui donnait le succès. Il entra en campagne pour combattre les Philistins, renversa les remparts de Gath, de Yabné, d’Ashdod, et fortifia des villes dans le territoire d’Ashdod et d’autres régions des Philistins. Dieu l’assista contre les Arabes établis à Gour Baal, et les Méounites. Les Ammonites aussi offrirent des présents à Ouzzia. Sa renommée se répandit jusqu’au territoire d’Egypte, car il acquit une extrême puissance. Ouzzia bâtit des tours à Jérusalem, sur la porte de l’Angle, sur la porte de la Vallée et sur l’Encoignure, et les rendit très fortes.

Ces succès militaires illustrent le début du psaume de cette génération :

Je rends grâce à l’Éternel de tout mon cœur, je veux proclamer toutes tes merveilles, je veux me réjouir et exulter en toi, chanter ton nom, Dieu suprême, alors que mes ennemis lâchent pied et reculent, qu’ils trébuchent et périssent sous tes coups.

Avenir sombre

En fait si les ennemis d’hier lâchent pied, les ennemis de demain pointent au loin. Le succès du royaume d’Israël n’est pas dû à sa fidélité envers l’Eternel mais à la bienveillance temporaire de celui-ci :

  • L’Eternel[3] avait, en effet, vu la misère extrêmement cruelle d’Israël, son manque de ressources, grandes ou petites, sans personne pour lui prêter assistance. Ne voulut pas effacer le nom d’Israël de dessous les cieux, l’Eternel leur porta secours par la main de Jéroboam, fils de Joas.

Mais la survie accordée au royaume d’Israël est limitée, son temps est compté. Il va bientôt disparaître. Le royaume de Juda n’est pas mieux loti, car bientôt des rois moins scrupuleux qu’Azaria vont se succéder au trône, ce qui amènera la destruction de Jérusalem et l’exil à Babylone des habitants du royaume.

Les prophèties d’Isaïe

Cette génération va donc voir apparaître les prophètes qui vont chacun à leur tour mettre en garde le peuple d’Israël. Le mettre en garde sans oublier de le rassurer sur l’amour que Dieu porte sur son peuple. Le premier de ces prophètes est le prophète Isaïe :

  • Le reste[4] de l’histoire d’Ouzzia (Azaria), du commencement à la fin, a été écrit par Isaïe, fils d’Amos, le prophète.

Les prophéties d’Isaïe vont préparer le peuple d’Israël à l’exil, pour cela les discriminations internes doivent disparaître afin que le peuple reste soudé dans l’adversité. Ceci afin d’atteindre ensemble la rédemption finale.

En effet, les prophéties d’Isaïe débutent par un sombre bilan pour le peuple d’Israël :

  • Oracle[5] d’Isaïe, fils d’Amos, qui prophétisa sur Juda et Jérusalem, du temps d’Ouzzia, de Jotham, d’Achaz et d’Ezéchias, rois de Juda : Écoutez, cieux ! Terre, prête l’oreille ! Car c’est l’Eternel qui parle : J’ai élevé des enfants, je les ai vus grandir, et eux se sont insurgés contre moi. Un bœuf connaît son possesseur, un âne la crèche de son maître (Si l’on adopte une fois de plus l’image associée à ces animaux, à savoir que le bœuf est la représentation du prêtre – le Cohen — et l’âne est la représentation du roi, ces griefs sont en fait directement dirigés envers les dirigeants religieux et politiques du peuple d’Israël) : Israël ne connaît rien, mon peuple n’a pas de discernement. Oh nation pécheresse, peuple chargé d’iniquités : race de malfaiteurs, enfants dégénérés ! Ils ont abandonné le Seigneur, outragé le Saint d’Israël, reculé loin de lui. Où faudra-t-il vous frapper encore, vous qui persistez dans la rébellion ! Déjà toute la tête est malade, tout cœur est endolori. De la plante du pied (vraisemblablement une représentation du peuple) jusqu’à la tête (vraisemblablement représentation du pouvoir politique et religieux), plus rien d’intact : ce n’est que blessures, meurtrissures, plaies purulentes, qui ne sont ni nettoyées, ni pansées, ni adoucies par l’huile. Votre pays est une solitude, vos villes sont consumées par le feu ! Votre sol, sous vos yeux des étrangers le dévorent, c’est une ruine, comme un bouleversement dû à des barbares. Et elle est restée, la fille de Sion, comme une cabane dans un vignoble, comme une hutte dans une melonnière, pareille à une ville assiégée. Si l’Eternel Cébaot ne nous eût laissé un faible débris, nous étions comme Sodome, nous ressemblions à Gomorrhe.

David ajuste

Mais David préfère pour la présente génération aux oracles d’Isaïe qui illustreront les prochaines générations les prévisions plus positives liées à la fin de la nuit :

  • Eh bien[6] ! Voici la parole du Seigneur, de l’Eternel Cébaot, le puissant Maître d’Israël : Oh ! J’aurai satisfaction de mes adversaires, je prendrai ma revanche sur mes ennemis. De nouveau, je laisserai tomber ma main sur toi, j’éliminerai tes scories comme fait l’alcali, et je te purgerai de tout alliage. Je restaurerai tes juges comme autrefois, tes conseillers comme à l’origine. Ensuite on t’appellera Ville de Justice, Cité fidèle. Sion sera sauvée par la justice, et ses rapatriés par la vertu. Impies et coupables s’effondreront ensemble, les traîtres à l’Eternel périront.

Complétée par (cette prophétie est quasiment contiguë à la précédente) :

  • Révélation[7] que reçut Isaïe, fils d’Amos, sur Juda et Jérusalem : Il arrivera, à la fin des temps, que la montagne de la maison du Seigneur sera affermie sur la cime des montagnes et se dressera au-dessus des collines, et toutes les nations y afflueront. Et nombre de peuples iront en disant : « Or çà, gravissons la montagne de l’Eternel pour gagner la maison du Dieu de Jacob, afin qu’il nous enseigne ses voies et que nous puissions suivre ses sentiers, car c’est de Sion que sort la doctrine et de Jérusalem la parole du Seigneur. » Il sera un arbitre entre les nations et le précepteur de peuples nombreux ; ceux-ci alors de leurs glaives forgeront des socs de charrue et de leurs lances des serpettes, un peuple ne tirera plus l’épée contre un autre peuple, et on n’apprendra plus l’art du combat.

C’est l’objet de la suite du psaume de cette génération qui reprend les conclusions d’Isaïe relatives au fait que les peuples de la terre finiront par vivre à la fin des temps dans un monde de paix et de justice, ainsi la suite du psaume de cette génération :

Oui tu as fait triompher mon droit, ma cause, pris place sur ton trône en juge équitable. Tu as réprimandé les peuples, perdu l’impie : leur nom, tu l’as effacé à tout jamais. Ô l’ennemi ! C’en est fini pour toujours des ruines ; plus de villes démolies par toi ! C’est leur souvenir à eux qui disparaît. Mais le Seigneur demeure éternellement, il a établi son trône pour la justice. Oui, c’est lui qui juge le monde avec équité, il prononce sur les nations avec droiture. Que l’Éternel soit un abri pour l’opprimé, un abri dans les temps de détresse ! Ainsi se confient en toi ceux qui connaissent ton nom ; car tu ne délaisses point, ô Seigneur, ceux qui te recherchent. Célébrez l’Éternel qui siège à Sion ; proclamez parmi les peuples ses hauts faits.

Quant à la suite du psaume :

Car il demande compte du sang versé, il en conserve le souvenir, il n’oublie point le cri des humbles. Sois-moi propice, Seigneur ! Vois quelle est ma misère du fait de mes ennemis, toi qui me retires des portes de la mort. ; afin que je puisse proclamer tes louanges aux portes de la fille de Sion et me réjouir de ton secours. Que les peuples s’enfoncent dans la fosse qu’ils ont creusée, que leur pied s’embarrasse dans le filet qu’ils ont dissimulé ! L’Eternel s’est manifesté, il a exercé la justice ; le méchant est pris au piège par ses propres œuvres. Higayon, Sélah ! Qu’ils rentrent dans le Cheol, les impies ! Tous les peuples oublieux de Dieu !

Celle-ci est également illustrée par le passage suivant :

  • On[8] dira en ce jour « Voici notre Dieu en qui nous avons mis notre confiance pour être secourus, voici l’Eternel en qui nous espérions : soyons à la joie et à l’allégresse à cause de son appui. » Car la main de l’Eternel se posera sur cette montagne, et Moab en sera écrasé dans son pays, comme la paille est écrasée dans la fosse à fumier. Dans cette fosse, Moab étendra les bras ainsi que le nageur pour nager, mais Dieu abattra son orgueil de même que les pièges dressés par ses mains.

Nous n’expliquerons pas ici la conclusion du psaume :

Car le pauvre n’est pas oublié sans retour, l’espoir des humbles n’est pas perdu à jamais. Lève-toi, Seigneur ! Que le mortel ne triomphe pas ! Que les peuples soient appelés en jugement devant toi ! Inspire-leur, ô Eternel, la terreur : que les peuples sachent qu’ils sont de faibles mortels ! Sélah !


[1] II ROIS Chapitre 14, verset 25

[2] II CHRONIQUES Chapitre 26, versets 5 à 9

[3] II ROIS Chapitre 14, versets 26 et 27

[4] II CHRONIQUES Chapitre 26, verset 22

[5] ISAIE Chapitre 1, versets 1 à 9

[6] ISAIE Chapitre 1, versets 24 à 28

[7] ISAIE Chapitre 2, versets 1 à 4

[8] ISAIE Chapitre 25, versets 9 à 11

Paul David