De 410 av. JC à 390 av. JC, psaume 27 : Ezra.

Résumé:

Cette génération est celle des années 410 avant JC à 390 avant JC.

Suivant notre comptage, cette génération est la génération 27 associée au psaume 27. C’est dans ce psaume 27 que nous retrouvons donc une illustration des faits de cette génération.

Cette génération est celle ou Ezra conclut l’action de Néhémie et contribue à rétablir pour plusieurs siècles le service divin sur le Temple de Jérusalem restauré. Le début de la mission d’Ezra est situé sous le règne du roi perse Artaxerxés qui lui confie la mission de continuer le rétablissement de Jérusalem.

Pour Ezra, devoir rejoindre Jérusalem depuis la Perse avec les trésors confiés par le roi est une mission délicate. Demander une escorte militaire serait une négation de la puissance divine. Ezra décide d’accomplir cette mission sans appui militaire mais uniquement en se fiant à Dieu. Dieu écouta les prières d’Ezra.

Toutefois, la route de Jérusalem n’est pas le principal danger qui guette Ezra et les rescapés du peuple d’Israël. En effet les rescapés juifs n’ont pas hésité à faire épouser leurs fils et leurs filles par des habitants du pays appartenant aux autres peuples et donc étrangers au culte de Dieu. En épousant les femmes des peuples environnants, les israélites ne peuvent que se détacher progressivement de loi de Dieu et donc de l’alliance qui lie Dieu à son peuple.

Développement:

Une mission perilleuse

Cette génération est celle ou Ezra conclut l’action de Néhémie et contribue à rétablir pour plusieurs siècles le service divin sur le Temple de Jérusalem restauré.

Là encore, le texte biblique est assez imprécis pour situer avec précision les dates des événements liés au périple d’Ezra.

Le début de la mission d’Ezra est situé sous le règne du roi perse Artaxerxés qui lui confie la mission de continuer le rétablissement de Jérusalem.

Il y eut plusieurs rois Artaxerxés qui régnèrent en perse, en plus du règne d’Artaxerxés 1er (Longuemain de -465 à -423) que nous avons déjà évoqué, il y eut aussi celui d’Artaxerxés II (Mnémon -404 à -359) ainsi que celui de Artaxerxés III (Ochos de -359 à -338). Il est vraisemblable que la mission fut confiée à Ezra par Artaxerxés II :

  • Artachasta[1], roi des rois, au prêtre Ezra, docteur de la loi du ciel, etc., etc… Il est décrété que quiconque, dans mon royaume, parmi les prêtres et les Lévites, veut bien partir avec toi pour Jérusalem, sous l’inspiration de la Loi de ton Dieu qui est entre tes mains, et pour y transporter l’argent et l’or que le roi et ses conseillers ont consacrés au Dieu d’Israël, dont la résidence est à Jérusalem, ainsi que tout l’argent et l’or que tu obtiendras dans toute la province de Babylone, avec les dons volontaires que le peuple et les prêtres offrent pour le Temple de leur Dieu à Jérusalem. En conséquence, tu auras soin d’acheter avec cet argent des taureaux, des béliers, des agneaux, leurs oblations et leurs libations, et tu les présenteras sur l’autel du Temple de votre Dieu à Jérusalem. Et ce qu’il te plaira à toi et à tes frères de faire avec le reste de l’argent, vous le ferez conformément à la volonté de votre Dieu.

Toutefois, pour Ezra, devoir rejoindre Jérusalem depuis la Perse avec les trésors confiés par le roi est une mission délicate, car sans accompagnement militaire il est à la merci de toute troupe régulière ou non sur le chemin. Demander une escorte militaire aurait été une négation de la puissance divine, en remettant celle-ci en question auprès du roi Artaxerxés, Ezra prendrait le risque que celui-ci revienne sur sa décision.

Ezra accomplit donc cette mission sans appui militaire mais uniquement en se fiant à Dieu :

  • Enfin[2], d’entre les serviteurs du Temple que David[3] et les princes avaient affectés au service des Lévites, deux cent vingt individus, tous nominativement désignés. Je proclamais là, près du fleuve d’Ahava, un jeûne à l’effet de nous mortifier devant notre Dieu et de lui demander un voyage heureux pour nous, pour nos familles et tous nos biens ; car j’avais honte de solliciter du roi des troupes et des cavaliers pour nous secourir contre les ennemis pendant le trajet ; nous avions dit, en effet, au roi : « La main de notre Dieu protège, pour leur bonheur, tous ceux qui le recherchent, tandis que sa force et sa colère pèsent sur ceux qui le délaissent. » Nous jeûnâmes donc et implorâmes de notre Dieu cette faveur, et il accueillit notre prière.

La supplique d’Ezra afin d’être préservé pendant le voyage afin de pouvoir s’occuper du service du Temple de Jérusalem que nous pouvons imaginer d’après les citations précédentes peut également être illustrée par le début du psaume de cette génération :

  1. De David. Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; de qui aurai-je peur ? Le Seigneur est le rempart qui protège ma vie : qui redouterai-je ?
  2. Quand des malfaiteurs m’approchent pour dévorer ma chair – mes adversaires et mes ennemis qui me guettent – ce sont eux qui bronchent et tombent.
  3. Qu’une armée prenne position contre moi, mon cœur n’éprouve aucune crainte ; que la guerre fasse rage contre moi, même alors je garde ma confiance.
  4. Il est une chose que je demande au Seigneur, que je réclame instamment, c’est de séjourner dans la maison de l’Éternel tous les jours de ma vie, de contempler la splendeur de l’Éternel et fréquenter son sanctuaire.

Dieu écouta les prières d’Ezra :

  • Nous[4] partîmes du fleuve d’Ahava le douzième jour du premier mois pour nous diriger vers Jérusalem ; la protection de notre Dieu nous couvrit et nous préserva de la main des ennemis et des dresseurs d’embûches, au cours de notre voyage. Nous arrivâmes à Jérusalem et y prîmes trois jours de repos. Le quatrième jour, l’argent, l’or et les ustensiles furent versés dans le Temple de Dieu, entre les mains de Merêmot, fils du prêtre Urie, assisté d’Eléazar, fils de Phinéas ; avec eux se trouvaient Jozabad, fils de Yêchoua, et Noadia, fils de Binnoui, les Lévites. Le tout fut compté et pesé, et à ce moment on en dressa un état exact.
  • Ceux qui étaient revenus de captivité, les anciens exilés, offrirent comme holocaustes au Dieu d’Israël douze taureaux à l’intention de tout Israël, quatre-vingt-seize béliers, soixante-dix-sept brebis, et douze boucs comme sacrifice expiatoire : le tout présenté en holocauste à l’Eternel.

Cet accomplissement de la mission d’Ezra est illustré par la suite du psaume :

  1. Car, au jour du malheur, Il m’abriterait sous son pavillon, Il me cacherait dans la retraite de sa tente, Il me ferait monter sur un rocher.
  2. Dès à présent je porte le front haut en face des ennemis qui m’entourent, je vais immoler, dans sa demeure, des sacrifices de triomphe, je vais chanter, célébrer le Seigneur.
  3. Écoute, Seigneur, ma voix qui t’appelle, sois-moi propice et exauce-moi !

Une autre mission pour Ezra

Toutefois, la route de Jérusalem n’est pas le principal danger qui guette Ezra et les rescapés du peuple d’Israël.

En effet les rescapés juifs n’ont pas hésité à faire épouser leurs fils et leurs filles par des habitants du pays appartenant aux autres peuples et donc étrangers au culte de Dieu :

  • Quand[5] tout cela (les holocaustes offerts à Dieu) fut accompli, les chefs du peuple se présentèrent à moi et dirent : « Le peuple, – Israélites, prêtres et Lévites, – ne s’est pas tenu séparé des populations de ces pays, en raison des abominations propres aux Cananéens, Phérézéens, Jébuséens, Ammonites, Moabites, Egyptiens et Amorréens ; car ils ont pris leurs filles des femmes pour eux-mêmes et pour leur fils, et ainsi ceux de la race sainte se sont mélangés avec les peuplades de ces pays ; les seigneurs et les chefs ont été les premiers à prêter la main à cette félonie » Lorsque j’appris (c’est Ezra qui s’exprime) ce fait, je déchirai mon vêtement et mon manteau, je m’arrachai des cheveux de la tête et de la barbe, et m’assis là, plongé dans la stupeur.

Ezra ne peut alors que constater que malgré la clémence divine après sa colère due aux fautes passées n’a pas permis au peuple d’Israël de s’orienter pleinement cette fois vers la voie des commandements divins, car en épousant les femmes des peuples environnants, les israélites ne peuvent que se détacher progressivement de loi de Dieu et donc de l’alliance qui lie Dieu à son peuple:

  • Mon Dieu[6], dis-je (c’est toujours Ezra qui s’exprime), j’éprouve de la honte et de la confusion à élever ma face vers Toi, ô mon Dieu, car nos fautes se sont multipliées jusqu’à nous submerger, et nos torts sont si grands qu’ils atteignent au ciel. Depuis les jours de nos pères jusqu’à ce jour, nous sommes chargés de grands méfaits, et à cause de nos iniquités nous avons été, nous, nos rois, nos prêtres, livrés en proie aux rois des autres pays, au glaive, à l’exil, au pillage et à la honte, comme cela se voit encore aujourd’hui. Et maintenant, pour un court instant, la pitié de l’Eternel, notre Dieu s’est émue en notre faveur, en laissant subsister un reste d’entre nous, en nous accordant une demeure fixe dans sa sainte résidence ; par là, notre Dieu, a bien voulu faire reluire nos yeux et nous rendre un peu de vitalité dans notre servitude.

Ainsi Ezra évoque la faute des pères pour expliquer le dénuement du peuple d’Israël lors de son discours. Il rappelle également sa foi en la bonté divine pour assurer la survie du reste d’Israël qui s’implante à nouveau en terre d’Israël et qui doit affronter la tentation de se mêler aux peuples avoisinants par le biais des unions matrimoniales. Risque ainsi, de retomber dans l’idolâtrie et de s’éloigner ainsi à nouveau de la loi divine, et de retomber ainsi en disgrâce auprès de Dieu.

Ceci peut être mis en parallèle à la suite du psaume :

  1. En ton nom mon cœur dit : « Recherchez ma face ! » c’est ta face que je recherche, ô Seigneur !
  2. Ne me cache point ta face ; ne repousse pas ton serviteur avec colère : Tu es mon soutien. Ne me délaisse ni ne m’abandonne, Dieu de mon salut.
  3. Car père et mère m’ont laissé là, mais l’Éternel me recueillera.
  4. Guide-moi, Éternel, dans tes voies, dirige-moi dans le droit chemin, à cause de ceux qui me regardent de travers.
  5. Ne me livre pas à la fureur de mes adversaires, car ils se dressent contre moi, les témoins mensongers, ceux qui souffrent la violence.
  6. Ah ! Si je n’avais la certitude de voir la bonté de Dieu sur la terre des vivants !…
  7. Espère en l’Éternel, courage ! Que ton cœur soit ferme ! Oui, espère en l’Éternel !

Nous verrons ainsi que conformément à ses souhaits Ezra saura se séparer des peuples alentour et ainsi de retrouver grâce auprès de Dieu.

Paul David


[1] EZRA Chapitre 7, versets 12 à 18. Le reste du paragraphe permet de juger de la confiance du roi Artaxerxés en Ezra et au Dieu qu’il représente.

[2] EZRA Chapitre 8, versets 20 à 23

[3] Voir EZRA début du chapitre 8

[4] EZRA Chapitre 8, versets 31 à 35

[5] EZRA Chapitre 9, versets 1 à 3

[6] EZRA Chapitre 9, versets 6 à 8