De 170 av. JC à 150 av. JC, psaume 39 : Hanouccah.

Résumé:

Cette génération est celle des années 170 avant JC à 150 avant JC.

Suivant notre comptage, cette génération est la génération 39 associée au psaume 39. C’est dans ce psaume 39 que nous retrouvons donc une illustration des faits de cette génération.

Cette génération est marquée par la révolte des Macchabées. Celle-ci est largement justifiée par les exactions de l’occupant, Antiochus Épiphane.

Lorsque les officiers du roi Antiochus arrivent dans la ville de Modine pour forcer une nouvelle fois les Juifs à renier leur religion à travers des sacrifices idolâtres, Mattathias se révolte. Mattathias mène le début de la révolte et engrange les premières victoires envers l’ennemi et les Juifs qui avaient pris parti pour le nouveau pouvoir grec et ses croyances. Avant de mourir il cède le flambeau à son fils Judas.

Judas enregistre quelques premiers succès. Il lutte lui aussi contre les Grecs mais aussi contre les Juifs qui ont pris leur parti. Il combat Apollonius, gouverneur de Samarie et le vainc. Séron, commandant de l’armée syrienne décide alors de lui opposer une puissante armée. Judas remporte la victoire contre Séron.

Antiochus commande alors encore une expédition contre Judas en espérant cette fois en venir à bout.. Judas, malgré l’infériorité numérique de ses hommes et le déséquilibre des équipements des deux camps, remporte la victoire. Lorsque les Grecs essaieront une nouvelle fois d’attaquer les Juifs un an plus tard, là encore avec une supériorité numérique écrasante des Grecs, les Juifs remporteront une nouvelle fois la victoire.

Après l’occupation grecque, le Temple est semblable à un désert. L’autel a été rendu impur, et les portes ont été brûlées. De jeunes arbres poussent dans les cours comme dans une forêt ou sur une montagne. Les salles sont détruites.

Judas fait purifier le temple souillé par les Grecs et réinitialise le culte sacré.

De l’ensemble de ces événements la tradition juive n’a retenu que le miracle de Hanoukka. La victoire des Hasmonéens, contre la logique des rapports de force, fait naturellement partie du souvenir Juif, mais le peuple Juif sait bien que les victoires militaires sont éphémères et que lorsqu’un danger est vaincu, un autre ne tarde pas à poindre.

Ainsi la fête de Hanukka, commémorant la victoire Hasmonéenne et le rétablissement du Temple est rappelé dans le Talmud: Les Hasmonéens ne trouvèrent qu’une seule fiole d’huile qui était posée à l’abri avec le sceau du Kohen Gadol encore intact, et elle ne contenait que la quantité d’huile suffisante pour allumer la Ménorah pendant un jour. Cependant, un miracle fut accompli avec cette huile et ils purent allumer les lumières de la Ménorah avec elle pendant huit jours, jusqu’à qu’une huile rituellement pure ait pu être obtenue.

Les succès de judas ne suffisent pas. D’autres combats ont lieu soit avec les successeurs d’Antiochus soit avec d’autres peuples. Judas meurt à une de ces batailles. Jonathan reprend le flambeau de son frère Judas et parvient à rétablir la paix en Judée pendant deux ans.

Développement:

Les sept frères

Cette génération est marquée par la révolte des Maccabées. Celle-ci est largement justifiée par les exactions de l’occupant, Antiochus Épiphane.

Ainsi nous pouvons citer l’épisode du supplice des sept frères :

  • On arrête[1] sept frères. À coups de fouet et de nerf de bœuf, le roi Antiochus veut les obliger à manger du porc, viande interdite par la loi de Moïse. Un des fils parle au nom des autres. Il dit : « Qu’est ce que tu veux nous demander et savoir de nous ? Nous sommes prêts à mourir plutôt que de désobéir aux lois de nos ancêtres. » Le roi était très en colère. Il fait mettre sur le feu des grils et des bassines. Dès qu’ils sont brûlants, il commande de couper la langue à celui qui a parlé au nom des autres. Il donne l’ordre également de lui arracher la peau de la tête et de lui couper les pieds et les mains, sous les yeux de ses frères et de sa mère. Quand il ne peut plus bouger, le roi commande de l’approcher du feu et de le jeter encore vivant sur un gril. L’odeur de la chair brûlée se répand autour du gril. Pendant ce temps, les autres frères et leur mère se donnent de la force pour mourir avec courage.

Les autres[2] frères suivent le même sort chacun à leur tour rejoints dans la mort par leur mère sans avoir renoncé à la loi de Moïse et en continuant d’affirmer leur foi en Dieu et en sa justice.

Ce courage sans limite des Juifs face à la volonté d’Antiochus Épiphane de leur faire abandonner leur foi est ainsi illustré dans le début du psaume, où le parallélisme avec le récit du martyre des sept frères est particulièrement clair :

  1. Au Chef des chantres, à Yédoutoun. Psaume de David.
  2. J’ai dit : « Je veillerai à ma conduite, pour ne pas pécher avec ma langue ; j’aurai soin de mettre un frein à ma bouche, tant que le méchant sera en face de moi. »
  3. Je me suis renfermé dans un mutisme complet, j’ai gardé le silence, en l’absence du bonheur, alors que ma douleur était pleine de trouble.

Mattathias

À cette situation intolérable, la réaction ne va pas tarder à se faire jour à travers la famille de Mattathias:

  • À cette époque[3] (celle où Antiochus Épiphane martyrisait les Juifs pour leur faire abandonner leur religion), un prêtre de la famille de Yoyarib, Mattathias, fils de Jean et petit-fils de Siméon, quitte Jérusalem pour aller s’installer à Modine. Il a cinq fils : Jean appelé aussi Gaddi, Simon appelé aussi Thassi, Judas aussi appelé Macchabée, Éléazar appelé aussi Avaran et Jonathan appelé aussi Aphous. En voyant les actions horribles commises dans les villes de Juda et à Jérusalem, Mattathias dit : « Quel malheur pour moi ! Est-ce que je suis né pour voir la destruction de mon peuple et de la Ville sainte, pour rester assis pendant qu’elle est livrée au pouvoir de ses ennemis ? »

Ainsi lorsque les officiers du roi Antiochus arriveront dans la ville de Modine pour forcer une nouvelle fois les Juifs à renier leur religion à travers des sacrifices idolâtres, Mattathias (fondateur de la dynastie des Hasmonéens) se révolte :

  • Dès[4] que Mattathias a fini de parler (pour refuser les offres avantageuses des officiers du roi Antiochus en échange de sa coopération), un Juif s’avance devant tout le monde. Il veut offrir un sacrifice sur cet autel de Modine, comme le roi l’a commandé. Quand Mattathias le voit son cœur se met à brûler d’ardeur, et son corps est tout tremblant. Une juste colère monte en lui, il court et égorge l’homme sur l’autel. Au même moment, Mattathias tue l’envoyé du roi qui oblige les gens à offrir des sacrifices, et il renverse l’autel. Il montre la même ardeur pour la loi de Moïse que Pinhas, quand il a tué Zimri, le fils de Salou.

Cette juste colère de Mattathias est évoquée dans la suite du psaume en reprenant d’ailleurs des termes quasi identiques :

  1. Mon cœur était brûlant en moi ; en méditant, je sentais comme un feu ardent ; (…)

Judas Maccabée

Mattathias mène le début de la révolte et engrange les premières victoires envers l’ennemi et les Juifs qui avaient pris parti pour le nouveau pouvoir grec et ses croyances. Avant de mourir il cède le flambeau à son fils Judas (Judas Maccabée).

  • Le moment[5] de mourir approche pour Mattathias. Il dit à ses fils : « En ce moment, l’orgueil et les insultes nous dominent. C’est une période de destruction et de violence. Maintenant, c’est à vous, mes fils, de défendre la loi de Moïse avec ardeur. Donnez votre vie pour l’alliance que Dieu a établie avec nos ancêtres. Souvenez-vous de tout ce qu’ils ont fait autrefois. Vous recevrez alors beaucoup d’honneur, vous serez célèbres pour toujours. Est-ce qu’Abraham n’a pas été fidèle à Dieu au moment de l’épreuve ? C’est pourquoi Dieu l’a reconnu comme juste».

Mattathias[6] cite encore d’autres exemples bibliques de personnage ayant mis avec raison leur foi en Dieu. Judas prend la relève de son père après sa mort et enregistre quelques premiers succès. Il lutte lui aussi contre les Grecs mais aussi contre les Juifs qui ont pris leur parti.

Les victoires contre les Grecs

Il combat Apollonius, gouverneur de Samarie et le vainc. Séron, commandant de l’armée syrienne décide alors de lui opposer une puissante armée. Judas calme l’anxiété de ses troupes avant l’affrontement:

  • Quand[7] ceux-ci (les maigres troupes de Juda) voient l’armée qui s’avance contre eux, ils disent à Judas : « Nous sommes trop peu nombreux. Comment pourrons-nous combattre contre une armée aussi puissante ? De plus nous sommes sans force, car nous n’avons rien mangé aujourd’hui. » Judas répond : « Un petit nombre peut vaincre facilement un groupe plus important. Aux yeux de Dieu, ce n’est pas le nombre d’hommes qui compte pour sauver les gens. Ils peuvent être nombreux ou non. À la guerre, la victoire ne dépend pas du nombre de soldats, mais c’est de Dieu que vient la force. Nos ennemis avancent contre nous, pleins d’orgueil et de méchanceté. Ils veulent nous tuer, nous, nos femmes et nos enfants, et prendre nos biens. Mais nous, nous luttons pour nos vies et pour garder les lois que Dieu nous a données. Dieu écrasera nos ennemis devant nous. N’ayez pas peur d’eux ».

Judas[8] remporte la victoire contre Séron.

Antiochus commande alors encore une expédition contre Judas en espérant cette fois en venir à bout. Il rassemble près de cinquante mille soldats afin d’en finir définitivement avec le peuple Juif. Celui-ci se prépare à l’affrontement:

  • Les Juifs[9] se rassemblent et vont à Mispa, en face de Jérusalem. Autrefois, il y avait un lieu de prière à cet endroit. Ce jour-là, ils jeûnent et ils se couvrent la tête de cendre. Ils déchirent leurs vêtements et mettent des habits de deuil. Ils déroulent le livre de la loi pour le consulter. Ils ne font pas comme les non Juifs qui interrogent les statues de leurs dieux. Ils apportent les vêtements des prêtres, les premiers produits des champs, et la dixième partie des récoltes. Ils réunissent les nazirs qui ont fini le temps de leur vœu. Ils prient le Seigneur à haute voix en disant : « Qu’est-ce que nous allons faire de ces hommes ? Où allons-nous les emmener ? Ton Temple saint est devenu impur, car des gens l’ont traité avec mépris. Tes prêtres sont dans le deuil et dans la honte. Les non Juifs se sont réunis contre nous pour nous supprimer. Toi, tu sais ce qu’ils ont l’intention de nous faire. Comment pourrons-nous leur résister si tu ne viens pas à notre secours ? » Ensuite, ils sonnent de la trompette et poussent des grands cris. Après cela, Judas nomme des chefs du peuple : chefs de mille hommes, chefs de cent, chefs de cinquante et de dix. Pour suivre la loi, il renvoie chez eux ceux qui bâtissent leur maison, ceux qui viennent de se fiancer ou de planter une vigne, et ceux qui ont peur. Alors l’armée des Israélites se met en route et ils vont camper au sud d’Emmaüs. Judas leur dit : « Préparez vos armes et soyez courageux. Tenez-vous prêts à combattre ces gens-là. Ils se sont rassemblés contre nous pour nous supprimer et pour détruire notre Temple. Il vaut mieux que nous mourrions à la guerre plutôt que de voir les malheurs de notre peuple et de notre Temple. Ce que le Seigneur veut, il le fera. »

La confiance[10] portée par Judas ne sera pas vaine, car malgré l’infériorité numérique de ses hommes et le déséquilibre des équipements des deux camps, il remporte la victoire. Lorsque les Grecs essaieront une nouvelle fois d’attaquer les Juifs un an plus tard, là encore avec une supériorité numérique écrasante des Grecs, les Juifs remporteront une nouvelle fois la victoire.

La purification du Temple

Judas  purifie alors le temple souillé par les Grecs et réinitialise le culte sacré.

  • Alors[11] Judas et ses frères disent « Maintenant, nos ennemis sont vaincus. Allons purifier le Temple et consacrons-le de nouveau à Dieu. » Toute l’armée se rassemble, et les soldats montent sur le mont Sion. Là, ils voient le Temple semblable à un désert. L’autel a été rendu impur, et les portes ont été brûlées. De jeunes arbres poussent dans les cours comme dans une forêt ou sur une montagne. Les salles sont détruites. Ils déchirent leurs vêtements, ils pleurent beaucoup et se couvrent la tête de cendre. Ils se mettent à genoux, le front contre le sol. Au signal donné par les trompettes, ils poussent des cris vers Dieu. Ensuite, Judas commande à certains de ses soldats d’attaquer ceux qui se trouvent dans la citadelle pendant qu’il fait purifier le Temple. Il choisit des prêtres attachés à la loi de Moïse et à qui on ne peut rien reprocher. Les prêtres purifient le Temple et emportent les pierres impures dans un endroit impur. Ils se demandent ce qu’il faut faire de l’autel des sacrifices qui est devenu impur. Les prêtres ont la bonne idée de le détruire pour qu’il ne les couvre pas de honte. Ils démolissent donc cet autel puisque les non Juifs l’ont rendu impur. Ils mettent ses pierres dans un lieu convenable sur la colline du Temple. Elles doivent rester là en attendant la venue d’un prophète qui dira ce qu’il faut en faire. Les Israélites prennent des pierres non taillées, comme la loi le demande, et ils construisent un autel nouveau, pareil à l’ancien. Ils réparent le Temple et son intérieur, et ils purifient ses cours. Ils fabriquent des ustensiles sacrés et ils placent dans le Temple les porte-lampes, l’autel du parfum et la table pour les pains offerts à Dieu. Ils font brûler de l’encens sur l’autel des parfums, ils allument les lampes du porte-lampes qui éclaire l’intérieur du Temple. Ils mettent des pains sur la table, ils tendent les rideaux et ils finissent tous les travaux qu’ils ont commencés.

De l’ensemble de ces événements la tradition juive n’a retenu que le miracle de Hanoukka. La victoire des Hasmonéens, contre la logique des rapports de force, fait naturellement partie du souvenir Juif, mais le peuple Juif sait bien que les victoires militaires sont éphémères et que lorsqu’un danger est vaincu, un autre ne tarde pas à poindre.

Hanouccah

Les livres des Maccabées ne font pas partie du canon de la Bible hébraïque, seul ce passage du Talmud fait référence aux événements que nous venons d’évoquer:

  • La Guemara présente[12] l’origine de la fête de Hanoukka : – Quelle est la raison pour laquelle les jours de fête de Hanoukka ont été instaurés ? En rapport avec quel miracle les Sages l’ont-ils instituée ? C’est ainsi que les Sages ont enseigné dans une Beraïta (enseignement) : le 25 du mois de Kislev les jours de Hanoukka commencent. Il y a huit jours en tout, durant lesquels il n’est pas permis de prononcer une oraison funèbre ni de jeûner. Car lorsque les Grecs de Syrie (les Séleucides) entrèrent dans le sanctuaire, ils rendirent impures toutes les fioles d’huile se trouvant dans le sanctuaire, et lorsque la maison royale des Hasmonéens prit le dessus et les vainquit, (les Hasmonéens) cherchèrent dans l’enceinte du Heikhal (une des parties les plus saintes du Temple) et ne trouvèrent qu’une seule fiole d’huile qui était posée à l’abri avec le sceau du Kohen Gadol (le grand prêtre) encore intact, et elle ne contenait que la quantité d’huile suffisante pour allumer la Ménorah (le porte-lampes) pendant un jour. Cependant, un miracle fut accompli avec cette huile et ils purent allumer les lumières de la Ménorah avec elle pendant huit jours, jusqu’à qu’une huile rituellement pure ait pu être obtenue. Reconnaissant que ce miracle avait des implications pour l’éternité, l’année d’après (les Hasmonéens et le Sanhédrin) instaurèrent et firent de ces huit jours pour la postérité des jours de fête par la récitation du Halel et des remerciements.

En fait la révolte des Maccabées n’était pas due à l’exacerbation d’un sentiment national mais était la seule réponse que pouvaient apporter Mattathias et ses hommes à la volonté délibérée d’Antiochus Épiphane de les détruire, d’anéantir leur foi.

C’est face à cette menace que Mattathias décide de se battre pour sauver ce qu’il peut de son peuple et tenter de rétablir la pureté du Temple.

Sans soutien divin, les chances de vaincre de Mattathias sont assez minces, ce qui justifie l’interrogation de David dans le psaume de cette génération qui interprète les angoisses de Mattathias que nous venons de citer :

  1. (…) sur mes lèvres se trouvaient ces paroles :
  2. «Fais-moi connaître, Éternel, ma fin, et quelle est la mesure de mes jours : que je sache combien je suis peu de chose.
  3. Voici Tu as strictement limité mes jours, ma vie terrestre est comme un rien devant Toi ; oui, tout homme placé sur terre n’est qu’un souffle. Sélah !

Le miracle de Hanoukka vient répondre à cette question.

Quand David, à travers le psaume de cette génération, reproche à Dieu de lui avoir strictement limité ses jours, Dieu prolonge justement les jours de la lumière produite par l’unique fiole d’huile encore pure retrouvée dans le Temple.

Elle devait durer un jour, elle durera huit jours.

Cette fiole d’huile pure est à l’image du peuple Juif. Isaac[13] évoque les sucs de la terre lorsqu’il bénit Jacob, ce qui est un parallèle entre l’huile d’olive utilisée dans le service du Temple et le peuple Juif dans sa caractéristique de peuple sanctifié, de peuple de prêtres.

Comme les fioles d’huiles du Temple, le peuple d’Israël traversera difficilement les temps car la plupart des fioles disparaîtront sous les assauts des autres peuples. Mais, comme Dieu l’a promis, un reste subsistera pour assister à l’avènement du monde futur :

  • Et pourtant[14], même alors, quand ils se trouveront relégués dans le pays de leurs ennemis, Je ne les aurai ni dédaignés ni repoussés au point de les anéantir, de dissoudre mon alliance avec eux, car Je suis l’Éternel, leur Dieu ! Et Je me rappellerai, en leur faveur, le pacte des aïeux, de ceux que J’ai fait sortir du pays d’Égypte à la vue des peuples pour être leur Dieu, moi l’Éternel.

La sagesse de ne retenir au niveau de l’événement que constitue la première victoire des Maccabées que le miracle de Hanoukka est une décision louable de nos sages.

Le combat contre les Iduméens

En effet la victoire des Maccabées n’a effectivement pas suffi à mettre les Juifs hors de danger. Dès le lendemain de cette victoire, les ennemis d’Israël n’abandonnent pas leur combat:

  • Les peuples voisins[15] apprennent cette nouvelle : les Juifs ont rebâti l’autel des sacrifices et ils ont reconstruit le Temple comme il était avant. Ces peuples se mettent alors dans une violente colère. Ils décident de supprimer les Israélites qui vivent parmi eux. Ils se mettent donc à tuer les gens de notre peuple.

Judas[16] combat les Iduméens et les vainc, c’est ensuite le tour de la tribu de Baïa, et des Ammonites. Cela ne suffit pas, car les attaques contre les Juifs dans les contrées voisines de celles sous le contrôle de Judas se multiplient.

Ainsi Judas reçoit des appels au secours des Juifs de Galaad en même temps que ceux de Galilée. Judas arrive ainsi à libérer ses coreligionnaires au prix de nouvelles batailles. Tous les Juifs de ces régions qui étaient menacés sont rapatriés en Judée. Grisés par les exploits de Judas et ses troupes, certains Juifs prennent l’initiative d’attaquer à leur tour Jamnia, mais là c’est une défaite qui les attend avec près de deux mille israélites tués. Judas s’empare ensuite d’Hébron et combat les Philistins.

L’humiliation d’Antiochus

Pendant que les Maccabées reconstruisent le pays de Judée, un peu malgré eux, pour répondre aux attaques étrangères, Antiochus, celui qui est à l’origine de la révolte des Maccabées, subit une humiliation en Perse en tentant sans succès de s’approprier les richesses du Temple d’Elymaïs :

  • Le roi[17] Antiochus traverse le haut pays. Pendant ce temps, il apprend qu’il y a en Perse une ville appelée Elymaïs, célèbre pour ses richesses, son argent et son or. Son Temple est très riche. Il contient des équipements militaires en or, des cuirasses et des armes. Tout cela a été laissé par Alexandre, fils de Philippe, roi de Macédoine qui a été le premier roi des Grecs. Antiochus va à Elymaïs et il cherche à prendre la ville pour la piller. Mais il n’y réussit pas, car ses habitants apprennent son projet. Ils s’opposent à lui les armes à la main et l’obligent à fuir. Il part de là couvert d’une grande honte pour rentrer à Babylone.

Suite à cette défaite et à l’annonce que les Juifs ont vaincu son armée, Antiochus tombe malade et sentant sa mort proche, il refait le bilan de son règne :

  • Je[18] ne peux plus dormir et l’inquiétude m’abat. Je me demande pourquoi je suis plongé dans un désespoir aussi profond. En effet quand j’étais puissant, j’ai fait du bien, et les gens m’aimaient. Mais maintenant, je me souviens de tout le mal que j’ai commis à Jérusalem. J’ai pris tous les objets en or et en argent qui se trouvaient dans le Temple et j’ai donné l’ordre de tuer sans raison les habitants de Judée. Je le reconnais donc : c’est à cause de cela que ces malheurs me frappent et je vais mourir de désespoir dans un pays étranger.

C’est à la recherche de richesses que s’achève la vie d’Antiochus Épiphane, celle-ci aura toujours été présente au cours de sa vie. Son bilan illustre la suite du psaume :

  1. « Oui, les mortels s’avancent comme une ombre ! Oui, ils s’agitent dans le vide, amassant des biens sans savoir qui les recueillera. »

Les combats contre les successeur d’Antiochus Epiphane

Judas[19] décide d’attaquer la citadelle grecque construite au cœur de Jérusalem, certains de ses occupants arrivent à s’enfuir et à appeler à leur secours le successeur d’Antiochus Épiphane, le roi Antiochus Eupator. Antiochus Eupator réunit alors une armée de 100 000 soldats à pied, 20 000 cavaliers et 32 éléphants dressés pour le combat. Lors du premier affrontement et malgré le sacrifice héroïque d’Elazar Maccabée frère de Judas, les Juifs lâchent pied devant l’ennemi.

Antiochus Eupator fait alors le siège de Jérusalem où les Juifs sont affamés du fait de l’afflux des Juifs des autres contrées suite aux campagnes précédentes de Judas et parce qu’il s’agissait d’une année sabbatique donc sans récolte. Mais rappelé par des affaires internes à son royaume, Antiochus Eupator se retire après avoir proposé la paix aux Juifs de Judée. La paix est de courte durée, car Antiochus Eupator perd son royaume au profit de Démétrius, fils de Séleucus. Celui-ci essaie d’établir Alkime comme grand prêtre qui sème la terreur à Jérusalem. Judas réagit et Alkime s’enfuit. Le roi envoie alors Nicanor, un de ses généraux pour combattre Judas. Celui-ci est vaincu par Judas :

  • Le peuple[20] est très heureux (Nicanor vient d’être tué) et il fête ce jour-là comme une journée de grande joie. Les Juifs décident de célébrer cette fête chaque année au mois d’Adar, le treize du mois. La Judée reste en paix pendant quelque temps.

Profitant[21] du répit, la Judée conclut une alliance avec les Romains.

Le combat des Maccabées initialisé par Mattathias, est poursuivi par Judas, qui une fois débarrassé d’Antiochus Épiphane n’en a pas fini avec les combats.

La fin du psaume exprime bien ce qu’est la prière de ce héros Juif :

  1. Et maintenant quel est mon espoir, Seigneur ? (…)
    • La mort d’Antiochus Épiphane dont l’action avait généré la révolte des Juifs ne met pas fin à leur lutte, bien au contraire de nombreux ennemis redoutables ne cessent de se lever pour essayer de prendre sa suite.
  1. (…) Mon attente se tourne vers Toi.
  2. Délivre-moi de tous mes péchés, ne m’expose pas aux outrages des gens de rien.
  3. Je reste muet, je n’ouvre pas la bouche, car c’est Toi qui as tout fait.
  4. Détourne de moi les coups, je succombe sous l’atteinte de Ta main.
  5. Par les sanctions qu’entraîne l’iniquité, Tu châties l’homme ; comme fait la teigne, Tu consumes ce qu’il a de précieux ; oui, l’homme tout entier n’est qu’un souffle ! Sélah!
    • Judas et les Maccabées sont restés des Juifs fidèles et plutôt que de s’attribuer chacune de leur victoire, ils ne cessent de s’en remettre à Dieu afin de leur éviter la défaite qui serait justifiée de par les égarements du peuple Juif attirés par la culture grecque avec ce qu’elle comporte de culte idolâtre.
  1. Écoute ma prière, Éternel, prête l’oreille à mes cris, ne reste pas silencieux devant mes larmes : car je suis un étranger en Ta présence, un simple passager comme tous mes ancêtres.
  2. Donne-moi un peu de répit, pour que je puisse respirer, avant que je m’en aille et que c’en soit fait de moi.
    • Là de tous ces combats, Judas recherche une période d’accalmie pour lui et son peuple en se doutant bien que celle-ci ne sera pas éternelle. Il va l’obtenir d’une part par Antiochus Eupator qui va finalement renoncer à attaquer Jérusalem et par les prémices de paix avec les romains qui vont permettre dans un premier temps aux Juifs de reprendre leur souffle dans les prochaines générations avant de subir à nouveau de grandes confrontations. C’est la conclusion de ce psaume, également illustrée par la fin de Judas dans cette génération.

La mort de Judas

Ainsi[22], les combats vont reprendre et Judas meurt dans l’un d’eux. Ainsi Démétrius envoie une nouvelle fois une armée contre Jérusalem. Les soldats de Judas prennent peur, et peu d’entre eux restent auprès de Judas qui va quand même au combat. Judas meurt dans cette bataille.

Les Juifs sympathisants de la culture grecque reprennent le dessus un certain temps avant que Jonathan vienne reprendre le flambeau de son frère Judas. Après des premiers combats laborieux mais victorieux, les Grecs décident de fortifier les villes de Judée dont Jérusalem dont ils détruisent le mur d’enceinte du Temple, ce qui provoque indirectement la fin du combat :

  • Des gens[23] commencent à démolir ce mur (le mur d’enceinte du Temple). Mais Alkime est frappé par la maladie, et ils doivent arrêter les travaux. Il est paralysé et ne peut plus ouvrir la bouche. Il est incapable de parler et de faire connaître ses dernières volontés. Il meurt à ce moment-là dans de grandes souffrances. Quand Bakidés apprend la mort d’Alkime, il retourne auprès du roi Démétrius. La Judée est en paix pendant deux ans.

Cette génération fait partie de la 1ère garde de la nuit (générations 1 à 49).
Elle est donc associée à une malédiction du Lévitique (malédictions 1 à 49).

Cette génération en plus des combats que nous avons cités a été marquée par de nombreuses famines.

De fait lorsque Dieu par l’intermédiaire de Moïse avait offert les lois au peuple d’Israël, il leur avait laissé le choix entre bénédiction et malédiction dans le cas où ils respecteraient ou pas le pacte d’alliance.

En particulier, à titre de bénédiction, il avait promis de toujours pourvoir en nourriture son peuple :

  • Si vous marchez[24] dans Mes décrets et que vous observez Mes commandements et que vous les accomplissez. Je donnerai Mes pluies en leur temps, la terre donnera se récolte et l’arbre du champ donnera son fruit. Et le battage atteindra pour vous la vendange ; et la vendange atteindra l’ensemencement ; vous mangerez votre pain à satiété et résiderez en sécurité dans votre pays.

Mais dans la génération qui nous intéresse, marquée par de grands périls extérieurs mais surtout intérieurs du fait de la tentation de nombreux Juifs d’abandonner le pacte d’alliance au profit de la culture grecque plus attirante, cette promesse de bénédiction s’estompe et au contraire c’est la malédiction qui prend place : non seulement les Juifs ne sont pas en sécurité dans le pays mais les récoltes ne sont pas suffisantes pour nourrir les nombreux Juifs qui se réfugient en Judée mais pas suffisante non plus pour faire la jointure entre la dernière récolte avant l’année Sabbatique et la première qui suit cette année (voir ci dessus paragraphe sur « Les combats contre les successeur d’Antiochus Epiphane« ).

Ainsi de nombreuses femmes se présentent pour faire cuire leur pain, mais le pain produit ne suffit à les nourrir.

La génération 39 de la nuit est sous l’emprise de la malédiction 23 du Lévitique :

  1. Dix femmes feront cuire votre pain dans un même four et elles rapporteront votre pain selon le poids.

Paul David


[1] II MACCABEES Chapitre 7, versets 1 à 5

[2] Voir II MACCABEES Chapitre 7

[3] I MACCABEES Chapitre 2, versets 1 à 7

[4] I MACCABEES Chapitre 2, versets 23 à 26

[5] I MACCABEES Chapitre 2, versets 49 à 52

[6] Voir suite de MACCABEES Chapitre 2 et début du chapitre 3.

[7] I MACCABEES Chapitre 3, versets 17 à 22

[8] Voir suite de MACCABEES Chapitre 3

[9] I MACCABEES Chapitre 3, versets 46 à 60

[10] Voir I MACCABEES Chapitre 4

[11] I MACCABEES Chapitre 4, versets 36 à 51

[12] Talmud de Babylone, Traité Chabat, 21b (édition Edmond J. Safra)

[13] Voir GENESE Chapitre 27, verset 28

[14] LEVITIQUE Chapitre 26, versets 44 et 45

[15] I MACCABEES Chapitre 5, versets 1 et 2

[16] Voir I MACCABEES Chapitre 5

[17] I MACCABEES Chapitre 6, versets 1 à 4

[18] I MACCABEES Chapitre 6, versets 10 à 13

[19] Voir I MACCABEES Chapitre 6 à 7

[20] I MACCABEES Chapitre 7, versets 48 à 50

[21] Voir I MACCABEES Chapitre 8

[22] Voir I MACCABEES Chapitre 9

[23] I MACCABEES Chapitre 9, versets 54 à 57

[24] LEVITIQUE Chapitre 26, versets 3 à 5