De 50 av. JC à 30 av. JC, psaume 45 : Hérode.

Résumé:

Cette génération est celle des années 50 avant JC à 30 avant JC.

Suivant notre comptage, cette génération est la génération 45 associée au psaume 45. C’est dans ce psaume 45 que nous retrouvons donc une illustration des faits de cette génération.

Cette génération est principalement marquée par la lutte que mène Hérode pour accéder au pouvoir ainsi que le début de son long règne. Du côté de Rome c’est la fin de règne de Jules César.

Antipater, le père du futur roi Hérode apporte son soutien, après la mort de Pompée, à César dans ses guerres en Egypte. César lui en est reconnaissant. Antipater confirme Hyrcan à la grande prêtrise. Une période de paix et d’entente entre Rome et le nouveau pouvoir surtout représenté par Antipater s’établit en Judée. Les murailles de Jérusalem sont reconstruites. La faiblesse d’Hyrcan permet à Antipater de nommer ses fils Phazaël et le futur roi Hérode aux postes de gouverneur de Jérusalem et de Galilée.

Antipater s’attire l’antipathie des notables. Sous leur influence, Hyrcan demande le jugement d’Hérode pour avoir fait exécuter Ezéchias, un brigand redouté ainsi que ses compagnons. Hérode doit fuir un temps à Damas.

Pendant la période de troubles qui suit la mort de Jules César, Cassius, un des partisans de Pompée tente de lever une armée en Judée. Hérode préfére payer le tribut demandé et n’est ainsi pas inquiété au contraire des autres gouverneurs qui subissent la colère de Cassius. Cassius promet la royauté à Hérode en cas de victoire contre ses adversaires.

Hérode avec l’aide de son frère Phazaël prend petit à petit le contrôle de la Judée en ménageant ses alliances à la fois avec Rome, la puissance dominante, et Hyrcan, la puissance religieuse, et arrive triomphant à Jérusalem.

Hérode est souvent controversé, en particulier du coté chrétien, en raison de l’épisode supposé du ‘massacre des innocents”. Celui-ci est très peu vraisemblable, en particulier du fait de l’incompatibilité des dates et l’absence complète de références à cet épisode chez les historiens comme Flavius Josephe.

La réalité est plus complexe.

Sur le plan économique, Hérode semble avoir beaucoup fait pour le développement du pays. Nombre de ses fondations urbaines ont sans aucun doute servi à la mise en valeur des terres. Grosso modo, « l’hellénisation » forcée demeure le caractère prépondérant de son règne. Suivant l’optique adoptée, on le considérera comme plutôt positif ou plutôt négatif. Une chose est certaine : son règne a procuré au peuple une période de paix relative ; Hérode a su en effet si bien manœuvrer dans les rapports délicats et complexes qu’il fallait entretenir avec le suzerain romain, qu’il a pu préserver au moins en partie (et sans doute au maximum de ses possibilités, vu les circonstances) l’identité nationale juive. Pour ceux qui voulaient tout, c’était un bien maigre résultat, mais la suite des événements devait montrer à satiété où la politique du « tout ou rien » conduit. Quoi qu’il en soit, l’ère d’Hérode fut la dernière époque de quelque importance qui ait connu une autonomie juive limitée – jusqu’à la création de l’État d’Israël.

De fait, Hérode, est le roi inespéré pour le peuple Juif dans ce début de cohabitation avec la puissance romaine. Il permet en effet aux Juifs d’alors de rester dans la norme des lois Juives tout en s’ouvrant au monde à travers la culture grecque, c’est la clé de la survie du peuple Juif à travers les âges : respect de la tradition juive tout en restant sensible aux sciences et à la pensée moderne.

Le faste qu’il impose en Judée, en particulier dans la reconstruction du Temple cimente encore plus fort le sentiment national Juif qui empêchera ce peuple de se fondre dans la masse tout au long de l’histoire et ainsi de conserver le message du Sinaï jusqu’à nos jours. Le respect des Pharisiens permet l’avènement du judaïsme rabbinique qui consolidera cette transmission.

Par la suite, Antigone fils d’Aristobule II s’allie aux Parthes contre Hérode, et assiège Jérusalem. Hérode est contraint à fuir avec les siens à Petra. Antigone prend possession de Jérusalem, il mutile Hyrcan afin de le rendre inapte à la grande prêtrise. Hérode rejeté par ses alliés du fait de la peur des Parthes essaye de trouver son salut à Rome.

Rome qui voit d’un mauvais œil l’expansion Parthe, assure Hérode de son soutien. Hérode débarque en Judée, avec le soutien de Rome monte une armée pour reconquérir Jérusalem. Malgré l’âpre résistante des partisans d’Antigone, Hérode parvint à prendre Jérusalem après quarante jours de siège. Lorsque Jérusalem tombe, Hérode intervient afin que celle-ci ne tombe pas dans les mains des romains.

Ainsi commence le règne d’Hérode. Ce règne est marqué par un pouvoir sans partage où Hérode n’hésite pas à éliminer même parmi ses proches ceux qui peuvent remettre en cause sa couronne.

La famille Asmonéenne malgré tous ses efforts ne réussira jamais à reprendre la couronne à Hérode. Elle devra se contenter de donner à Hérode, via son mariage avec Mariamne, les descendants qui fournissent les derniers rois d’Israël: Hérode Agrippa 1er et Hérode Agrippa II. En effet Hérode avait épousé Mariamne, princesse Asmonéenne comblant son manque de sang royal. Mariamne sera exécutée par Hérode ainsi que deux de ses fils.

La chute de Jérusalem en 70 mettra fin pour un temps à la succession des rois en terre d’Israël, jusqu’à que le dernier roi descendant de la lignée de David vienne rétablir la lignée royale sur la terre promise.

Développement:

Jules César

Cette génération est principalement marquée par la lutte que mène Hérode pour accéder au pouvoir ainsi que le début de son long règne (37 à 4 avant JC).

Cette génération est également marquée du côté de Rome par la fin de règne de Jules César.

L’arrivée[1] au pouvoir à Rome de César provoque l’exil de Pompée et la libération d’Aristobule qui sera de courte durée. Il est empoisonné par les partisans de Pompée. Quant à Alexandre le fils d’Aristobule, il est également éliminé par ordres de Pompée à Antioche.

L’exécution d’Ezéchias

Antipater, le père du futur roi Hérode apporte son soutien, après la mort de Pompée, à César dans ses guerres en Egypte. César reconnaissant de cet apport fait honneur à Antipater qui confirme Hyrcan à la grande prêtrise malgré les plaintes d’Antigone, fils d’Aristobule.

Une période de paix et d’entente entre Rome et le nouveau pouvoir surtout représenté par Antipater s’établit en Judée. Les murailles de Jérusalem sont reconstruites. La faiblesse d’Hyrcan permet à Antipater de nommer ses fils Phazaël et le futur roi Hérode aux postes de gouverneur de Jérusalem et de Galilée.

Hérode arrête et fait exécuter Ezéchias, un brigand redouté ainsi que ses compagnons. Leur intelligence politique envers Rome, la puissance dominante, et leur gestion des affaires locales rendent très populaires les fils d’Antipater, et par conséquent Antipater lui-même. Ceci ne manqua pas de leur attirer l’antipathie des notables. Ceux-ci tentent de les faire désapprouver pat Hyrcan en se plaignant de l’exécution d’Ezéchias :

  • Ces personnes[2] (Antipater et ses fils) n’agissent plus par vos ordres (les notables s’adressent à Hyrcan) ni comme dépendant de vous. Ce serait vous flatter vous-même que de le croire : mais ils agissent ouvertement en souverains. Et en voulez-vous une meilleure preuve que de voir, encore que nos lois défendent de faire mourir un homme, quelque méchant qu’il puisse être, avant qu’il ait été condamné juridiquement, que Hérode n’a point craint de les violer, en faisant mourir Ezéchias et ses compagnons sans même vous en demander la permission ?

Hyrcan[3] demanda le jugement d’Hérode.

Celui-ci s’y rend mais accompagné de troupes, les juges paralysés se refusent de le charger en dehors de l’un d’eux : Saméas. Cela pouvait suffire à faire condamner Hérode. Hyrcan qui avait des liens forts avec la famille d’Antipater remet le jugement au lendemain et permet ainsi à Hérode de fuir à Damas. Hérode se décide alors de venir assiéger Jérusalem avec une armée, mais il revient à la raison grâce à l’intervention de son père Antipater et de son frère Phazaël qui lui rappellent qu’il ne peut attaquer Hyrcan qui a pris sa défense. Hyrcan renouvelle son alliance avec Rome, recevant le soutien ferme de Jules César.

Hérode et Rome

Pendant la période de troubles qui suit la mort de Jules César (44 avant JC), Cassius, un des partisans de Pompée tente de lever une armée en Judée. Hérode préfére payer le tribut demandé et n’est ainsi pas inquiété au contraire des autres gouverneurs qui subissent la colère de Cassius.

Cassius promet la royauté à Hérode en cas de victoire contre ses adversaires.

Hérode avec l’aide de son frère Phazaël prend petit à petit le contrôle de la Judée en ménageant ses alliances à la fois avec Rome, la puissance dominante, et Hyrcan, la puissance religieuse, et arrive triomphant à Jérusalem.

Sa royauté dure de 37 à 4 avant JC, soit un long règne de plus de trente-trois années qui remodèle complètement la Judée.

Le bilan d’Hérode

Afin de cerner la complexité de ce personnage, nous pouvons nous référer au portrait effectué par Peter Schäfer :

  • Vouloir[4] apprécier une personnalité aussi dynamique et complexe que celle d’Hérode est une entreprise presque impossible. Contentons-nous de mettre en exergue quelques éléments importants pour une estimation.
  • En premier lieu, il nous faut rappeler qu’aux yeux de ses sujets juifs, Hérode était un usurpateur ayant anéanti la dynastie légitime des Asmonéens pour s’emparer lui-même du pouvoir. Cela est vrai, mais n’en demeure pas moins partial. Lorsqu’on se souvient de la haine portée par les « pieux » aux derniers Asmonéens, de la façon dont leur royauté hellénistique était ressentie comme une perversion des anciens idéaux (et de ceux des Maccabées), le parallèle avec les Asmonéens ne manque pas d’une certaine ironie. Les Asmonéens – tout au moins à la fin – n’étaient pas moins imprégnés de l’idéal de la royauté à la grecque qu’Hérode.
  • Il ne fait aucun doute toutefois que c’est bien Hérode qui a porté à son apogée cet idéal, il était Juif (pour ses ennemis, un prosélyte tout juste « converti » au judaïsme), mais sa nature et ses inclinaisons le poussaient à l’hellénisme, à l’instar des hellénistes sous Antiochus IV Epiphane ou de la famille des Tobiades qui avaient provoqué la rébellion des Maccabées, permettant par là – étrange ironie de l’histoire ! – que les insurgés en vinssent à incarner ce contre quoi ils s’étaient révoltés. Les édifices et temples divers dont il fit don aux cités grecques ne sont pas les derniers à manifester ses propensions hellénistiques, ni le théâtre et l’amphithéâtre de Jérusalem qui suffisaient à eux seuls à passer pour une véritable provocation aux yeux des « pieux ». Il s’entourait, à sa cour, d’Hellènes et d’hommes imprégnés de culture grecque ; le plus illustre était Nicolas de Damas, auteur d’une histoire universelle qui ne nous est parvenue qu’à travers Josèphe qui l’utilisa abondamment.
  • Il s’empara avec rigueur des principaux piliers traditionnels de la religion Juive et de l’État hébreu, à savoir du sanhédrin et de la grande prêtrise. La fonction de l’assemblée fut amputée (elle n’avait de sanhédrin, pour ainsi dire, que le nom) ; quant au grand prêtre, il le nommait et le destituait à sa guise. Ses candidats favoris venaient le plus souvent de la diaspora, cela pour empêcher ouvertement les vieilles familles aristocratiques sadducéennes d’exercer quelque autorité politique que ce fût.
  • Malgré tout son zèle pour la culture et l’érudition grecques, il savait ne pas dépasser certaines limites de la religion Juive. C’est ainsi qu’il semble s’être gardé de froisser le parti des pharisiens, proche du peuple. Fait remarquable également : aucune de ses monnaies ne porte d’effigie ; de même, il a largement su éviter d’apposer des représentations aux édifices publics de Jérusalem. Et lorsque le Nabatéen Syllaeus a voulu épouser sa sœur Salomé, on dit qu’il a d’abord exigé de celui-ci sa conversion au Judaïsme – ce qui, du reste, fit échouer le mariage.
  • Sur le plan économique aussi, il semble avoir beaucoup fait pour le développement du pays. Certes il a rudement serré la vis fiscale (ses entreprises de grande envergure et ses généreux cadeaux auraient difficilement pu être financés sans cela), mais il a cherché aussi à améliorer et à étendre la structure agraire du pays. Nombre de ses fondations urbaines ont sans aucun doute servi à cette mise en valeur des terres, même si leur aspect politique (implantation de mercenaires, diffusion de la culture hellénistique) reste incontestable. Grosso modo, « l’hellénisation » forcée demeure le caractère prépondérant de son règne. Suivant l’optique adoptée, on le considérera comme plutôt positif ou plutôt négatif.
  • Une chose est certaine : son règne a procuré au peuple une période de paix relative ; Hérode a su en effet si bien manœuvrer dans les rapports délicats et complexes qu’il fallait entretenir avec le suzerain romain, qu’il a pu préserver au moins en partie (et sans doute au maximum de ses possibilités, vu les circonstances) l’identité nationale juive. Pour ceux qui voulaient tout, c’était un bien maigre résultat, mais la suite des événements devait montrer à satiété où la politique du « tout ou rien » conduit. Quoi qu’il en soit, l’ère d’Hérode fut la dernière époque de quelque importance qui ait connu une autonomie juive limitée – jusqu’à la création de l’État d’Israël.

De fait, Hérode, est le roi inespéré pour le peuple Juif dans ce début de cohabitation avec la puissance romaine, avec Esaü (Dans la tradition juive, Rome est souvent assimilé à Esaü, le frère jumeau de Jacob, lui-même assimilé au peuple Juif).

Il permet en effet aux Juifs d’alors de rester dans la norme des lois Juives tout en s’ouvrant au monde à travers la culture grecque, c’est la clé de la survie du peuple Juif à travers les âges : respect de la tradition juive tout en restant sensible aux sciences et à la pensée moderne.

Le faste qu’il impose en Judée, en particulier dans la reconstruction du Temple cimente encore plus fort le sentiment national Juif qui empêchera ce peuple de se fondre dans la masse tout au long de l’histoire et ainsi de conserver le message du Sinaï jusqu’à nos jours.

Le respect des Pharisiens permet l’avènement du judaïsme rabbinique qui consolidera cette transmission.

C’est ce bilan globalement positif pour le peuple juif associé aux nombreux exploits militaires d’Hérode qui autorise les fils de Coré, dans le début du psaume de cette génération, à faire son éloge même si la suite de son règne montre un roi qui ne rechigne devant aucun crime pour asseoir son pouvoir :

  1. Au chef des chantres, sur les Chochanim. Par les fils de Coré. Maskîl. Chant d’amour.
  2. Mon cœur agite un beau dessein : je veux consacre mon poème au roi ! Ma langue est le burin d’un scribe expert.
  3. Tu es beau entre tous les fils de l’homme, la grâce est répandue sur tes lèvres ; aussi Dieu t’a-t-il béni pour toujours.
  4. Ceins ton glaive sur ton flanc, ô héros, c’est ta parure et ton honneur ;
  5. oui, ton honneur ! Bon courage et en selle, pour défendre la vérité, la modestie, la justice ! Que ta droite t’enseigne de beaux exploits !
  6. Tes flèches sont aiguës, -des peuples succombent sous tes coups- elles percent le cœur des ennemis du roi.
  7. Ton trône, fondé par Dieu, durera à jamais, le sceptre de ta royauté est un sceptre de droiture.

Mariamne

Hérode épouse Mariamne, princesse Asmonéenne qui comble son manque de sang royal:

  • Le peuple[5] lui offrit (à Hérode, après ses nombreuses victoires militaires liées à la reconquête de la Judée) des couronnes, et Hyrcan même lui en offrit, parce qu’il considérait alors comme étant de sa famille, à cause qu’il devait épouser Mariamne, fille d’Alexandre, fils d’Aristobule, et d’Alexandra, fille d’Hyrcan. Ce mariage s’accomplit depuis, et Hérode en eut trois fils et de deux filles. Il avait épousé en premières noces une femme de sa nation nommée Doris, de qui il avait eu Antipater, son fils aîné.

Ce qui illustre la suite du psaume :

  1. Tu aimes la justice, tu hais l’iniquité ; voilà pourquoi Dieu – ton Dieu – t’a consacré par une huile d’allégresse, de préférence à tes compagnons.
  2. Myrrhe, aloès et casse parfument tes vêtements ; du fond des palais d’ivoire les concerts te ravissent.

Mariamne remédie ainsi aux problèmes liés à la naissance d’Hérode (il ne serait pas de lignée royale mais issue d’une famille de convertis), utilisée par ses détracteurs.

La suite du psaume évoque ce mariage avec Mariamne, princesse Asmonéenne qui apporte son titre dans la corbeille de mariage à un personnage qui a déjà toutes les qualités pour faire un roi :

  1. Des filles de rois figurent parmi tes favorites ; la reine se tient à ta droite, parée de l’or d’Ofir.
  2. Écoute ma fille, ouvre les yeux, tends l’oreille : oublie ton peuple et la maison de ton père !
  3. Que les rois s’éprennent de ta beauté, – car il est ton maître – incline-toi devant lui.

Dans ce passage du psaume, il faut voir également une consolation pour Mariamne qui sera exécutée par Hérode ainsi que deux de ses fils. Toutefois son choix fut le bon, car par son sacrifice (« incline-toi »), elle sauve l’unité future du peuple Juif.

Tyr

Cassius[6] qui avait mis à mal la Judée pour se construire une armée, avait fini par s’installer à Tyr et de là annexa des terres de Judée. Lorsque Cassius fut vaincu et tué par Antoine et Auguste, Rome décide de rendre à Hérode les terres qui avaient été conquises par Cassius. Pour cela Antoine en fait la demande officielle à Tyr :

  • Dans une assemblée où les Tyriens traitaient de leurs affaires, Marc Antoine, empereur, a dit : « Après avoir réprimé par les armes l’orgueil et l’insolence de Cassius, qui est entré à la faveur des troubles dans un gouvernement qui ne lui appartenait point, s’est servi de gens de guerre qui n’étaient point sous sa charge, et a ravagé la Judée, quoique cette nation soit amie du peuple romain, nous voulons réparer par de justes jugements et des ordonnances équitables les injustices et les violences qu’il a commises. C’est pourquoi nous ordonnons que tous les biens pris aux Juifs leur seront rendus, que ceux d’entre eux qui ont été faits esclaves seront mis en liberté, et que si quelques-uns osent contrevenir à la présente ordonnance, ils soient châtiés selon que leur faute le méritera ».

Cette intervention de Tyr dans le rétablissement de la souveraineté d’Hérode est évoquée dans la suite du psaume :

  1. Fille de Tyr, les riches du peuple souhaitent tes faces avec des offrandes.

La menace Parthe

Par la suite[7], Antigone fils d’Aristobule II (qui avait été roi de 67 à 63 avant JC) s’allie aux Parthes contre Hérode, et assiège Jérusalem. Hérode est contraint à fuir avec les siens à Petra. Antigone prend possession de Jérusalem, il mutile Hyrcan afin de le rendre inapte à la grande prêtrise. Phazaël, le frère d’Hérode fait prisonnier par Antigone préfère se suicider. Hérode rejeté par ses alliés du fait de la peur des Parthes essaye de trouver son salut à Rome.

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Rome qui voit d’un mauvais œil l’expansion Parthe, assure Hérode de son soutien. Pendant ce temps, Joseph, frère d’Hérode subit le siège d’Antigone à Massada. Cette fois-là, Massada ne tombe pas.

Les Parthes sont alors chassés de Syrie par Ventidius, un général romain. Ce dernier en pénétrant en Judée se contente de rançonner Antigone.

La reconquète de Jérusalem

Hérode débarque en Judée, avec le soutien de Rome monte une armée pour reconquérir Jérusalem après avoir réussi à faire lever le siège de Massada. Après avoir combattu de nombreuses résistances dans le pays et après avoir pu consolider la coopération des troupes romaines après avoir lui-même apporté son soutien à Rome dans ses batailles avec les Parthes, Hérode organise le siège de Jérusalem.

Malgré l’âpre résistante des partisans d’Antigone, Hérode parvint à prendre Jérusalem après quarante jours de siège. Lorsque Jérusalem tombe, Hérode intervient afin que celle-ci ne tombe pas dans les mains de romains:

  • Hérode[8], après avoir eu tant de peine à surmonter ses ennemis, n’en eut pas moins à réprimer l’insolence des étrangers qu’il avait appelés à son secours. Ils se jetèrent en foule dans le Temple et voulaient même entrer dans le sanctuaire. Il employa pour les empêcher non seulement les prières et les menaces, mais la force ; parce qu’il se croyait plus malheureux d’être victorieux que d’avoir été vaincu, si la victoire était cause d’exposer aux yeux des profanes ce qu’il ne leur était pas permis de voir. Il travailla aussi de tout son pouvoir à empêcher le pillage de la ville, en disant fortement à Sosius que si les romains la voulaient dépeuplée d’habitants et la saccager, il se trouverait donc qu’il n’aurait été établi roi que sur un désert ; et qu’il lui déclarait qu’il ne voudrait pas acheter l’empire de tout le monde au prix du sang d’un si grand nombre de son peuple. À qui Sosius lui ayant répondu que l’on ne pouvait refuser aux soldats le pillage d’une place qu’ils avaient prise, il lui promit de les récompenser du sien. Ainsi il en garantit la ville, et accomplit magnifiquement sa promesse tant à l’égard des soldats que des officiers, et particulièrement de Sosius.

Hérode roi

Ainsi commence le règne d’Hérode (37 à 4 avant JC). Ce règne est marqué par un pouvoir sans partage où Hérode n’hésite pas à éliminer même parmi ses proches ceux qui peuvent remettre en cause sa couronne.

Ainsi Hérode élimine tout d’abord les anciens partisans d’Antigone. Il nomme dans un premier temps Ananel, un Juif de Babylone, issu des familles sacerdotales pour remplacer Hyrcan (mutilé, il ne pouvait plus officier) à la place de grand prêtre rompant ainsi avec la tradition qui voulait que le grand prêtre fût une charge héréditaire.

Alexandra, fille d’Hyrcan II (ancien grand prêtre) et mère de Mariamne, femme d’Hérode, insista pour que son fils Aristobule devienne grand prêtre. Hérode, malgré les craintes sur les ambitions de sa belle-mère nomma effectivement Aristobule grand prêtre qu’il fit tuer rapidement lorsqu’il s’aperçut qu’Alexandra ne se contenterait pas de la grande prêtrise.

La famille Asmonéenne malgré tous ses efforts ne réussira jamais à reprendre la couronne à Hérode. Elle devra se contenter de donner à Hérode les descendants qui fourniront les derniers rois d’Israël: Hérode Agrippa 1er et Hérode Agrippa II.

La chute de Jérusalem en 70 mettra fin pour un temps à la succession des rois en terre d’Israël, jusqu’à que le dernier roi descendant de la lignée de David vienne rétablir la lignée royale sur la terre promise.

C’est cette portion de l’histoire juive entre le règne du roi Hérode et la chute de Jérusalem puis la restauration future du roi David que la fin du psaume évoque :

  1. Toute resplendissante est la fille du roi dans son intérieur, sa robe est faite d’un tissu d’or.
  2. Couverte de broderies, elle est introduite auprès du roi, suivie d’un cortège de jeunes filles, ses compagnes, qui sont amenées pour toi ;
  3. amenées avec des cris de joie et d’allégresse, elles pénètrent dans le palais du roi.
  4. Que la place de tes pères soit occupée par tes fils ! Puisses-tu les établir comme princes sur tout le pays !
  5. Je ferai en sorte que ton nom vive de siècle en siècle ; aussi les nations te rendront-elles hommage à tout jamais.

Paul David


[1] Flavius Josèphe/Antiquités Juives/Livre Quatorzième/chapitres 13 à 17

[2] Flavius Josèphe/Antiquités Juives/Livre Quatorzième/chapitres 17

[3] Flavius Josèphe/Antiquités Juives/Livre Quatorzième/chapitres 17 à 21

[4] Peter Schäfer/Histoire des Juifs dans l’antiquité (traduit de l’allemand par Pascale Schulte/ Editions du Cerf)

[5] Flavius Josèphe/Antiquités Juives/Livre Quatorzième/chapitre 21

[6] Flavius Josèphe/Antiquités Juives/Livre Quatorzième/chapitres 21 et 22

[7] Voir Flavius Josèphe/Antiquités Juives/Livre Quatorzième/chapitres 24 à 28

[8] Flavius Josèphe/Antiquités Juives/Livre Quatorzième/chapitre 28