De 610 av. JC à 590 av. JC, psaume 17 : Fin de la présence divine.

Résumé:

Cette génération est celle des années 610 avant JC à 590 avant JC.

Suivant notre comptage, cette génération est la génération 17 associée au psaume 17. C’est dans ce psaume 17 que nous retrouvons donc une illustration des faits de cette génération.

A cette génération se succèdent les derniers rois du royaume de Juda. La génération commence par la fin de règne du roi Josias suivie par les courts règnes des rois Joachaz, Joïakim, Joïachin. La génération se termine sur le début de règne du roi Sédécias, dernier roi de Juda avant la destruction du premier Temple et l’exil à Babylone.

L’espoir suscité par le règne du roi Josias aura été de courte durée, les rois qui se succèdent dans cette génération au lieu de suivre l’exemple de ce dernier répètent les errements du roi Manassé condamnant ainsi sans appel le royaume de Juda. La chute du royaume de Juda est amorcée à cette dix-septième génération. Elle se conclut à la prochaine génération, la dix-huitième, par la destruction de Jérusalem et du Temple.

C’est à cette génération qu’apparaît Nabuchodonosor. Il apportera la désolation sur le royaume de Juda. Il exile le roi Joïachin à Babylone et le remplaçe sur le trône de Jérusalem par Sédécias.

De même que la chute du royaume d’Israël avait été précédée par l’apparition de nombreux prophètes, cette génération la dernière avant la destruction, est accompagnée à nouveau de prophéties nombreuses. Tout d’abord celle de Jérémie qui a commencé lors de la génération précédente mais qui prend sa plénitude lors de cette génération et de ses turbulences. Celles-ci seront appuyées par les prophéties de Nahum et Habacuc sans oublier l’émergence d’Ézéchiel à la fin de cette génération.

Cette activité intense des prophètes n’a pas pour but d’éviter la sentence mais plûtot que celle-ci soit comprise par le peuple d’Israël. Ceci afin que, contrairement à celui des dix tribus exilées du royaume d’Israël, l’exil du royaume de Juda ne soit pas une fin.

Développement:

Les derniers rois du royaume de Juda

A cette génération se succèdent les derniers rois du royaume de Juda.

La génération commence par la fin de règne du roi Josias suivie par les courts règnes des rois Joachaz, Joïakim, Joïachin. La génération se termine sur le début de règne du roi Sédécias, dernier roi de Juda avant la destruction du premier Temple et l’exil à Babylone.

L’espoir suscité par le règne du roi Josias aura été de courte durée, les rois qui se succèdent dans cette génération au lieu de suivre l’exemple de ce dernier répètent les errements du roi Manassé condamnant ainsi sans appel le royaume de Juda. La chute du royaume de Juda est amorcée à cette dix-septième génération. Elle se conclut à la prochaine génération, la dix-huitième, par la destruction de Jérusalem et du Temple.

Le premier roi de cette génération, Joachaz, eut un règne des plus courts puisque celui-ci ne dure que trois mois, durée suffisante toutefois pour que Joachaz se fasse remarquer par son inconduite. Le pharaon Nekko[1]  le fait jeter aux fers ,et [2] impose, pour le remplacer, Elyakim fils de Josias (dont il change le nom en Joïakim) pour régner sur Jérusalem. Joïakim régna onze ans en faisant lui aussi le mal aux yeux de l’Éternel, à l’exemple de ses aïeux.

Lui succède son fils Joïachin qui lui aussi ne régne que trois mois. Là encore le règne est suffisamment long pour que Joïachin se fasse remarquer pour son inconduite :

  • Il[4] (Joïachin) fit le mal aux yeux de l’Éternel, tout comme avait agi son père (Joïakim).

Nabuchodonosor

La catastrophe de la prochaine génération se prépare. Les puissances étrangères deviennent des acteurs majeurs du sort du royaume de Juda.

Ainsi le Pharaon Nekho :

  • Sous[13] son (du roi Josias) règne, Pharaon Nekho, roi d’Egypte, fit une expédition contre le roi d’Assyrie, vers l’Euphrate. Le roi Josias s’avança contre Nekho, qui le fit périr à Meghiddo, dès qu’il l’eut aperçu.
  • (le roi Joachaz, fils de Josias, lui succède)
  • Pharaon Nekho le (Joachaz) fit jeter dans les fers à Ribla, sur le territoire de Hamat, pour l’empécher de régner à Jérusalem. (…)
  • Puis Pharaon Nekho, mit Elyakim, fils de Josias, sur le trône de son père et changea son nom en celui de Joïakim. Quant à Joachaz, il l’emmena captif en Egypte, où il mourut.
  • (bientôt envahi par Nabuchodonosor, l’Egypte ne sera plus une menace pour le royaume de Juda)

Également Nabuchodonosor, qui évidemment aura une incidence bien plus douloureuse se le devenir du royaume de Juda :

  • Sous[14] son règne (du roi Joïakim), Nabuchodonosor, roi de Babylone, fit une invasion, et Joïakim devint son vassal pendant trois ans, ensuite il se révolta contre lui.
  • Alors l’Eternel lâcha contre lui les bandes des Chaldéens, des Araméens, des Moabites et des Ammonites : tous ceux-ci, il les mis en mouvement contre Juda pour amener sa ruine, selon la parole divine qu’il avait fait annoncé par l’organe de ses serviteurs les prophètes.
  • (le roi Joïakim meurt -naturellement- et son fils Joïachin lui succède, régnant trois mois)
  • En ce temps (du roi Joïachin), les serviteurs de Nabuchodonosor marchèrent contre Jérusalem, et cette ville subit un siège. Nabuchodonosor, roi de Babylone, arriva lui-même pour attaquer la ville, pendant que ses serviteurs l’assiégeaient. Alors Joïachin, roi de Juda, sortit pour se rendre avec sa mère. Ses serviteurs, ses grands et ses officiers, le roi de Babylone le fit prisonnier la huitième année de son règne.
  • (Nabuchodonosor pille le Temple et déporte Joïachin à Babylone avec son entourage ne laissant plus que la « classe inférieure » dans le pays)
  • Le roi de Babylone établit comme roi, à la place de Joïachin, son oncle Mathania, dont il changea le nom en Sédécias.

Le règne de Sédécias est à cheval sur la dix-septième et la dix-huitième génération. Toutefois son règne nous intéresse plus par la destruction du premier Temple qui se situe sur la dix-huitième génération.

Les prophètes

De même que la chute du royaume d’Israël avait été précédée par l’apparition de nombreux prophètes, cette génération la dernière avant la destruction est accompagnée à nouveau de prophéties nombreuses.

Tout d’abord celle de Jérémie qui a commencé lors de la génération précédente mais qui prend sa plénitude lors de cette génération et de ses turbulences. Celles-ci seront appuyées par les prophéties de Nahum et Habacuc sans oublier l’émergence d’Ézéchiel à la fin de cette génération.

La dix-septième génération est la dernière pendant laquelle le peuple juif pourra coexister avec le Temple de Salomon et surtout avec son hôte : l’Éternel.

La dix-huitième génération verra la destruction du Temple de Salomon et surtout la distance que prendra alors l’Éternel avec son peuple qui depuis n’est jamais revenu habiter la montagne sainte de Jérusalem.

Le peuple d’Israël, s’il a pu profiter de la lueur de l’Éternel pendant ces dix-sept premières générations va rentrer dans la nuit noire à la dix-huitième génération et cela pendant cent trente générations.

Comme le confirme Jérémie:

  • Écoutez[8], soyez toutes oreilles, n’y mettez aucun orgueil, puisque c’est l’Éternel qui parle. Rendez hommage à l’Éternel, votre Dieu avant que la nuit (pleine) arrive, avant que vos pieds trébuchent contre des montagnes ténébreuses, alors que vous aspirez à la clarté et qu’il l’aura transformé en ombres mortelles, convertie en obscurité profonde. Mais si nous n’écoutez pas ceci (si vous ne profitez pas de ces épreuves pour revenir à l’Éternel), mon âme, en secret, pleurera sur cette arrogance, et mes yeux seront inondés, se répandront en larmes, puisque le troupeau de l’Éternel aura été capturé.

C’est devant cet avenir sombre que David rédige son psaume en préparation des affres de la nuit qui l’attendent, le psaume de cette génération est d’ailleurs comme son titre l’indique une prière de David :

Écoute, ô Seigneur, ma juste demande, exauce ma supplication, prête l’oreille à ma prière, sortant de lèvres non trompeuses. C’est de Toi qu’émanera mon bon droit : Tes yeux discernent ce qui est équitable. Tu sondes mon cœur, Tu m’examines pendant la nuit, Tu me mets à l’épreuve, sans trouver en moi aucune pensée qui ne doive passer par ma bouche.

La sentence

Ce à quoi Jérémie répond :

  • Quand[9] à toi (cette injonction semble bien à propos pour répondre à la supplication de David) n’intercède pas pour ce peuple, ne profère en sa faveur ni supplication ni prière, ne cherche pas à me (Jérémie s’exprime en prenant la parole au nom de l’Éternel ) fléchir, car je ne t’écouterai pas. Ne vois-tu pas ce qu’ils font dans les villes de Juda et dans les rues de Jérusalem ? Les enfants ramassent du bois, leurs pères allument le feu et les femmes pétrissent de la pâte pour confectionner des gâteaux en l’honneur de la reine des cieux, pour faire des libations aux dieux étrangers, avec l’intention de me blesser. Mais est-ce moi qu’ils blessent ? Dit l’Éternel ; n’est-ce pas plutôt eux-mêmes, à leur propre confusion.
  • C’est pourquoi ainsi parle l’Éternel : « Voici, ma colère enflammée va fondre sur ces lieux, sur les hommes et les animaux, sur les arbres des champs et les fruits de la terre ; elle brûlera sans s’éteindre ».

Et également :

  • Quand[10] à toi, ne prie pas en faveur de ce peuple ; ne m’invoque ni ne me supplie pour lui, car je n’écouterai pas à l’heure où ils adresseront à moi à cause de leurs maux.

Punition mais pas la rupture

Devant la détermination divine, David se résigne et demande au moins que son peuple ne disparaisse pas complètement comme l’indique la suite du psaume (prière) de cette génération :

Guidé par les paroles de Tes lèvres, j’observe les actions des hommes, les voies des gens violents. Affermis mes pas dans Tes sentiers, pour que mes pieds ne glissent point. Je T’appelle, car Tu me réponds, ô Dieu ! Prête l’oreille, entends mes paroles. Mets en relief Tes bienfaits, ô protecteur de ceux qui se confient à Ta droite, malgré les adversaires. Garde-moi comme la prunelle des yeux, abrite-moi à l’ombre de tes ailes, contre les méchants qui me tyrannisent, contre mes ennemis qui me cernent avec passion. De leur graisse ils ont bouché leur cœur, leurs lèvres s’expriment avec orgueil. À chacun de nos pas, les voilà qui se pressent autour de nous ; ils ont les yeux sur nous pour nous étendre à terre, pareils au lion avide de déchirer, au lionceau qui se tient en embuscade. Lève-toi, Seigneur, préviens ses desseins, fais-lui ployer le genou ; par Ton glaive, sauve ma vie du méchant. Par ta main, ô Éternel, sauve-moi de ces gens, de ces gens esclaves du monde, qui jouissent largement de la vie, dont tu bourres le ventre de tes biens, dont les enfants ont tout en abondance et laissent leur superflu à leur progéniture.

Demande à laquelle Jérémie fait une nouvelle fois écho:

  • Toi[11], Tu me connais, ô Éternel ! Souviens-Toi de moi, prends-moi sous ta garde. Venge-moi de mes persécuteurs, ne me laisse pas disparaître par l’effet de Ta longanimité ; reconnais que c’est pour toi que je supporte l’opprobre. Dès que tes paroles me parvenaient, je les dévorais : oui, ta parole était mon délice et la joie de mon cœur, car ton nom est associé au mien, ô Éternel, Dieu Cébaot. Je ne me suis point assis dans le cercle des railleurs pour me divertir ; dominé par Ta puissance, j’ai vécu isolé, car tu m’avais gonflé de colère. Pourquoi donc ma souffrance dure-t-elle toujours ? Pourquoi ma plaie est-elle si cuisante ? Elle ne veut pas se cicatriser. En vérité, tu es à mon égard comme un ruisseau perfide, comme des eaux sur lesquelles on ne peut compter.
  • C’est pourquoi voici ce que dit l’Éternel : « Si tu reprends ton œuvre, je te reprendrai, tu auras ta place devant Moi ; et si tu extrais ce qu’il y a de précieux de ce qui est méprisable, tu me serviras encore d’interprète. C’est à eux, alors, de revenir à moi, et non à toi de revenir à eux. Et je t’établirai à l’encontre de ces peuples comme une puissante muraille d’airain : on te combattra, mais on ne pourra te vaincre, car Je serai avec toi pour t’assister et te sauver », dit l’Éternel. Je te délivrerai de la main des impies et t’affranchirai du pouvoir des violents.

Là dessus, David prend acte et espère que le peuple d’Israël sera à la hauteur du défi afin de résister pendant toute la nuit et survivre jusqu’à l’aube, image de la rédemption du peuple d’Israël comme l’indique la conclusion du psaume :

Quant à moi, puissé-je grâce à ma droiture, contempler Ta face et, à mon réveil, me rassasier de Ta vue !

Espérance partagée par Jérémie :

  • Voici [12]que des jours viennent, dit l’Éternel, où je susciterai à David (l’auteur des psaumes) un rejeton juste, qui régnera en roi, agira avec sagesse et exercera le droit et la justice dans le pays. En ses jours, Juda sera sauf et Israël habitera en pleine sécurité, et voici le nom qu’on lui donnera : « L’Éternel est mon droit ».

Paul David

[1] II ROIS Chapitre 23, versets 32 et 33

[2] Voir II ROIS Chapitre 23, versets 34 et suivants.

[3] II ROIS Chapitre 24, versets 3 et 4

[4] II ROIS Chapitre 24, verset 9

[5] Voir II ROIS Chapitre 24, versets 8 et suivants.

[6] Suivant CHRONIQUES Chapitre 36, verset 10, Sédécias est le frère de Joïachin.

[7] GENÈSE Chapitre 47, verset 7 à 9

[8] JEREMIE Chapitre 13, versets 15 à 17

[9] JEREMIE Chapitre 7, versets 16 à 20

[10] JEREMIE Chapitre 11, verset 14

[11] JEREMIE Chapitre 15, versets 15 à 21

[12] JEREMIE Chapitre 23, versets 5 et 6

[13] II Rois, chapitre 23, versets 29 à 34 (extraits)

[14] II Rois, chapitre 24, versets 1 à 17 (extraits)