Les Psaumes de David sont lus depuis près de trois millénaires comme des prières, des chants de louange, des cris de détresse ou des élans de foi.

Mais une autre lecture est-elle possible ?

Pendant plus de vingt ans, j’ai exploré une hypothèse aussi simple qu’étonnante : chacun des psaumes correspondrait à une génération d’environ vingt ans et retracerait, sous une forme poétique et symbolique, l’histoire du peuple juif depuis la mort de Salomon jusqu’à notre époque.

Cette hypothèse est née d’un long cheminement personnel. Né en Tunisie dans une famille juive traditionaliste, j’ai reçu une éducation religieuse classique avant de poursuivre des études scientifiques et mathématiques à l’École Centrale. Une question simple fut le point de départ de cette recherche : que transmettre à mes enfants si je ne connaissais moi-même qu’imparfaitement les fondements de ma tradition ?

En relisant la Bible hébraïque, des rapprochements inattendus se sont peu à peu imposés à moi.

Pourquoi associé à la génération de la destruction du Premier Temple (psaume 18) décrit l’envol de Dieu quittant Sa demeure terrestre : « Porté sur les chérubins, Il vole, Il plane sur les ailes du vent… » ?

Pourquoi le psaume de la génération d’Esther (psaume 23) proclame-t-il : « Tu dresses la table devant moi, à la face de mes ennemis » ?

Pourquoi celui de la génération de Daniel (psaume 21) évoque-t-il « un four ardent » ?

Pourquoi le psaume correspondant à la destruction du Second Temple (psaume 50) annonce-t-il que Dieu ne demande plus les sacrifices, mais « des actions de grâce » ?

Pourquoi un psaume de l’époque de l’Inquisition (psaume 120) déplore-t-il « Trop longtemps mon âme a vécu dans le voisinage de ceux qui haïssent la paix. » ?

Pourquoi celui de la génération de la Shoah (psaume 143) parle-t-il d’un ennemi qui « a broyé ma vie sur le sol » avant d’évoquer un retour « sur un sol uni », que l’on peut rapprocher de la renaissance de l’État d’Israël qui a lieu à la même génération (1930-1950) ?

Et pourquoi le psaume de la génération des guerres d’Israël (psaume 144, guerre des 6 jours en particulier) proclame-t-il : « Béni soit l’Éternel, mon rocher, qui a exercé mes mains au combat » ?

Ces exemples ne sont qu’un échantillon. Sur ce site, les 147 premiers psaumes sont étudiés et mis en parallèle avec les 147 générations qui, selon cette lecture, s’étendent de la mort de Salomon jusqu’à notre génération.

Pour chaque psaume, j’ai examiné les événements historiques, religieux et culturels de la génération qu’il est censé décrire et j’ai recherché leurs éventuels échos dans le texte. Et à chacun des versets de chacun de ces 147 psaumes correspond réellement un événement historique associé à l’histoire juive de ces 3 derniers millénaires.

Le résultat est suffisamment troublant pour m’avoir conduit à consacrer plus de vingt années à cette étude, entreprise depuis les années 1990 et menée à une première forme achevée en 2015.

Je ne demande au lecteur ni d’adhérer à cette interprétation, ni de la rejeter.

Je l’invite simplement à ouvrir les Psaumes avec un regard neuf et à se poser cette question :

Et si David avait laissé à son peuple non seulement un livre de prières, mais aussi une traversée prophétique de son histoire, génération après génération ?

Simple coïncidence ? Lecture symbolique ? Vision prophétique de l’histoire ?

Je laisse le lecteur en juger par lui-même.

 Paul David

Posted by Paul Lahmi