Alors qu’il y a quelques jours Paris autorisait une manifestation antisémite, la défenestration à Paris de Sarah Lucie Halimi, nous rappelle la dureté de l’exil et renforce encore une fois la symbolique des herbes amères que nous consommons pendant le Seder de Pessah.

Depuis la destruction du second Temple nous vivons un long exil de près de 2000 ans où nous sommes sans cesse confrontés aux desseins destructeurs des nations.

Nos ennemis d’hier ont disparu et le peuple Juif est toujours présent malgré les souffrances accumulées.

Une des raisons de cette survie du Peuple Juif est contenue dans l’annonce par Dieu de la fête de Pessah dans le livre de l’Exode exprimée juste au moment du départ des Juifs d’Égypte :

  • Pendant[1] sept jours tu mangeras des pains sans levain et le septième jour il y aura une fête en l’honneur de l’Éternel.
  • On mangera des pains sans levain pendant les jours. On ne verra pas chez toi de pain levé ni de levain, sur tout ton territoire.
  • Tu diras alors à ton fils : « C’est en mémoire de ce que l’Éternel a fait pour moi lorsque je suis sorti d’Égypte. »

Tout le peuple Juif a été témoin de la sortie d’Égypte, et de génération en génération chaque année nous commémorons celle-ci lors du Seder de Pessah, avec une priorité la transmission du témoignage à la génération nouvelle.

C’est ainsi que lors du Seder quatre fils sont définis : un Sage, un Méchant, un Simplet, et un Qui-ne-sait-pas-demander. Derrière leur questionnement et les réponses apportées, le peuple Juif remplit ainsi l’obligation « Tu diras alors à ton fils ».

Ce devoir de transmission est la clé de la survie du peuple Juif à travers les temps.

Ainsi quand l’Islam a émergé, certaines tribus juives de la péninsule arabique étaient hostiles à Mahomet, d’autres lui étaient favorables. Mais aucune d’entre elle n’a abandonné la religion juive. Celles qui étaient hostiles, soit, ont émigré, soit, ont été exterminées. Mais aucune n’a renié sa foi.

Les tribus qui étaient favorables au Prophète de l’Islam et qui ont combattu à son côté furent courtisées pour se convertir à l’Islam.

Bien que la religion présentée par Mahomet respecte de nombreux points de la loi de Moïse, les Juifs de Médine restèrent fidèles à l’intégralité de la loi donnée sur le mont Sinaï. Au cœur de leur argumentation, les Juifs rappelèrent qu’ils resteront fidèles à la religion de leurs pères telle qu’elle leur a été transmise :

  • L’envoyé[2] d’Allah a invité les Juifs, qui sont des gens qui ont l’écriture, à embrasser l’Islam et les y intéressa et en même temps les avertissait du tourment de Dieu et de son châtiment. Alors Rafi’b. Khâryjah et Malik b. Awf lui dirent : « Non, Muhammad. Nous suivrons ce qu’ont suivi nos pères, car ils étaient plus savants et mieux que nous. Dieu a fait descendre, au sujet de leur parole, le verset suivant « Si on leur dit : Suivez ce que Dieu a révélé (à travers le Coran), ils disent : « Non, nous suivrons ce que nous avons trouvé nos pères faire. Et si leurs pères n’avaient rien compris, n’avaient pas été bien guidés ? »

Sur mon site, chaque psaume est mis en parallèle avec une génération. Pour la génération où Mahomet proposa aux Juifs de se convertir à l’Islam sans succès, soit la génération des années 610 à 630, il faut se référer au psaume 78.

Or justement le psaume 78 met en valeur ce travail de transmission particulièrement mis en œuvre à Pessah et qui permit aux Juifs contemporains de Mahomet de ne pas succomber aux sirènes de l’Islam :

  • Écoute[3], ô mon peuple, mon enseignement, prête l’oreille aux paroles de ma bouche. J’ouvre les lèvres pour des sentences poétiques, j’énonce des aphorismes venant des temps anciens. Ce que nous connaissons pour l’avoir entendu, ce que nos pères nous ont raconté, nous ne le laissons pas ignorer à leurs descendants ; à la génération la plus reculée nous voulons raconter les œuvres glorieuses de l’Éternel, sa puissance et les merveilles qu’Il a accomplies. Il a établi un code dans Jacob, institué une loi en Israël ; et Il ordonna à nos pères de les enseigner à leurs enfants, pour que la génération future soit mise au courant, pour que les enfants qui viendraient à naître se lèvent (à leur tour) en instruisent leurs fils. Qu’ils mettent donc leur confiance en Dieu, se gardent d’oublier les hauts faits du Tout-Puissant, et observent ses prescriptions !

Le Coran fait d’ailleurs une grande part au récit de la sortie d’Égypte. Ainsi la version musulmane de celle-ci peut principalement être trouvée dans la sourate n° 2, « Al Baqarah – La vache », la plus importante sourate du Coran au moins par sa longueur. Le nom de cette Sourate fait référence au culte de la « vache rousse » qui est évoqué au verset 67 de celle-ci.

Il est intéressant de noter qu’une autre sourate fait également référence à la sortie d’Égypte, la sourate 7 « Al A’raf – « Le purgatoire ». Cette sourate est intéressante car elle affirme que les Juifs sont bien propriétaire de la terre d’Israël incluant la Jordanie actuelle :

  • Et les gens qui étaient opprimés, Nous les avons fait hériter les contrées orientales et occidentales de la terre que Nous avons bénies. Et la très belle promesse de Ton Seigneur sur les enfants d’Israël s’accomplit pour prix de leur endurance. Et nous avons détruit ce que faisaient Pharaon et son peuple, ainsi que ce qu’ils construisaient.

Les contrées orientales et occidentales que les musulmans d’aujourd’hui dénomment Palestine et Jordanie sont bien allouées aux Juifs par le Coran, sans qu’un autre passage du Coran contredise ce fait.

Ainsi le combat que mènent les musulmans aujourd’hui contre la présence Juive en Israël est en contradiction flagrante avec le texte sacré de l’Islam.

Aujourd’hui les Juifs ont retrouvé leur terre et la suprématie sur Jérusalem.

Ainsi le précepte divin de Pessah : « Tu diras alors à ton fils » a permis nos seulement au peuple Juif de survivre à l’exil en préservant leur foi mais également de fonder à nouveau une nation en Israël.

Cela malgré l’hostilité ininterrompue des nations, encore d’actualité aujourd’hui. Continuons à transmettre …

Joyeuses fêtes de Pessah.

 

Paul David

Plus d’info sur l’histoire Juive pendant l’expansion arabe:

Génération des années 410 à 430: La Ka’ba.

Génération des années 510 à 530: Dsou-Nowas.

Génération des années 570 à 590: Khaibar.

Génération des années 590 à 610: Mahomet.

Génération des années 610 à 630: L’Hégire.

Génération des années 630 à 650: La conquête arabe.

Génération des années 650 à 670: Aïcha.

Génération des années 670 à 690: Le feu grégeois.

Génération des années 710 à 730: Al Aqsa.

 

 

[1] EXODE, Chapitre 13, versets 7 à 9.

[2] Ibn Ishâq : « Muhammad » (Traduction de Abdurrahmân Badawî), chapitre : « Leur réponse (des Juifs) quand le Prophète les appela à l’Islam » (T.I, p.457), qui cite le Coran /Sourate 3, versets 12 à 14

[3] Psaume 78, versets 1 à 7

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Category

Actualités