Les Pays-Bas viennent de franchir un cap symbolique majeur.
Le pays interdit désormais[1] toute importation en provenance des implantations israéliennes de Judée-Samarie (Cisjordanie). La mesure ne cible pas seulement les entreprises. Tout particulier surpris à la douane avec des dattes, du savon ou du vin issus de ces territoires risque jusqu’à 6 ans de prison. Une sévérité implacable, même si le voyageur transite par un autre pays de l’Union européenne.
Il est légitime de s’émouvoir de chaque victime civile.
En Cisjordanie[2], le bilan des affrontements hors opérations militaires s’équilibre à environ 30 morts côté israélien et 40 côté palestinien (bien qu’il soit difficile de distinguer parmi ces derniers les civils armés des non-armés).
Rappelons un fait historique[3] : si la situation a dégénéré, c’est d’abord en raison du refus par Yasser Arafat du plan Clinton en décembre 2000. Validé par le Premier ministre israélien Ehud Barak, ce projet offrait une réelle solution à deux États avec Jérusalem-Est pour capitale.
Ce refus, qualifié d’« erreur tragique » par Bill Clinton lui-même, a débouché sur la seconde Intifada, révélant la volonté constante de nier l’existence même d’Israël.
Mais au-delà de l’histoire, c’est l’asymétrie de l’indignation européenne qui frappe.
Même en comptabilisant toutes les exactions attribuées avec complaisance à Israël, le bilan est sans commune mesure avec les atrocités commises au Soudan par les Forces de Soutien Rapide (FSR). Accusées de nettoyage ethnique par l’ONU, elles ont provoqué plus de 200 000 morts et jeté 12 millions de réfugiés sur les routes.
Pour financer leurs armes et leurs drones, les FSR pillent et exportent les richesses du Soudan.
Face à cela, que fait l’Europe ? Elle détourne le regard.
L’embargo européen sur l’or soudanais n’est que théorique[4]. Ce métal précieux est exporté illégalement vers les pays du Golfe (notamment Dubaï), où il est fondu et mélangé. Une fois ce blanchiment opéré, son origine devient impossible à tracer pour les douanes européennes. L’UE se garde bien d’infliger des amendes aux intermédiaires du Golfe.
Pour la gomme arabique, c’est encore plus simple : l’UE n’impose aucun embargo. La raison est purement économique. L’industrie agroalimentaire occidentale est totalement dépendante de la gomme arabique soudanaise. Cet émulsifiant (l’additif E414) est indispensable à la fabrication des sodas et des confiseries. Sanctionner ce produit paralyserait des chaînes de production mondiales. L’ONU a beau alerter sur le fait que ce commerce finance le racket et les massacres des FSR, les capitales européennes feignent l’ignorance.
La France, toujours prompte à boycotter Israël sous divers prétextes, est ici le leader mondial incontesté du secteur. Deux entreprises familiales normandes (Nexira et Alland & Robert) achètent et transforment à elles seules plus de la moitié de la production mondiale, soit environ 80 % de la production soudanaise.
L’Allemagne et la Belgique s’imposent également comme des acteurs clés de ce marché lucratif.
Et qu’en est-il des Pays-Bas, si inflexibles avec l’État hébreu ? Appliquent-ils la même rigueur morale au Soudan ?
Absolument pas. Les Pays-Bas jouent un rôle logistique et de négoce central en Europe du Nord. Selon les données de l’OEC[5] (Observatory of Economic Complexity), les confiseurs néerlandais contournent le dilemme éthique du Darfour en achetant la gomme une fois qu’elle a été importée et purifiée par les géants français ou allemands.

Une hypocrisie commode pour un pays qui est un géant mondial de la confiserie[6], et où le fameux additif E414 est massivement utilisé dans deux spécialités nationales : les chewing-gums à enrobage craquant (comme les Mentos) et le célèbre réglisse hollandais (drop).
Derrière les grands discours moraux de l’Europe se cache un double standard cynique : une sévérité pénale disproportionnée contre le vin de Judée-Samarie, mais une complicité économique passive face au nettoyage ethnique au Soudan, pour ne pas priver les consommateurs européens de leurs bonbons et de leurs sodas.
Paul David
Les données principales qui ont permises la rédaction de cet article ont été fournies par des requêtes à l’IA Google. Bien que Les réponses de l’IA peuvent contenir des erreurs, le lecteur pourra vérifier leur exactitude via les nombreuses références fournies par l’IA à l’appui des ces analyses (les requêtes et réponses de l’IA aux requêtes sont accessibles dans les différents renvois fournis dans cet article
[1] https://www.i24news.tv/fr/actu/international/europe/artc-pays-bas-jusqu-a-six-ans-de-prison-pour-l-importation-de-produits-issus-des-implantations-israeliennes (on peut espérer que les peines les plus lourdes ne sanctionneront pas ceux qui désire rapporter une bouteille de vin pour célébrer le shabbat …)
[2] Selon analyse bilan IA Google : https://share.google/aimode/ayPawSlGUukiyWLQU
[3] Historique rappelé par IA Google : https://share.google/aimode/7l2R0aYlltQROZlR0
[4] Tous les éléments relatifs aux exportations du Soudan sont issus de requêtes auprès de l’IA Google : https://share.google/aimode/7iUrXrOAKdYnJbE8x
[5] The Observatory of Economic Complexity – Gum arabic in Netherlands Trade In 2024, Netherlands imported $5.76M of Gum arabic, becoming the 20th largest importer of Gum arabic (out of 159) in the world.
[6] Selon analyse IA Google : https://share.google/aimode/o0O71djAwQf65eqvl





