1930 à 1950, psaume 143 : La bête immonde.

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auschwitz-shutterstock_369332183Cette génération qui nous est proche est dans la mémoire collective.

La génération de la Seconde Guerre mondiale.

Pour les Juifs elle est celle de deux événements antagonistes dans son histoire. Le premier : la Shoah soit la tentative de destruction complète des Juifs, tentative malheureusement presque aboutie en Europe. Le second celui de la naissance officielle de l’État d’Israël, soit la renaissance officielle du peuple d’Israël sur sa terre.

Cette génération est ainsi marquée pour les Juifs par la destruction et la renaissance. Comme pour les autres générations, le psalmiste ne manque pas de s’y référencer.

Jews_forced_to_walk_with_antisemitic_signsLa menace sur le peuple Juif est la plus forte depuis l’exil, la menace d’effacement du peuple Juif est réelle déjà à la fin de la génération précédente de par l’ascension irrésistible au pouvoir d’Hitler dans le pays le plus puissant de l’époque et celui pour lequel l’antisémitisme racial est le plus ancré, celui où les théoriciens de la suprématie de la race aryenne ont pavé la route à l’élimination des races inférieures ou « néfastes ».

Cette génération qui s’initialise avec la prise de pouvoir d’Hitler justifie que ce soit David qui prenne la parole et qui entame le psaume par une prière de clémence craignant une condamnation à mort de son peuple :

Seigneur, écoute ma prière, prête l’oreille à mes supplications, dans ta fidélité réponds-moi, et dans ta bienveillance : n’entre pas en jugement avec ton serviteur, car nul vivant ne peut se trouver juste à tes yeux.

Bundesarchiv_Bild_183-S38324,_Tag_von_Potsdam,_Adolf_Hitler,_Paul_v._HindenburgComme l’avait pressenti Theodor Lessing, l’élection de Von Hindenburg est de mauvais augure pour l’Allemagne, pour le monde, pour les Juifs. Élu en 1925 Bundesarchiv_Bild_146-1977-148-19A,_Berlin,_Reichstagsbrandet réélu en 1932, il porte une responsabilité dans l’échec de la République de Weimar et c’est lui qui permet l’accession « démocratique» d’Hitler au pouvoir en janvier 1933 qui, prenant prétexte de l’incendie du Reichstag, obtient les pleins pouvoirs le 23 mars 1933. La nuit des longs couteaux lui permet de supprimer ses anciens amis les plus gênants des SA. La mort de Hindenburg permet à Hitler le 2 août 1934 de devenir Président du Reich en plus d’en être chancelier.

La dictature nazie a les mains libres.

staline shutterstock_119017750À l’est, la révolution russe avait mis Lénine au pouvoir. Avant sa mort en 1924, Lénine avait déjà expulsé plusieurs centaines d’intellectuels et mis en place la censure. Après d’habiles manœuvres, Staline lui succède ; il élimine les partis de gauche puis de droite et sacrifie des millions de paysans à sa politique, morts par les armes ou la famine.

ADN-ZB/Archiv Sowjetunion, August 1939, Im Moskauer Kreml wird am 23.8.1939 ein Nichtangriffsvertrag zwischen dem deutschen Reich und der UdSSR unterzeichnet. Nach der Unterzeichnung im Gespräch J.W. Stalin und der deutsche Reichsaußenminister Joachim von Ribbentrop (r.).Staline impose un régime de terreur avec des purges importantes dans tous les milieux. Face à la dictature nazie, la dictature Stalinienne se construit. Mais contre toute attente, les deux dictateurs n’étant pas prêts pour un affrontement prématuré signent un pacte de non-agression le 23 août 1939.

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Pour l’affrontement il faudra attendre juin 1941 avec l’opération Barbarossa, le temps que l’Allemagne nazie fasse ses emplettes en Europe de l’Ouest et en Europe centrale.

Les hostilités à cette génération sont initialisées par le Japon envers la Chine. Face aux effets de la crise de 1929 durement ressentie au Japon, la solution adoptée est l’expansion territoriale.

Japanese_2nd_Tank_Regiment_column_in_the_1930sAvec l’annexion de la Mandchourie, le Japon défie les démocraties qui se montrent incapables de réagir et trace la voie en particulier au Jewish_man_humiliated_by_German_soldiers_(Warsaw,_1939)pouvoir nazi qui d’avance sait que celles-ci n’entraveront pas ses plans. L’alliance entre la Japon et l’Allemagne est ainsi parfaitement justifiée. L’Allemagne ne tardera pas à tester les démocraties à son tour en particulier avec sa politique envers les Juifs.

Parallèlement aux tests des nations sur leur passivité vis-à-vis de sa politique antisémite, Hitler teste leur combativité vis-à-vis de ses velléités d’expansion. Il occupe la Rhénanie démilitarisée suite au traité de Versailles en 1936, puis les annexions se succèdent avec la passivité voir la complicité des pays occidentaux.

invasion pologne shutterstock_249573640(1 annote)Malgré cela, la guerre commence le 1er septembre 1939 par l’invasion de la Pologne, qui comprend alors 3 300 000 Juifs, la Russie envahissant sa part du pays. La France et l’Angleterre ont déclaré la guerre le 3 septembre 1939 suite à l’invasion de la Pologne, ce qui démarre ce qui a été dénommé la « drôle de guerre ».

Compiegne 1940, Generaloberst Keitel überreicht die WaffenstillstandsbedingungenLes Français attendent l’attaque allemande, celle-ci arrive le 10 mai 1940, le front français est rapidement enfoncé. L’armistice est signé le 25 juin.

barbarossa massacres annote shutterstock_251930446L’Allemagne domine quasiment toute l’Europe dont les Juifs sont maintenant à sa merci. Toutefois, si leur élimination est planifiée : port de l’étoile jaune, recensement et création de ghettos, celle-ci ne commencera réellement que lors du déclenchement de l’opération Barbarossa en 1941 quand Hitler rompt le traité avec l’URSS et part à sa conquête.

juifs 1941 annote shutterstock_249572956Avec celle-ci de nombreuses et nouvelles communautés juives à découvert et le feu vert pour les massacres.

 

Lviv_pogrom_b (June_-_July_1941)Avant cette génération, l’Europe, en dehors de la dichotomie Ashkénaze/Sépharade plus trop d’actualité au vingtième siècle comporte principalement deux types de Juifs : les Westjuden et les Ostjuden.

Les Westjuden, Juifs de l’Ouest, qui ont profité de l’émancipation et du progrès, qui en conclusion de leur réussite veulent nombreux s’assimiler comme citoyen de leur pays d’accueil en effaçant autant que possible toute trace de leurs origines juives.

De l’autre, les Ostjuden, Juifs de l’Est qui tout au long du XIXe siècle sont restés dans des contrées où le progrès avait peu d’emprise et où l’émancipation n’était pas d’actualité, ces Juifs sont fiers de leur judaïsme qu’ils pratiquent souvent avec orthodoxie et ne conçoivent pas, pour la plupart un abandon même limité de la religion de leurs pères.

Les terres allemandes, terres d’élection des Westjuden ne sont pas sans attirer dans les générations d’avant-guerre de nombreux Ostjuden de Pologne et de Russie espérant fuir la misère et les brimades antisémites de leurs pays d’origine. La cohabitation entre ces deux mondes juifs n’est pas toujours simple.

Les efforts des Westjuden pour se démarquer des Ostjuden et ainsi se faire accepter du pays hôte comme un citoyen à part entière seront vains. La vénérée culture allemande rejettera les deux. Les deux mondes, celui du Westjuden et celui du Ostjuden disparaissent à la présente génération.

La fin d’un monde : les Ostjuden.

Les Ostjuden, où juifs de l’est, en particulier les Juifs de Pologne et de Russie, ont subi depuis plusieurs générations les pogroms.

Malgré cela pour la plupart, à l’opposé des Westjuden, principalement représentées par les Juifs de l’espace allemand, sont restés dans l’orthodoxie de la loi juive et, malgré souvent une extrême pauvreté, ne renieraient pour rien au monde leur religion et leur foi.

Einsatzgruppe_shootingLe début du psaume de cette génération qui supplie « n’entre pas en jugement avec ton serviteur » est illustré par les débuts de la guerre et en particulier l’envahissement de la Pologne, dont un des premiers massacres a lieu en 1939 à Rosh Roshana, jour ou traditionnellement les Juifs considèrent qu’ils entrent en jugement auprès de leur créateur qui décide alors de leur sort.

Babi_Jar_ravijnC’est le jour de Yom Kippour, autre jour de jugement des Juifs par leur Dieu qu’est commis un autre massacre d’Ostjuden à Babi Yar près de Kiev en septembre 1941.

Resettlement_of_Jews_to_the_Warsaw_GhettoAvant ce massacre consécutif à l’entrée en guerre contre les Russes, la Pologne, terre d’Ostjuden subit dès son envahissement en 1939 un traitement particulier, une ghettoïsation généralisée qui permettra par la suite l’élimination planifiée des Juifs. Ce traitement particulier est facilité par la volonté des Polonais de se débarrasser de leurs Juifs.

Pendants que les Juifs polonais sont parqués pour être éliminés industriellement le moment venu, l’autre territoire des Ostjuden, la Russie, tombe partiellement dans la domination allemande. Ainsi le déclenchement de la guerre contre les Russes est aussi le réel déclenchement de la guerre d’extermination des Juifs d’Europe avec une succession de massacres.

Nazi_Holocaust_by_bullets_-_Jewish_mass_grave_near_Zolochiv,_west_UkraineCet enclenchement de la solution finale avait été annoncé par Hitler de façon explicite.

L’élimination des Juifs dans cette première phase de la guerre d’extermination se fait de façon méthodique :

  • Le soldat[1] chargé d’abattre était assis à l’extrémité de la fosse, ses pieds pendaient dedans ; fumant une cigarette, la mitrailleuse sur les genoux.
  • Quand un camion arrivait, ceux qui étaient dedans – des Juifs, hommes, femmes et enfants de tous âges – devaient se déshabiller et mettre leurs vêtements à des endroits déterminés, triés en grandes piles – chaussures, habits et sous-vêtements.
  • Le SS de la fosse criait à son camarade, et lui, en comptait vingt, maintenant complètement nus, et leur disait de descendre les marches taillées dans le mur d’argile de la fosse : là ils devaient grimper sur la tête des morts jusqu’à l’endroit que montrait le soldat.
  • Une vieille femme avec des cheveux blancs tenait un enfant d’un an environ dans ses bras, elle chantait pour lui et le chatouillait, et l’enfant gazouillait de plaisir ; et un père tenait la main de son petit garçon – l’enfant prêt à fondre en larmes – il parlait à l’enfant doucement, lui caressait la tête et lui montrait le ciel.
  • Les corps furent bientôt entassés dans la grande fosse, étendus les uns sur les autres ; on voyait encore des têtes et du sang qui coulait sur les épaules ; mais certains bougeaient encore, levaient les bras et tournaient la tête.

Adolf_EichmannLes massacres perpétrés lors de la guerre contre les Russes ne sont que le début de la « solution finale ». Celle-ci est officialisée lors de la conférence de Wansee le 20 janvier 1942, où Eichmann confie à Heydrich le soin de l’annoncer officiellement aux dirigeants nazis.

Le déclenchement de la solution finale et, en particulier, sa première phase, l’élimination par balles dans des fossés, est évoqué par le psalmiste dans la suite du psaume de cette génération :

C’est que l’ennemi s’est jeté à ma poursuite, a broyé ma vie sur le sol, me plongeant dans les ténèbres, comme ceux qui, dès longtemps appartiennent à la mort.

La quasi-totalité des Juifs de Pologne est détruite par les nazis, les Juifs de Russie paient également un lourd tribut mais une large partie d’entre eux ne tombant pas sous la botte allemande échappe au massacre.

Si les Juifs russes ne sont pas tous éliminés par le nazisme, l’action laïcisante de l’URSS détruit le judaïsme d’une autre façon contribuant à une extinction du judaïsme des Ostjuden presque aussi efficace dans ce cadre que l’élimination physique.

Le judéocide[2].

auschwitz arrivée shutterstock_237230113four crematoire shutterstock_72616189Les meurtres de masse des Juifs de l’Est pendant l’avancée des armées allemandes ne sont que les prémices de la Solution finale que les nazis veulent appliquer à tous les Juifs d’Europe, et si possible à tous les Juifs de la terre.

Lorsque les alliés du Reich résistent à l’application de la solution finale ils sont rappelés à l’ordre. Ainsi Hitler fait la leçon à Mussolini via son ambassadeur à Rome en 1943 concernant les juifs italiens de Tunisie pour lesquels Mussolini souhaite qu’ils conservent la protection due aux Italiens.

AnneFrankSchoolPhotoLes Juifs dans la tourmente qui essaient d’échapper à la traque nazie sont obligés de se terrer avec toute l’angoisse sur un avenir incertain tel que peut l’exprimer Anne Franck avant que sa cachette soit découverte quelques mois avant la fin de la guerre :

  • Qui nous[3] a imposé cela ? Qui fait de nous, les juifs, une exception parmi tous les autres peuples ? Qui nous a fait tant souffrir jusqu’à présent ? C’est Dieu qui nous a créés ainsi, mais c’est Dieu aussi qui nous élèvera. Si nous supportons toute cette misère et s’il reste toutefois encore des juifs, alors les juifs cesseront d’être des damnés pour devenir des exemples. Et qui sait, peut-être est-ce notre foi qui apprendra au monde, et avec lui à tous les peuples, ce qu’est le bien et est-ce pour cette raison, et cette raison seulement, que nous devons souffrir ? Nous ne pourrons jamais devenir uniquement néerlandais ou uniquement anglais, quel que soit le pays, nous resterons toujours des juifs en plus, nous devrons toujours rester juifs, mais nous voulons aussi le rester. Courage ! Restons conscients de notre tache et nous ne plaignons pas, la fin arrivera. Dieu n’a jamais abandonné notre peuple.

Cette réflexion d’Anne Franck qui malheureusement trouvera la mort en déportation résume bien la réflexion des Juifs ballottés dans les années de guerre qu’ils arrivent à survivre ou non.

Cette appréhension devant la folie nazie est exprimée dans la suite du psaume de cette génération :

Mon esprit tombe en défaillance en moi, en mon sein mon cœur est frappé de stupeur. J’évoque le souvenir des jours antiques, je pense à l’ensemble de tes actes, et médite sur l’œuvre de tes mains. Je tends les mains vers toi ; mon âme, telle une terre aride, (a soif) de toi, Sélah !

Cette foi en Dieu est même exprimée alors que la mort ne fait plus de doute :

  • Bien que[4] dans tous les camps se trouvent des faibles et des délateurs, qu’on appelle les « kapos », l’énergie de la plupart des prisonniers force l’admiration. Une volonté surhumaine de survivre anime les déportés, une espérance jaillit au plus profond de l’enfer. Le symbole en est ce chant de la tradition juive que, dit-on, les déportés ont sur lèvres en allant à la mort, « Ani maamin » : « Je crois en la venue du Messie, et même s’il tarde à venir, chaque jour qui passe je l’attends. »

holocaust illustration shutterstock_339138854Lorsque la mort arrive, les Juifs proclament la profession de foi juive comme l’atteste un témoignage d’Élie Rosenberg, un survivant de « l’équipe des cadavres » qui décrit les derniers instants d’un convoi de Juifs déportés à Treblinka:

  • Des SS[5] avec des chiens, cravache et baïonnette à la main, se tenaient le long de la Himmelsstrasse (« voie du ciel »). Les Juifs marchaient en silence. Ils ne savaient pas où ils allaient. À l’entrée des chambres à gaz, il y avait deux Ukrainiens ; l’un s’appelait Ivan et l’autre Nicolaï. Ce sont eux qui donnaient les gaz. Le gaz provenait d’un moteur. On y mettait quelque chose comme du pétrole ou du mazout. Les derniers arrivés aux chambres à gaz recevaient des coups de baïonnette ; parce que les premiers voyaient déjà ce qui se passait à l’intérieur et ne voulaient pas entrer. Quatre cents personnes pouvaient entrer dans cette chambre à gaz. C’est tout juste si l’on arrivait à fermer la porte extérieure de la chambre. Lorsqu’on les enfermait, nous nous trouvions de l’autre côté. À ce moment, nous entendions seulement les cris de « Chema Israël » (« Écoute Israël », titre de la plus sacrée des prières juives), « Papa », « Maman ». Au bout de trente-cinq minutes, ils étaient morts. Deux allemands se tenaient là et ils écoutaient ce qui se passait à l’intérieur. Ensuite, ils disaient « Tout dort… »

Si l’enfer a existé sur terre, alors il a sûrement pris place à Auschwitz. Pourtant au milieu de l’horreur, les Juifs du camp fêtent tous ensemble la nouvelle année qui s’annonce défiant ainsi les prévisions d’anéantissement des nazis, comme en témoigne Elie Wiesel :

  • La veille[6] de Rosh Hashana, dernier jour de cette année maudite (5704, 17 septembre 1944), tout le camp (Auschwitz) était électrisé par la tension qui régnait dans les cœurs. […]
  • Sur la place d’appel, entourés de barbelés électrifiés, des milliers de Juifs silencieux se sont rassemblés, le visage décomposé […]
  • Dix mille hommes étaient venus assister à l’office solennel, chefs de blocs, kapos, fonctionnaires de la mort.
  • Bénissez l’Éternel…
  • La voix de l’officiant venait de se faire entendre. Je crus d’abord que c’était le vent.
  • Béni soit le Nom de l’Éternel !
  • Des milliers de bouches répétaient la bénédiction, se prosternaient comme des arbres dans la tempête.
  • Béni soit le Nom de l’Éternel !
  • Pourquoi, mais pourquoi Le bénirais-je ? Toutes mes fibres se révoltaient. Parce qu’il avait fait brûler des milliers d’enfants dans ses fosses ? Parce qu’il faisait fonctionner six crématoires jour et nuit, les jours de Sabbat et les jours de fête ? Parce que sans Sa Grande Puissance Il avait créé Auschwitz, Birkenau, Buna et tant d’usines de la mort ? Comment Lui dirais-je « Béni Sois-Tu, l’Éternel, Maître de l’Univers, qui nous a élus parmi les peuples pour être torturés jour et nuit, pour voir nos pères, nos mères, nos frères finir au crématoire ? Loué soit Ton Saint Nom, Toi qui nous as choisis pour être égorgés sur Ton autel » ?
  • J’entendais la voix de l’officiant s’élever puissante et brisée à la fois, au milieu des larmes, des sanglots, des soupirs de toute l’assistance :
  • Toute la Terre et l’Univers sont à Dieu !
  • Il s’arrêtait à chaque instant, comme s’il n’avait pas la force de retrouver sous les mots leur contenu. La mélodie s’étranglait dans sa gorge […]
  • L’office s’acheva par le Kaddish. Chacun disait Kaddish sur ses parents, sur ses enfants, sur ses frères et sur soi-même.
  • Un long moment nous restâmes sur la place de l’appel. Personne n’osait s’arracher à ce mirage.

Cette action ultime des Juifs au sein de l’enfer d’Auschwitz est illustrée par la suite du psaume de cette génération :

Sans retard exauce-moi, ô Seigneur, mon esprit se consume,

L’esprit qui se consume est une métaphore illustrant bien l’élimination des Juifs dans les camps où les corps encore chauds sont incinérés dans les fours crématoires.

ne me dérobe point ta face, sinon je ressemblerais à ceux qui descendent dans la tombe.

Si la puissance nazie n’est pas contrecarrée, les Juifs seront anéantis.

Berlin 1945 annote shutterstock_249573196La prière du psalmiste est entendue, l’Allemagne est vaincue ne pouvant atteindre son but dans l’élimination du judaïsme et des Juifs en Europe et dans le monde. La saignée dans le judaïsme européen ne pourra être guérie.

La fin d’un monde : les Westjuden.

Les Westjuden sont les Juifs de la sphère allemande, ceux de l’Allemagne et de l’ex empire Austro-hongrois, que l’on peut résumer en quatre grandes métropoles aux communautés juives florissantes avant-guerre : Berlin, Vienne, Prague et Budapest.

PikiWiki_Israel_462_Immigration_to_Israel_שיירת_עולי_אף-על-פיContrairement aux Ostjuden sur lesquels les troupes nazies sont tombées sans leur laisser de possibilités réelles de fuite, de nombreux Westjuden en contact direct avec le pouvoir nazi dès son accession en subirent les premières brimades et purent chercher leur salut en s’expatriant.

First_Youth-Aliyah_group_walking_to_Ein_HarodAinsi de nombreux Juifs allemands trouvèrent refuge en terre d’Israël dans les années 1930 lorsque l’émigration était encore possible voire encouragée par le pouvoir nazi.

Les sionistes « westjuden », avant la montée du nazisme, avaient milité pour un foyer Juif en Palestine afin d’orienter les flux migratoires d’Ostjuden vers la Palestine plutôt que de leur faire de l’ombre en choisissant les territoires allemands. Par une ironie de l’histoire, ils durent nombreux se résoudre à émigrer en Palestine y apportant d’ailleurs des forces nouvelles non négligeables.

L’avènement du nazisme représente la catastrophe que l’on sait pour le judaïsme européen, il matérialise aussi l’échec des Juifs allemands à se faire accepter comme des citoyens normaux. Contrairement aux Ostjuden, nombreux sont ceux qui n’ont pas hésité à abandonner la religion de leurs pères pour tenter de se faire accepter, mais cela a été vain. Ils ne furent plus Juifs mais ne devinrent pas allemands, ils naviguaient entre deux mondes sans appartenir à aucun d’eux.

En France la déclaration des droits de l’homme permit aux Juifs de vivre en citoyen à part entière sans nécessité de renier leur foi, ce n’était pas le cas en Allemagne ou le ticket d’entrée dans la germanité nécessitait la conversion au christianisme comme le déclarait Heinrich Heine, sans que le ticket d’entrée d’ailleurs soit réellement valide.

Si la Révolution française a permis la contagion en Europe de l’émancipation des Juifs, ceux-ci en terres allemandes ont perdu leur identité et leurs racines sans pouvoir s’approprier celles du peuple hôte. Petit à petit le Westjuden est devenu une Juif sans Dieu.

Les Juifs allemands ont fait le mauvais choix dès le départ de l’Aufklärung en voulant être des Allemands « normaux », ils ont de fait abandonné leur spécificité et leurs racines juives sans finalement se faire accepter comme allemand. À l’image d’Hanna Arendt ils devinrent apatrides chez eux et sans racines.

Après la Révolution française, l’invasion napoléonienne a réveillé au sein des terres allemandes conquises un sentiment national fort centré autour de la notion de peuple (volk) et surtout autour de la notion de race, la race aryenne qui lentement mais sûrement mènera à la catastrophe du vingtième siècle.

Si les Juifs ne furent pas les seuls à souffrir de la Seconde Guerre mondiale, ils sont les seuls dont la présence souvent millénaire a été effacée durablement d’Europe que ce soit à l’Est ou à l’Ouest.

La résurrection d’un monde : les Juifs en Erets Israël.

lossy-page1-745px-In_the_cellar_of_the_Race_Institute_in_Frankfurt,_Germany,_Chaplain_Samuel_Blinder_examines_one_of_hundreds_of..._-_NARA_-_531306.tifPour les survivants de la Shoah, se pose la question de l’après.

Le peuple Juif a été décimé, maintenant que le pouvoir nazi est à terre, c’est la fin des ténèbres et l’aurore qui pointe mais pour quelle destinée pour le peuple Juif ?

Cette interrogation est exprimée dans la suite du psaume de cette génération :

Dès le matin, annonce-moi ta grâce, car j’ai mis confiance en Toi ; fais-moi connaître le chemin que je dois suivre, car vers Toi j’élève mon âme.

Der Grossmufti von Palästina vom Führer empfangen. Der Führer empfing in Gegenwart des Reichsministers des Auswärtigen von Ribbentrop den Grossmufti von Palästina, Sayid Amin al Husseini, zu einer herzlichen und für die Zukunft der arabischen Länder bedeutungsvollen Unterredung. 9.12.41 Presse HoffmannLa Palestine est aussi un enjeu important du plan nazi auquel se rallient sans problème de conscience certains dirigeants arabes. Ainsi le grand mufti de Jérusalem, n’hésita pas à rechercher des appuis pour combattre les Juifs auprès des dictatures d’Europe, d’abord avec Mussolini puis avec Hitler avec lequel il obtint une entrevue en novembre 1941, pendant laquelle la position nazie ne put que lui convenir :

  • Hitler[7] se réjouit de constater qu’ils avaient les mêmes ennemis : « L’Allemagne était engagée dans un combat à mort avec deux bastions du pouvoir juif – la Grande Bretagne et l’Union Soviétique. »
  • Et naturellement il n’y aurait jamais d’État juif en Palestine. Le Führer fit même une allusion discrète à sa « Solution finale » au problème juif : « L’Allemagne était déterminée, pas à pas, à demander à chaque pays européen de résoudre son problème juif. » Dès que « les armées allemandes auront atteint l’extrémité sud du Caucase, l’unique objectif de l’Allemagne sera de détruire l’élément juif résident dans la sphère arabe », lui assura Hitler.

Auparavant, en terre[8], d’Israël, les événements en Europe du début du siècle dopent l’émigration et l’essor économique de la communauté juive. Entre 1924 et 1926, la quatrième alya est constituée de 70 000 immigrants, surtout en provenance de Pologne. C’est la belle époque de la Palestine juive. Le Yishouv, dont la population s’élève à 157 000 habitants, connaît une prospérité économique inégalée.

L’optimisme est partout, jusqu’à la dépression économique de 1929 qui frappe de plein fouet la très fragile économie de l’entreprise sioniste.

Le livre blanc de 1930 restreint l’immigration juive en Palestine. La prise de pouvoir par Hitler rend la question de l’immigration brûlante, grâce à la nouvelle orientation de Ramsay Macdonald et à la largeur de vues du nouveau haut-commissaire, le général Arthur Wauchope (1931-1937), l’intégration de 40 000 immigrants allemands en 1934 et de 62 000 en 1935 se fait dans des conditions satisfaisantes : plus de deux cent dix mille immigrants entre 1933 et 1939.

Constituant la cinquième Aliyah, les nouveaux venus dopent à nouveau l’économie du Yishouv.

Sans aucun doute, le dynamisme et la bonne santé économique du Yishouv sont parmi les causes majeures de la révolte arabe qui, entre 1936 et 1939, embrase la Palestine. Les premiers incidents graves éclatent des 1931, mais la rébellion ne se généralise à l’ensemble du pays qu’à partir de novembre 1935, à la suite de la mort, dans un accrochage avec les Anglais, du Shaykh ‘Izz al-Din al-Qassam, né en Syrie et arrivé en Palestine en 1926. Installé à Haïfa, il crée une association de jeunes musulmans qu’il lance immédiatement dans des actes de guérilla contre les Anglais et les sionistes.

Lord_Peel_1936_bEn avril 1936, après une tentative de grève générale infructueuse à l’initiative du Mufti de Jérusalem (qui s’illustrera dans sa collaboration avec les nazis) une paix précaire s’instaure en Palestine, émaillée d’attentats sur les routes, d’incendies des récoltes, de manifestations et de campagnes de boycott des marchandises juives, jusqu’en juillet 1937, date à laquelle la commission Peel propose un plan de partage de la Palestine ente un État arabe et un État juif. Le premier, s’étendant de part et d’autre du Jourdain, devait couvrir 75 % de la superficie du pays. Le second, moins de 20 % du territoire.

Le plan Peel limite aussi l’immigration à 12 000 juifs par an. Le partage est approuvé du bout des lèvres par les instances sionistes, mais rejetées en bloc par les Palestiniens. Antibritannique et antisioniste, la révolte arabe reprend aussitôt. Appuyés par des volontaires venus de Syrie et d’Irak, les rebelles parviennent à contrôler de vastes étendues autour de Hébron, Naplouse, Béer Sheva et Jérusalem, dont la vieille ville a été abandonnée massivement par ses habitants juifs, ainsi que Jaffa.

Nazareth_1936_001La situation est jugée suffisamment explosive pour que Londres décide en 1938 de dépêcher 25 000 hommes supplémentaires qui permettront de mater la révolte avec de nombreux morts dans les rangs arabes. Des centaines de cadres parmi les plus entreprenants périssent, les autres sont soit expulsés soit en fuite, ce qui facilitera la tache des troupes juives pour les combats à venir jusqu’à la première guerre israélo-arabe en 1947-1948.

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Mais la proximité de la Seconde Guerre mondiale pousse l’Angleterre à se rapprocher des pays arabes, surtout l’Égypte et l’Irak. La conséquence est la publication d’un nouveau livre blanc qui interdit pratiquement aux Juifs d’acheter de nouvelles terres et qui remet largement en cause les promesses de la déclaration Balfour :

  • Le 17 mai 1939 Londres publie un nouveau Livre blanc, limitant l’immigration juive à 75 000 personnes pour les cinq années à venir et la subordonnant, à partir de 1944, au consentement des Arabes. Perspective non moins menaçante pour les sionistes : dans un délai de dix ans serait créé un État indépendant en Palestine dans lequel les Juifs ne devraient pas excéder plus d’un tiers de la population. C’était la mort annoncée du Foyer national juif, promis par la déclaration Balfour de 1917.

Pendant que les restrictions sont apportées à l’immigration juive à la veille de la Seconde Guerre mondiale, avec ce qui sera pour de nombreux Juifs d’Europe l’équivalent d’un arrêt de mort, une immigration arabe importante se produit ce qui ne sera pas sans conséquence sur les futurs conflits israélo-arabes.

PikiWiki_Israel_20671_The_PalmachDe fait, la résistance arabe à une coexistence entre Juifs et Arabes sur la Terre d’Israël alors que celle-ci a de quoi abriter les deux communautés et que les Juifs y sont présents sans discontinuité depuis des siècles étant majoritaires à Jérusalem depuis des générations active la volonté juive de posséder un État, ce qui n’était pas l’objectif des premières générations sionistes :

  • L’idée[9] de la création d’un État juif n’est pas apparue avec la Shoah. Elle était dans l’air dès la fin des années 1920, au lendemain des émeutes arabes de Jérusalem et Hébron. Elle prit définitivement corps au début de la guerre, quand personne ne pouvait encore imaginer l’étendue du désastre qui allait s’abattre sur les Juifs. Réuni en mai 1942 en convention extraordinaire à l’hôtel Biltmore à New York, à l’initiative de Ben Gourion et de Chaïm Weizmann, la création, immédiatement après la guerre, d’un État (Commonwealth) juif intégré dans le nouveau monde démocratique. L’histoire du mouvement sioniste prenait là un tournant capital rendant inévitable le choc avec la Grande Bretagne, qui persistait dans son refus d’apporter la moindre modification au Livre blanc de 1939.
  • La Seconde Guerre mondiale touchant à sa fin, Ben Gourion ne repoussa plus l’usage de la force non seulement contre les Arabes, mais aussi contre les soldats britanniques. […]
  • À la fin de la guerre, les dirigeants sionistes remettent sur le tapis la question de l’immigration juive, celle notamment des « derniers survivants » de la « Catastrophe ». De 1945 à 1948, plus de 70 000 émigrés clandestins tenteront en vain d’approcher les côtes de la Palestine à bord de 66 embarcations. Interceptés par la marine britannique, ils seront reconduits systématiquement à Chypre ou en Allemagne, non loin des camps, où, quelques mois plus tôt, ils avaient subi les pires sévices.
  • Le départ de Churchill de la scène politique au milieu de 1945 […] précipite la dégradation des relations entre la Grande Bretagne et les sionistes. Ne voulant guerre compromettre leurs bonnes relations avec les États arabes, les travaillistes (anglais) mènent une politique carrément antisioniste et rejettent toutes les requêtes humanitaires qui leur sont présentées, de toutes part, pour accueillir en Palestine une partie des survivants de la Shoah.

Exodus_(1)À la fin de la guerre, la question de la Palestine est remise à l’ordre du jour par l’ONU, organisation mondiale qui remplace la SDN d’avant-guerre qui avait montré son inefficacité.

La réaction de rejet arabe de toute entité juive est immédiate et relève vraisemblablement plus de l’idéologie religieuse (une terre qui a été musulmane est musulmane éternellement et ne peut donc être sous juridiction non musulmane) que d’une quelconque idéologie nationale (la plupart des Arabes palestiniens sont issus de l’immigration comme la plupart des Juifs de Palestine) :

  • Le 28 avril 1947[10], l’Assemblée générale de l’Onu nomme un comité spécial, l’United Nations Special Committee on Palestine (UNSCOP), chargé de proposer une solution au conflit. Ce sera chose faite moins de quatre mois plus tard, l’UNSCOP recommandant la partition de la Palestine et la création de deux États, l’un palestinien, l’autre, juif, liés par une union économique, ainsi que l’internationalisation de Jérusalem. […]
  • Ajouté aux attaques dirigées contre ses soldats et ses fonctionnaires en Palestine, le rapport de l’UNSCOP a jeté le plus grand désarroi au sein du Cabinet britannique qui voit sa politique s’effondrer. Le 11 novembre 1947, Londres, craignant de s’aliéner les États arabes, rend publique son opposition aux conclusions de la commission internationale en même temps que sa décision de mettre fin à sa présence en Palestine, à la date du 14 mai 1948. Quelques jours plus tôt, les États-Unis et l’Union Soviétique ont exprimé leur soutien aux recommandations de l’UNSCOP. La voie vers le partage de la Palestine est désormais tracée : le 29 novembre 1947, en effet, l’Assemblée générale de l’Onu approuve la création d’un État juif par 33 voix (dont celle des États-Unis, de la France, de l’URSS et de tous les pays du Commonwealth à l’exception de la Grande Bretagne), 13 contre (celle des 11 pays musulmans en plus de la Grèce et de Cuba), et 10 abstentions parmi lesquelles celle de la Grande-Bretagne. En représailles, les autorités britanniques laissent pénétrer en Palestine un grand nombre de volontaires arabes venus des pays voisins, ainsi que de grandes quantités d’armes et de munitions destinées au Haut Comité arabe, toujours dirigé par le mufti de Jérusalem qui, depuis la fin de la guerre, vit en exil au Caire. Le 10 novembre 1947, un autobus reliant Natanya à Jérusalem est attaqué près de Pétah-Tikva. Six de ses passagers juifs sont tués. La première guerre israélo-arabe vient de commencer.

Declaration_of_State_of_Israel_1948_2Des premières opérations de réaction cotée arabe à la décision de l’UNSCOP puis du côté juif font déjà de nombreux morts de part et d’autre. Grâce entre autres aux armes fournies par la Tchécoslovaquie, les Juifs enregistrent des succès militaires. Ces succès sèment la panique du côté arabe, la guerre change d’aspect:

  • Le 15 mai 1948[11], le jour même de la proclamation de l’État d’Israël à Tel-Aviv, les États arabes mettent à exécution leurs menaces en envahissant l’État hébreu. Peu de temps auparavant, le secrétaire de la Ligue arabe, ‘Abd al-Rahman ‘Azzam avait prévenu qu’il s’agirait d’une « guerre d’extermination » et (d’)un immense massacre dont l’histoire retiendra le nom comme ceux des Mongols et des croisés. La liquidation de l’État juif « est le but ultime de cette invasion », précise pour sa part Ahmed Choukeiri, appartenant à l’époque à l’entourage immédiat du Mufti de Jérusalem, al-Hajj Amin al-Husseini.
  • Insuffisamment entraînés, mal équipés et sans plan stratégique commun ni coordination tactique dignes de ce nom entre les différentes forces expéditionnaires, les armées arabes n’avaient, en fait, aucune chance de vaincre les forces juives qui les surclassaient sur le plan tactique et même numériquement, grâce notamment à leurs trente mille vétérans de l’armée britannique. Mais, victimes de leur propre démagogie, les dirigeants politiques et la presse arabes ont fait croire à leurs peuples que l’entrée en Palestine allait être une parade de plaisir et la conquête de Tel-Aviv un jeu d’enfants. La réalité allait être tout autre.

Israel-1947-1949L’armée israélienne finit par défaire complètement les armées arabes, les premiers accords d’armistice sont signés entre janvier et @@1949. À la fin de cette génération, les Juifs ont réintégré leur foyer ancestral, Israël est après près de deux mille ans d’exil à nouveau une entité juive.

Ainsi bien que cette génération soit la plus noire de l’exil elle se termine sur la bienveillance de l’Eternel envers son peuple sur laquelle le psalmiste conclue le psaume de cette génération :

Délivre-moi de mes ennemis, Éternel, car c’est en Toi que je cherche un abri.

L’empire nazi s’est effondré, les Juifs ont subi de lourdes pertes, mais le nazisme a été effacé pas le judaïsme.

Enseigne-moi à accomplir Ta volonté, car c’est Toi qui es mon Dieu ; que ton esprit bienveillant me guide sur un sol uni !

Le retour sur la terre ancestrale après les affres de deux mille ans d’exil illustre de façon évidente ce passage.

En faveur de Ton Nom, Eternel, tu me conserveras en vie ; dans ta justice, tu libéreras mon âme de la détresse. Dans Ta bonté, tu anéantiras mes ennemis, Tu feras périr tous ceux qui me sont hostiles, car je suis ton serviteur.

 

 

[1] (sous la direction de) Emmanuel Haymann : « Pages juives ». Extrait du poème « Holocauste » écrit par Charles Reznikoff. (p. 320).

[2] Expression donné par l’historien américain Arno Mayer pour désigner la Shoah. (cité par : (Collectif Antoine Germa/Benjamin Lellouch/Evelyne Patlagean) : « Les Juifs dans l’histoire ». Chapitre de Régine Azria: « Les Juifs dans le monde depuis la seconde guerre mondiale». (p. 629).

[3] (sous la direction de) Emmanuel Haymann : « Pages juives ». Extrait d’une lettre d’Anne Frank du 6 avril 1944. (p. 307)

[4] Renée Neher-Bernheim : « Histoire juive de la Révolution à l’État d’Israël ». (p. 1087)

[5] Léon Poliakov : « Histoire de l’antisémitisme, 2 – l’âge de la science ». (p. 512).

[6] Renée Neher-Bernheim : « Histoire juive de la Révolution à l’État d’Israël ». (p. 1119,1120). Le livre cite un extrait de « La Nuit » d’Élie Wiesel.

[7] Simon Sebag Montefiore : « Jérusalem, Biographie ». Chapitre : « La révolte arabe ». (p. 541,542)

[8] D’après : Michel Abitbol : « Histoire des Juifs, de la Genèse à nos jours ». Chapitre : « Une nouvelle géographie juive ». (p. 523 à 530), et Renée Neher-Bernheim : « Histoire juive de la Révolution à l’État d’Israël ». (p. 804 à 806)

[9] Michel Abitbol : « Histoire des Juifs, de la Genèse à nos jours ». Chapitre : « Une nouvelle géographie juive ». (p. 615,616)

[10] Michel Abitbol : « Histoire des Juifs, de la Genèse à nos jours ». Chapitre : « Une nouvelle géographie juive ». (p. 618-619)

[11] Michel Abitbol : « Histoire des Juifs, de la Genèse à nos jours ». Chapitre : « Une nouvelle géographie juive ». (p. 621)