470 à 490, psaume 71 : Talmud de Babylone.

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Dans cette génération, le crépuscule de l’empire romain d’Occident se confirme.

Le dernier empereur Romulus Augustule est déposé par le puissant chef germain Odoacre en septembre 476. Cette date est souvent retenue comme fin de l’empire d’Occident.

Romulus_Augustulus_and_OdoacerÀ Byzance, Léon 1er meurt en 474.

C’est Zénon son gendre, qui lui succède après que son propre fils officiellement nommé par Léon lui cède le pouvoir. Zénon fait la paix avec les vandales. Il continue à régner tout au long de cette génération, devant déjouer de nombreuses tentatives de renversement principalement de la part de ses proches.

Au niveau du royaume Perse, Pérôz meurt en 484 dans une nouvelle bataille contre les Hephtalites où l’armée sassanide est défaite. Balash lui succède pendant quatre ans (484-488) avant que Qobâd lui succède à sa mort, les deux étant fils de Pérôz.

Si le sort des Juifs dans l’ensemble du monde de cette génération ne s’améliore guère, une certaine accalmie est à noter. Cela est mis à profit pour la finalisation du Talmud de Babylone. Sa rédaction qui avait commencé au début du IVe siècle est terminée par Rabbina (474-499).

L’importance de la compilation du talmud de Babylone pour la préservation du judaïsme à travers les âges est primordiale :

  • Si[1] la Bible est le fondement du judaïsme, le Talmud en est le pilier central. Aux plans spirituel et intellectuel, il est la clef de voûte de la vie juive.
  • Le Talmud est composé de deux éléments : la Michna, premier résumé écrit de la Loi orale, et la Guemara (appelé Talmud au sens restreint du terme) qui, d’un point de vue formel, est une explication et un commentaire de la Michna. Comme outil législatif, l’importance du Talmud est évidente, mais il n’explique ni sa place centrale ni sa signification vitale pour le judaïsme.
  • Pour appréhender ce que le Talmud a d’incomparable, il faut d’abord comprendre clairement la notion juive, très particulière, de l’étude de la Tora, dont participe le Talmud.
  • Certes, l’étude de la Torah (écrite et orale) peut être perçue comme un moyen – indispensable – pour définir et comprendre la législation et les instructions de la Torah. Mais cette approche ne traduit pas le véritable objectif de l’étude et laisse bien des choses inexpliquées ; pourquoi, entre autres, le judaïsme a développé cette vénération de l’étude de la Torah, qui s’exprime à travers la littérature rabbinique.
  • On y rapporte, par exemple, ce verset des proverbes (8,11) : « Tous les objets désirables ne valent point (l’étude de la Torah) » : Et de commenter : « Même les désirs du Ciel – entendez : les commandements – ne la valent point » (Mo’ed Katan 9b).
  • Ou encore : « Voici les actions pour lesquelles on touche les intérêts en ce monde-ci alors que le capital nous est conservé dans le monde futur : honorer père et mère, accomplir des actes de bonté, œuvrer pour établir la paix entre les hommes, mais par-dessus tout étudier la Torah » (Michna Pèa 1,1).
  • Dire que l’étude de la Torah est au-dessus de toutes ces qualités implique qu’elle dépasse le strict accomplissement des commandements et qu’elle est bien plus qu’un simple auxiliaire de l’observance, car si l’étude de la Torah n’était qu’un aide-mémoire, un guide pratique des commandements, comment pourrait-elle être plus importante que ses diverses applications dans la vie religieuse ?
  • En fait, comme l’indique sa racine hébraïque, la Torah est une forme d’enseignement. Elle enseigne le chemin à suivre mais aussi… une manière de penser le monde, ce qui concerne notre vie terrestre, et recherche le sens profond des choses ! Qu’il s’agisse d’un objet concret, matériel, ou abstrait et spirituel, qu’il exprime une réaction immédiate, vitale ou purement théorique et sans application directe, dès lors qu’il a quelque rapport avec une perspective juive, il ne saurait être étranger à la Torah dont participe… le Talmud.

C’est ce rempart pour le monde Juif que constitue le Talmud de Babylone que David évoque dans le début du psaume de cette génération :

En Toi Seigneur, je m’abrite ! Puissé-je n’être jamais déçu !

Le Talmud représente un refuge pour le peuple Juif

Dans Ta justice, sauve-moi, retire-moi du danger ; incline vers moi Ton oreille, et viens à mon secours. Sois pour moi un rocher tutélaire, toujours accessible ; fais-toi une loi de me prêter assistance, car Tu es bien mon rocher et ma citadelle.

Par l’étude de la Torah à travers le Talmud, le peuple confirme son adhésion pleine à l’alliance divine et sa confiance.

Mon Dieu, délivre-moi de la main du méchant, de la poigne de l’homme inique et violent. Car Tu es mon espoir, Seigneur Dieu, ma sauvegarde depuis ma jeunesse. Sur Toi je m’appuie depuis mon enfance ; c’est toi qui m’as tiré des entrailles de ma mère, Tu es l’objet constant de mes louanges.

C’est le don de la Torah qui a donné naissance au peuple Juif qui en est reconnaissant de génération en génération.

Pour beaucoup, j’ai l’air d’un insigne prodige, mais Toi, Tu es mon solide abri. J’ai la bouche pleine de louanges ; sans cesse je prône Ta gloire.

Bien que nous soyons dans une période intermédiaire où les Juifs ont quelques répits aussi bien en empire chrétien qu’en empire Perse, la place des Juifs est de plus en plus précaire du fait du renforcement des théories faisant des Juifs, le peuple déchu. Malgré cela, le peuple Juif au lieu de se décourager renforce sa foi en Dieu, foi matérialisée par la rédaction finale du Talmud de Babylone.

Ne me rejette pas au temps de ma vieillesse ; alors que ma vigueur est épuisée, ne m’abandonne point. Car mes ennemis s’entretiennent de moi, ceux qui guettent ma vie se concertent ensemble. Ils disent : « Dieu l’a délaissé, courez lui sus, empoignez-le, car il n’est personne pour le sauver ! ». Ô Dieu, ne Te tiens pas éloigné de moi ; mon Dieu, hâte-Toi de me venir en aide. Qu’ils soient confondus, réduits à néant, ceux qui me vouent leur haine, qu’ils soient enveloppés de honte et d’ignominie, ceux qui cherchent mon malheur !

Cette génération marque également la fin des derniers liens avec la terre d’Israël, les Juifs y sont de plus en plus minoritaires et les Chrétiens se sont approprié tous les hauts lieux. La gloire passée du peuple d’Israël s’efface petit à petit pour laisser place à un exil total, Israël a perdu sa vigueur et comme un vieillard erre sans force au sein des nations. David prie Dieu pour qu’il ne l’abandonne pas dans un moment aussi propice pour ses ennemis.

Pour moi, je serai toujours plein d’espoir, et j’ajouterai à toutes les louanges. Ma bouche proclamera ton équité, tout le temps, Ta protection, car je suis impuissant à tout énumérer. Je me présenterai avec tes hauts faits, ô Seigneur Dieu, je célébrerai Ta justice à Toi seul. Ô Dieu, Tu m’as appris à les connaître dès ma jeunesse, et jusqu’à ce jour, j’annonce tes merveilles. Aussi, jusque dans ma vieillesse et sous les cheveux blancs, Tu ne m’abandonneras pas, ô Dieu, pour que je puisse révéler ta force à ma génération, Ta puissance à toute Ta postérité. Ta justice, ô Dieu, atteint, en effet, jusqu’au ciel : Tu accomplis de grandes choses : ô Dieu, qui est comme Toi ?

Sur du soutien divin pour le reste de la nuit, David renouvelle sa confiance matérialisée dans cette génération par le Talmud qui permettra à toutes les générations à venir de proclamer la gloire divine en dépit des malheurs apparents touchant le peuple Juif.

Toi qui m’as fait voir des épreuves nombreuses et cruelles, à nouveau Tu me rendras la vie, à nouveau Tu me feras remonter du fond des abîmes. Tu accroîtras ma grandeur, et Tu te retourneras vers moi pour me consoler. En retour, moi, je Te louerai au son du luth, pour ta bonté fidèle, ô mon Dieu ; je te chanterai avec la harpe, ô Saint d’Israël ! Mes lèvres entonneront des cantiques, lorsque je voudrai te célébrer, ainsi que mon âme qui Te doit sa délivrance. Oui, ma langue proclamera Ta justice tout le long du jour, car ils auront été confondus, couverts de honte, ceux qui voulaient mon malheur.

David conclut en renouvelant sa croyance en la résurrection finale qui permettra alors au peuple Juif d’exprimer sa gratitude envers Dieu avec des célébrations nouvelles dignes de l’ancien temple de Salomon détruit.

 

 

[1] Le Talmud – édition Steinsaltz – Guide et lexiques/Chapitre : Introduction (p1 et 2)