250 à 270, psaume 60 : Nehardea.

acces-psaume-fotolia_102515739_subscription_monthly_mhelp-bouton-fotolia_61356253_subscription_monthly_mButton aus zwei Puzzlestücken zeigt E-Mail KontaktButtonsButtons1024px-Shabbath_guest_NehardiaAlors que le Judaïsme Babylonien avait réussi à prendre le flambeau du Judaïsme palestinien et que le nouveau roi de Perse Chahpuhr 1er se montre plus clément que son prédécesseur envers les Juifs de Perse, la lutte entre les deux empires de l’époque, Rome et le Perse remet en cause cette situation propice au développement du Judaïsme Babylonien :

  • Chahpuhr[1] 1er (241-272) avait besoin d’argent pour lutter contre Rome, il épargna donc les Juifs et toutes les minorités religieuses. L’empereur Valérien fut vaincu et fait prisonnier (260), mais cette victoire perse fut rendue vaine par Odenath et Zénobie, souverains de Palmyre alliés à Rome, qui, par deux fois, repoussèrent les Perses jusqu’à Ctésiphon (en 263 et 265) et occupèrent les provinces orientales de l’Empire romain de 260 à 272. Les Juifs avaient, avec un acharnement particulier, lutté contre les Romains et les Palmyréniens ; de ce fait, les envahisseurs se vengèrent en rasant la ville de Nehardea et notamment l’académie rabbinique qui s’y trouvait (260).

1024px-Palmyre_-_théâtre_panoLe royaume de Palmyre ancien fief des Ammonites vient entraver l’expansion du judaïsme Babylonien.

C’est cet événement, la chute de Nehardea, que David évoque au début du psaume de cette génération :

Ô Dieu, Tu nous as délaissés, tu as fait une brèche parmi nous, Tu T’es irrité : puisses-Tu réparer nos pertes !

Nehardea, avec Soura était le cœur du judaïsme Babylonien qui va à travers le Talmud de Babylone construire l’identité juive en exil nécessaire à sa survie. La destruction de cette académie aurait pu avoir sur cette construction la même conséquence que la brèche ouverte par les romains dans les défenses de Jérusalem. De même que le Temple, l’identité matérielle du judaïsme, a été détruit suite à l’ouverture de cette brèche, l’identité spirituelle aurait pu ne pas survivre à la destruction de Nehardea. La supplique de David sera écoutée à la prochaine génération avec la fondation de Poumbédita.

Tu as fait trembler le pays, Tu y as ouvert des crevasses ; restaure ses ruines, car il vacille.

La destruction de Nehardea complète celle du Temple et celle consécutive à la révolte de Bar Kokhba et menace l’édifice du judaïsme.

Tu en as fait voir de dures à Ton peuple, Tu nous as forcés de boire un vin de vertige : puisses-tu donner à tes adorateurs une bannière, pour s’y rallier au nom de la vérité.

La bannière sera bientôt établie avec la rédaction du Talmud de Babylone.

Mais comme la chute de la dynastie Davidique et l’exil de la terre d’Israël n’ont pas suffi à faire disparaître le peuple juif, la destruction de l’académie Babylonienne n’empêchera pas les sages de continuer leur œuvre et de finir de rédiger le Talmud Babylonien qui est le ciment du peuple Juif depuis de nombreux siècles.

Ni l’esprit de David ni celui des sages babyloniens ne quitteront le peuple Juif qui pourra avec leur aide retrouver sa souveraineté et sa place auprès de Dieu à la fin des temps.

C’est cela que David évoque dans la suite du psaume où la citation de Galaad (Frontalier des Ammonites, soit Palmyre), Moab (Aire Perse) et d’Edom (Rome) à la vue des événements de cette génération n’est pas fortuite :

Sélah ! Afin que Tes bien-aimés échappent au danger, secours-nous avec Ta droite, et exauce-moi ! L’Éternel l’a annoncé en son sanctuaire : « Je triompherai, Je veux m’adjuger Sichem, mesurer au cordeau la vallée de Souccoth. À moi Galaad ! À moi Manassé ! Ephraïm est la puissante sauvegarde de ma tête, Juda est mon sceptre. Moab est le bassin où Je me lave ; sur Édom, je jette ma sandale. Chante donc victoire contre moi, pays des Philistins ! » Qui me conduira à la ville forte ? Qui saura me mener jusqu’à Édom ? Ne sera-ce pas Toi, ô Dieu, Toi qui nous as délaissés, qui ne faisais plus campagne avec nos armées ? Prêtes-nous secours contre l’adversaire, puisque trompeuse est l’aide de l’homme. Avec Dieu nous ferons des prouesses : c’est lui qui écrasera nos ennemis.

 

 

[1] Dictionnaire Encyclopédique du Judaïsme/Cerf-Laffont/Esquisse de l’histoire du peuple Juif- Le monde antique et médiéval : Babylone (la période des Sassanides) p1138.