-30 à -10, psaume 46 : La terre tremble.

acces-psaume-fotolia_102515739_subscription_monthly_mhelp-bouton-fotolia_61356253_subscription_monthly_mButton aus zwei Puzzlestücken zeigt E-Mail KontaktButtonsButtons

earthquake shutterstock_384317785Cette génération est marquée par la poursuite du règne d’Hérode. En dehors de ses efforts pour éviter que sa belle famille dirigée par Alexandra sa belle-mère ne lui reprenne la couronne, Hérode se montre un roi exemplaire dans la défense de son royaume.

Voulant préserver son alliance avec Antoine, il déjoue les pièges de Cléopâtre en ne cédant ni à ses avances ni à la tentation de l’éliminer.

Lorsque Antoine et Auguste se disputaient la possession de Rome, Hérode suivant les conseils d’Antoine plutôt que de porter secours à son allié mena la guerre contre les Arabes qui n’avaient pas respecté un accord.

De fait, Antoine avait agi sur les conseils de Cléopâtre qui voyait d’un bon œil qu’Arabes et Juifs s’épuisent mutuellement dans de tels combats (Cléopâtre avait des ambitions sur la région). Hérode est victorieux, mais il ne peut en tirer bénéfice, car les armées de Cléopâtre qui ne seraient pas intervenues en cas de victoire des Arabes, tombent sur les Juifs par surprise provoquant ainsi de lourdes pertes ce qui finalement profite aux Arabes qui reprirent ainsi de façon inespérée l’avantage. Hérode arrive trop tard pour éviter le carnage mais sait garder le contrôle de la région.

C’est dans ce contexte où Hérode est affaibli du fait des manœuvres de Cléopâtre qu’un violent tremblement de terre se produit en Judée :

  • En[1] la septième année du règne d’Hérode, qui était celle où ma bataille d’Actium (-31, mais il est plus vraisemblable que cet événement ait eu lieu en -27 où un tremblement de terre a aussi été ressenti en Égypte) se donna entre Auguste et Antoine, il arriva en Judée le plus grand tremblement de terre que l’on ait jamais vu ; la plupart du bétail fut tué, et près de dix mille hommes se trouvèrent accablés sous les ruines de leurs maisons. Mais les gens de guerre ne reçurent point de mal à cause qu’ils étaient campés à découvert. Il n’est pas croyable combien cette perte, que l’on publiait encore plus grande par la haine que les autres nations portaient à la nôtre, réchauffa le cœur des Arabes. Ils s’imaginèrent que toutes nos villes étaient détruites et qu’il ne restait personne pour leur résister Ainsi, au lieu d’avoir quelque compassion du malheur des Juifs, ils tuèrent les ambassadeurs qu’ils leur envoyèrent pour leur demander la paix, et marchèrent contre eux avec non moins d’ardeur que de promptitude et de joie.

Hérode, face à cette nouvelle menace sait motiver ses troupes :

  • Mais[2] quand ils (les Arabes) seraient aussi redoutables qu’on veut se le persuader, cela ne devrait-il pas fortifier plutôt qu’affaiblir notre courage, puisque la véritable valeur ne consiste pas à surmonter des lâches et des timides, mais à vaincre les plus braves et les plus vaillants ? Que s’il s’en trouve parmi nous que nos afflictions domestiques et ce dernier tremblement de terre aient étonnés, ils doivent considérer que c’est ce qui a trompé les Arabes, parce qu’ils ont cru le mal plus grand qu’il n’est, et rien ne nous serait plus honteux que de concevoir de la crainte de ce qui leur donne de la hardiesse ; car n’est-il pas visible que celle qu’ils témoignent ne procède point de confiance en leurs forces, mais seulement de ce qu’ils considèrent comme abattus et accablés par tant de maux ? Ainsi lorsqu’ils nous verront aller hardiment à eux, leur audace s’évanouira, leur peur augmentera notre courage, et nous n’aurons à combattre que des gens à demi vaincus. Nos maux ne sont point sans doute si grands que quelques-uns se le persuadent, puisque ce tremblement de terre n’a pas été causé par la colère de Dieu contre nous, mais par l’un de ces accidents que des causes naturelles produisent. Et quand il serait arrivé par la volonté de Dieu, pourrions nous douter que sa colère ne soit satisfaite par ce châtiment, puisque autrement Il ne l’aurait pas fait cesser, ni fait voir comme Il a fait par des signes manifestes qu’Il approuve comme juste la guerre que nous avons entreprise ? Car ce tremblement de terre ayant été général dans tout le reste du royaume, vous seuls qui étiez en armes en avez été préservés, et ainsi si tout le peuple fut comme vous venu à la guerre, personne n’aurait eu de mal. Après avoir donc attentivement considéré toutes ces choses, surtout que Dieu n’a point manqué dans tous les temps d’être votre protecteur, marchez avec une ferme confiance en la justice de votre cause contre cet impie et perfide nation qui a violé les traités les plus inviolables, qui a toujours fui devant vous et qui n’a témoigné de la hardiesse que pour assassiner des ambassadeurs.

Cette situation et la harangue d’Hérode sont bien illustrées par le début du psaume de la génération :

Dieu est pour nous un abri, une force, un appui dans les tourments, facilement accessible. Aussi ne craindrions-nous rien, dût la terre bouger de sa place, et les montagnes s’abîmer au sein de l’océan ; dussent ses flots gronder et bouillonner, et les montagnes trembler quand il entre en fureur !

La harangue d’Hérode fut son effet et son armée se mit en route :

  • Cette[3] harangue d’Hérode anima de telle sorte ses troupes qu’elles ne demandèrent plus que d’en venir à une bataille. Il ordonna des sacrifices selon la coutume, fit sans perdre de temps passer le Jourdain à son armée pour marcher contre les Arabes, et se campa proche d’eux.

Ce passage symbolique du fleuve qui a toujours joué un rôle bénéfique pour le peuple Juif est rappelé dans la suite du psaume :

Le fleuve… ! Ses ondes réjouissent la ville de Dieu, demeure sainte du Très-haut

Le courage des troupes Juives fit que la bataille tourna à leur avantage.

Les Arabes furent largement vaincus et de nombreux soldats se jetèrent dans la bataille uniquement pour trouver la mort (les troupes Arabes encerclées dans leur camp étaient sans vivres ni eau) sans espoir d’infliger des pertes aux troupes Juives. Cette victoire permit à Hérode de conclure une paix solide avec les Arabes, scellée par le respect mutuel.

Cette réaction salutaire du peuple Juif basée uniquement sur la confiance à l’Éternel et à la veille des événements qui vont précipiter le peuple Juif dans le plus long de ses exils vient comme une garantie pour le peuple Juif de la réconciliation finale entre lui et son Dieu à la fin des temps.

Lorsque le peuple Juif aura fini de subir les malheurs de la nuit pour recommencer à espérer lorsque l’aurore apparaîtra, lorsque le peuple Juif redeviendra souverain sur sa terre et que le Temple de Jérusalem sera reconstruit. Alors les peuples qui jusque-là n’avaient de cesse d’écraser le peuple Juif afin d’ignorer son statut ne pourront que le reconnaître à travers l’alliance renouvelée de Dieu.

C’est ce qu’évoque la fin du psaume :

Dieu réside au milieu d’elle (Jérusalem) : elle ne sera point ébranlée (référence au tremblement de terre), Dieu venant à son secours dès le lever de l’aurore. Les peuples s’agitent, les royaumes chancellent ; il fait retentir sa voix, la terre se liquéfie ! L’Éternel Cébaot est avec nous, le Dieu de Jacob est une citadelle pour nous. Sélah ! Venez, contemplez les œuvres, qui a opéré des ruines sur la terre (à l’image des conséquences du tremblement de terre). Il met fin aux guerres jusqu’aux confins du globe, il brise les arcs, met en pièces les lances, et livre au feu les chars des combats (à l’image de la défaite des Arabes). Tenez-vous cois et sachez que moi, Je suis Dieu, grand parmi les peuples, grand sur la terre ! L’Éternel Cébaot est avec nous (comme l’a affirmé Hérode), le Dieu de Jacob est une citadelle pour nous. Sélah !

 

 

[1] Flavius Josèphe/Antiquités Juives/Livre Quinzième/chapitre 7

[2] Flavius Josèphe/Antiquités Juives/Livre Quinzième/chapitre 8

[3] Flavius Josèphe/Antiquités Juives/Livre Quinzième/chapitre 8