-90 à -71, psaume 43 : Revenir auprès de l’autel.

acces-psaume-fotolia_102515739_subscription_monthly_mhelp-bouton-fotolia_61356253_subscription_monthly_mButton aus zwei Puzzlestücken zeigt E-Mail KontaktButtonsButtonsWillemSwiddeAlexanderJannaeus

La génération précédente avait été largement marquée par le début de règne d’Alexandre Jannée (-103/-76), cette génération voit la fin de ce long règne.

C’est dans ce contexte, comme indiqué au psaume précédent, que le psaume de cette génération n’a pas de titre car marquant une certaine continuité historique avec le précédent.

Dans cette logique, le présent psaume doit donc être attribué encore aux fils de Coré. Cette génération se termine par la période de régence de la reine Alexandra.

Les méfaits de Ptolémée envers la population de Judée s’arrêtent grâce à l’intervention de Cléopâtre, sa mère et reine d’Égypte, provoquant ainsi un changement de situation a priori favorable aux Juifs de Judée.

Alexandre Jannée ne se contenta pas de ce revers favorable de situation et continua ses opérations militaires en se montrant sans pitié pour les vaincus et en particulier avec les habitants de Gaza avec lesquels pourtant il avait promis la paix.

Il s’en retourna à Jérusalem où son retour ne lui attira pas la sympathie de son peuple :Fruit Market, Amalfi Coast, Citrons, (Citrus Medica)

  • En [1]ce même temps, Alexandre, roi des Juifs, vit troubler son règne par la haine que le peuple avait pour lui. Car lorsque au jour de la fête des Tabernacles, où l’on porte des rameaux de palmiers et de citronniers, il se préparait à offrir des sacrifices, on ne se contenta pas de lui jeter des citrons à la tête, mais on l’outragea de paroles, en disant qu’ayant été captif il ne méritait pas qu’on lui rendît des honneurs et était indigne d’offrir des sacrifices à Dieu. Il s’en mit en telle fureur qu’il en fit tuer six mille, et repoussa ensuite l’effort de cette multitude irritée par une clôture de bois qu’il fit faire autour du Temple et de l’autel, et qui allait jusqu’au lieu où les seuls sacrificateurs ont droit d’entrer. Il prit à sa solde des soldats pisidiens et ciciliens, parce que, étant ennemis des Syriens, il ne se servait point d’eux, vainquit ensuite les Arabes, puis imposa des tributs aux Moabites et aux Galaatides, et ruina Amath sans que Théodore osât en venir aux mains avec lui. Il fit aussi la guerre à Obed, roi des Arabes ; mais étant tombé près de Gadara, en Galilée, dans une embuscade et poussé par un grand nombre de chameaux dans un détroit serré et fort difficile à passer, il eut grand peine à se sauver à Jérusalem. Ce mauvais succès fut suivi d’une guerre que ses sujets lui firent pendant six ans. Il n’en tua pas moins de cinquante mille : et quoiqu’il n’oubliât rien pour tâcher à se remettre bien avec eux, leur haine était si violente que ce qui semblait la devoir adoucir l’augmentait encore. Ainsi, leur demandant un jour ce qu’ils voulaient donc qu’il fît pour les contenter, ils s’écrièrent tous qu’il n’avait pour cela qu’à se tuer lui-même ; et ils envoyèrent vers Démétrius Eucérus pour lui demander secours.

Même si les choix politiques d’Alexandre Jannée ont dans un premier temps amené la vengeance sanglante de Ptolémée sur la Judée, la reprise en main de la situation par la reine Cléopâtre finit par lui donner raison.

L’animosité du peuple d’Israël est visiblement injuste envers Alexandre Jannée qui ne cherche que le bien de son peuple.

C’est cette situation, où le peuple de Jérusalem n’hésite pas à profaner la solennité des fêtes pour s’attaquer à leur roi, que le début du psaume nous résume :

Rends-moi justice, ô Dieu ; et prends en main ma cause contre un peuple sans piété ; délivre-moi de gens perfides et iniques ; car tu es mon Dieu, ma forteresse.

La décision du peuple de Jérusalem d’appeler à son secours Démétrius Eucérus pousse Alexandre Jannée à fuir :

  • Démétrius Eucérus[2], fortifié de ceux qui l’appelaient à leurs secours, vint avec une armée de trois mille chevaux et de quarante mille hommes de pied. Alexandre marcha contre lui avec six mille deux cents soldats étrangers qu’il avait pris à sa solde, et vingt mille Juifs qui lui étaient demeurés fidèles. Ces deux pinces firent tous leurs efforts, Démétrius pour gagner ces étrangers qui étaient grecs, et Alexandre pour faire rentrer dans son parti les Juifs qui s’étaient rangés auprès de Démétrius. Mais ni l’un ni l’autre ne réussit dans son dessein. Ainsi il fallut en venir à une bataille. Démétrius fut victorieux, et ces étrangers qui étaient du côté d’Alexandre signalèrent leur valeur et leur fidélité, car ils furent tous tués sans en excepter un seul. Démétrius de son côté y perdit beaucoup de gens. Alexandre s’enfuit dans les montagnes.

Cette situation est illustrée par la suite du psaume :

Pourquoi m’as-tu délaissé ? Pourquoi je marche, voilé de tristesse, sous l’oppression de l’ennemi ?

Dans sa fuite, Alexandre est rejoint par six mille Juifs, ce qui lui permit de reprendre la situation à son avantage après le retrait de Démétrius. Des combats fratricides se poursuivirent qui finirent par une répression sauvage de la part d’Alexandre à Jérusalem, ce qui provoque des réprobations dans son propre camp mais qui a pour effet indirect que le reste du règne d’Alexandre sera paisible.

Alexandre profita de cette accalmie pour étendre la domination de la Judée sur la région. Malgré cela, la férocité des combats entre partisans et adversaires d’Alexandre n’était pas propice à une saine harmonie en Judée et à un culte divin serein.

Cette situation justifie la prière qui clôture le psaume de cette génération :

Envoie Ta lumière te Ta vérité : qu’elles soient mes guides, qu’elles me conduisent à Ta montagne sainte, dans Ta demeure ! Je voudrais revenir auprès de l’autel de Dieu, du Dieu qui est ma joie et mon bonheur ; je voudrais te louer avec la harpe, ô Dieu, mon Dieu ! Pourquoi es-tu affaissée, mon âme ? Mets ton espoir en Dieu car j’aurai encore à te louer, lui, mon sauveur et mon Dieu !

 

 

[1] Flavius Josèphe/Antiquités Juives/Livre treizième/chapitre 21

[2] Flavius Josèphe/Antiquités Juives/Livre treizième/chapitre 22