-130 à -111, psaume 41 : Jean Hyrcan.

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Hyrcanus_I-YohananCette génération est liée au règne de Jean Hyrcan (-134/-104), le successeur de la dynastie des Hasmonéens.

Celui-ci succède à Simon lorsque celui-ci est assassiné échappant lui-même à la mort. C’est Ptolémée, gouverneur de Jéricho et gendre de Simon qui organise le complot, après avoir assassiné Simon et ses deux fils lors d’un repas qu’il avait organisé, il essaie de s’en prendre à Simon, sans succès.

Jean Hyrcan essaya alors d’assiéger Dagon à proximité de Jéricho où s’était réfugié Ptolémée qui détenait avec lui la mère de Jean Hyrcan et ses derniers frères. Voulant préserver ces derniers, et devant les menaces de Ptolémée, le siège dura sept années. Ptolémée arrivera à s’enfuir en ayant fait auparavant exécuter la mère et les frères de Jean Hyrcan.

Après cet épisode, Jean Hyrcan doit subir le siège d’Antiochus Sôter :

  • Antiochus[1] Sôter, qui conservait toujours le ressentiment des avantages que Simon, père d’Hyrcan, avait remportés sur lui, attaqua la Judée en la quatrième année de son règne, qui était la première de la principauté d’Hyrcan, et la cent-soixante-deuxième olympiade. Après avoir ravagé la campagne et contraint Hyrcan de se retirer dans Jérusalem, il l’y assiégea, et partagea son armée en sept corps pour enfermer ainsi toute la place. Il fut quelque temps sans pouvoir rien avancer à cause de la force des murailles et de la valeur des assiégés jointes au manque d’eau, auquel une grande pluie remédia. Il fit ensuite bâtir du côté du septentrion, qui était le plus facile accès que le reste, cent tours à trois étages sur lesquelles il mit grand nombre de gens de guerre pour battre de là incessamment les murailles. À quoi il ajouta une double circonvallation fort grande et fort large pour ôter aux Juifs toutes sortes de communication du dedans vers le dehors. Les assiégés faisaient de leur côté quantité de sorties avec grande perte des assiégeants lorsqu’ils ne se tenaient pas sur leurs gardes ; et quand ils y étaient ils se retiraient facilement dans la ville. Hyrcan, voyant que la quantité de bouches inutiles qui étaient dans la place pourrait consommer inutilement ses vivres, les fit sortir, et ne retint que ceux que la vigueur de l’âge rendait propres pour la guerre. Mais Antiochus les empêcha de gagner la campagne ; et ainsi ils demeuraient errants dans l’enceinte des murs de la ville où la faim les consumait misérablement. La fête des Tabernacles étant arrivée, les assiégés, touchés de compassion de leurs concitoyens, les firent rentrer dans la ville.

La réaction de Jean Hyrcan envers ses concitoyens, au détriment de ses intérêts militaires est illustrée par le début du psaume de cette génération :

Heureux celui qui s’intéresse au pauvre ! Au jour de la calamité, l’Éternel le sauvera. L’Éternel le protégera, lui conservera la vie, et il jouira du bonheur sur la terre : tu ne le livreras pas à la fureur de ses ennemis.

Et en effet la réaction de Jean Hyrcan lui permet d’échapper au siège qui le menace :

  • Et[2] le grand sacrificateur Hyrcan pria le roi de faire une trêve de sept jours pour leur donner moyen de solenniser cette grande fête. Ce prince (Antiochus) non seulement la lui accorda mais, étant touché d’un sentiment de piété, il lui envoya libéralement et avec magnificence des taureaux pour sacrifier qui avaient les cornes dorées, et des vaisseaux d’or et d’argent pleins de toutes sortes de parfums très précieux : ce qui fut reçu aux portes de la ville et porté dans le Temple. Il envoya aussi des vivres aux soldats.

Ce retournement inattendu de situation est également illustré par la suite du psaume :

Le Seigneur le soutiendra sur le lit de douleur (illustre la situation militaire de Jean Hyrcan avant la décision d’Antiochus) ; sa couche, tu la retournes entièrement dans sa maladie. Je dis donc, moi : « Éternel, sois-moi propice ! Guéris mon âme, car j’ai péché contre Toi. ».

La position d’Antiochus est d’autant plus louable que la plupart de ses conseillers aurait préféré continuer l’affrontement jusqu’à l’extermination des Juifs de Jérusalem.

Cette volonté de détruire le peuple Juif, soutenue par les lieutenants d’Antiochus que ce roi rejette, est illustrée par la suite du psaume :

Mes ennemis tiennent de méchants propos à mon sujet : « Quand mourra-t-il pour que son nom périsse ? » Que si l’un d’eux vient me voir, son cœur exprime des faussetés et fait une provision de méchanceté : il me quitte pour sortir et la débiter. Ensemble, tous mes adversaires chuchotent contre moi ; contre moi, ils imaginent de funestes pensées : « Un mauvais sort s’acharne après lui ; dès lors qu’il est couché, il ne se relèvera plus ! »

Ce passage que l’on a illustré avec l’attitude des lieutenants d’Antiochus est malheureusement « universel », car à chaque fois qu’un ennemi se dresse contre le peuple d’Israël, il ne se contente pas de vouloir l’asservir. Généralement, les desseins des ennemis d’Israël sont de détruire le peuple d’Israël, de le détruire physiquement et si possible de détruire son souvenir.

Parmi, les adversaires récurrents du peuple d’Israël, se trouvent les Samaritains qui n’hésitent pas à suivre le sens du vent et à embrasser la cause de l’ennemi d’Israël quand celui-ci a une chance de l’emporter.

Jean Hyrcan devient un allié d’Antiochus, mais celui-ci sera vaincu et trouvera la mort lorsqu’il défiera les Parthes. Jean Hyrcan combat alors  les Samaritains et les ramène pour un temps dans le giron de Jérusalem.

Par la suite, Jean Hyrcan renouvela son traité d’alliance avec Rome.

Rome assure le souverain et son peuple de sa protection. Démétrius, le successeur d’Antiochus ne peut malgré sa volonté s’en prendre à Jean Hyrcan du fait des tensions internes en Syrie. Démétrius est vaincu par Alexandre Zabinas, que le roi d’Égypte avait envoyé contre Démétrius à la demande du peuple de Syrie. Alexandre Zabinas fait alliance avec Jean Hyrcan mais est tué par le fils de Démétrius. Suivit une guerre de succession en Syrie qui affaiblit le royaume et garantit ainsi directement la paix au royaume de Judée.

Hyrcan put ainsi continuer son combat contre la Samarie qu’il assujettit définitivement. C’est le début d’une ère de prospérité pour les Juifs.

Comme c’est malheureusement souvent le cas, lorsque la paix extérieure est obtenue, c’est sur le plan intérieur que les tensions se renforcent.

Ainsi Jean Hyrcan sera contesté par les siens qui lui contestent son statut de Cohen du fait que sa mère fut captive. Avant de citer le passage correspondant, il faut se référer au Talmud pour connaître la position officielle de l’orthodoxie dans ce domaine.

Rappelons, que les Pharisiens qui contesteront Jean Hyrcan, s’opposent à l’époque aux Saducéens en s’appuyant sur la loi orale (qui donnera le Talmud) alors que les Saducéens ne s’appuient que sur la loi écrite.

Ainsi le Talmud, qui sera rédigé bien plus tard traite le problème lié à la femme captive qui veut épouser un Cohen (Prêtre) ainsi :

  • De même[3], lorsqu’elle (la femme mariée) déclare : « J’ai été capturée mais je suis pure », autrement dit, je n’ai pas été violée par les ravisseurs, elle est digne de foi, et elle peut se marier à un Cohen, car le propos, qui nous a laissé à penser qu’elle devait être interdite à un Cohen, après la relation avilissante qu’elle aurait pu subir, est celui-là même qui l’a permise, en assurant qu’elle n’a pas été déshonorée (Principe du « migo », au lieu de mentir sur sa pureté, elle aurait pu cacher sa condition initiale de captive. Si elle ne l’a pas fait, il faut la croire sur la totalité. Cette argumentation ne tient pas s’il y a des témoins, ce qui explique la suite du texte). En revanche, s’il y a des témoins qu’elle a été capturée, et elle déclare : « Je suis pure », on ne la croit pas. Jusqu’à preuve du contraire, on présume que ses geôliers ont abusé d’elle.

Cet élément de la loi orale vient compléter le commandement de la loi écrite :

Stich, Abbildung, gravure, engraving : 1889Et[4] lui (le prêtre, le Cohen), une femme en possession de sa virginité, il prendra. Une veuve et une divorcée, une femme profane, prostituée, celles-là, il ne prendra pas si ce n’est une jeune fille vierge de son peuple qu’il prendra pour femme. Il ne rendra pas sa descendance profane dans son peuple car Je suis l’Éternel qui le sanctifie.

Jean Hyrcan s’étant proclamé grand prêtre, c’est sur ces bases que la fronde intérieure est menée:

  • Le bonheur[5] d’Hyrcan lui attira l’envie des Juifs, mais particulièrement de ceux de la secte des Pharisiens dont nous avons parlé ci-dessus ; et ils ont un tel crédit parmi le peuple qu’il embrasse leurs sentiments lors même qu’ils sont contraires à ceux des rois et des grands sacrificateurs. Hyrcan, qui avait été leur disciple et fort aimé d’eux, leur fit un grand festin ; et quand il vit qu’après avoir fait bonne chère ils commençaient à être un peu gais, il leur dit, que puisque étant de leurs sentiments, ils savaient qu’il n’avait point de plus grand désir que de marcher dans les voies de la justice et de ne rien faire qui ne fût agréable à Dieu, ils étaient obligés de l’avertir s’ils jugeaient qu’il manquât à quelque chose, afin qu’il s’en corrigeât. Tous les autres conviés lui ayant donné sur cela de grandes louanges, il en témoigna beaucoup de joie. Mais l’un d’eux, nommé Eléazar, qui était un fort méchant homme, prit la parole et lui dit : « Si vous désirez, comme vous le dites, que l’on vous parle franchement et selon la vérité, donnez une preuve de votre vertu en renonçant à la grande sacrificature, et contentez-vous d’être le prince du peuple. » Hyrcan lui demanda ce qui le portait à lui faire cette proposition. « C’est, répondit-il, parce que nous avons appris de nos anciens que votre mère a été esclave durant le règne du roi Antiochus Épiphane. » Or, comme ce bruit était faux, Hyrcan se tint très offensé d’un tel discours, et les Pharisiens ne témoignaient pas l’être moins que lui.

Le revers subi par Hyrcan est illustré par la fin du psaume :

Même son ami intime, en qui j’avais confiance, et qui mangeait mon pain, a levé le talon contre moi. Or donc, Éternel, prends-moi en pitié et relève-moi, pour que je puisse leur rendre la pareille. À cela je reconnaîtrai que Tu m’as pris en affection : que mon ennemi ne triomphe pas de moi ! En raison de mon intégrité, Tu me soutiens et m’admets et Ta présence pour toujours. Loué soit l’Éternel, Dieu d’Israël, d’éternité en éternité, Amen et Amen !

 

 

[1] Flavius Josèphe/Antiquités Juives/Livre treizième/début du chapitre 16

[2] Flavius Josèphe/Antiquités Juives/Livre treizième/chapitre 16 (suite de la citation précédente)

[3] Talmud de Babylone / Traité Ketoubot / 22a

[4] LÉVITIQUE Chapitre 21, versets 13 à 15

[5] Flavius Josèphe/Antiquités Juives/Livre treizième/chapitre 18