-150 à -131, psaume 40 : Maccabées.

acces-psaume-fotolia_102515739_subscription_monthly_mhelp-bouton-fotolia_61356253_subscription_monthly_mButton aus zwei Puzzlestücken zeigt E-Mail KontaktButtonsButtonsSchnorr_von_Carolsfeld_Bibel_in_Bildern_1860_153Alexandre Épiphane, le fils d’Antiochus Épiphane conteste le pouvoir de Démétrius.

Démétrius essaiera alors de faire alliance avec Jonathan. Mais Jonathan méfiant préfère fortifier Jérusalem. Alexandre à son tour demande à Jonathan de devenir son allié, ce qu’il accepte malgré les surenchères de Démétrius. Alexandre finit par vaincre et tuer Démétrius et conclut une alliance avec l’Égypte en épousant Cléopâtre fille de Ptolémée et consolide dans le même temps son alliance avec Jonathan.

En -147, Démétrius II débarque de Crète et cherche la confrontation avec Jonathan. Jonathan vainc les troupes de Démétrius, d’abord à Joppé puis à Ashdod et Ascalon. Ptolémée, qui convoite le royaume d’Alexandre dénonce son alliance avec celui-ci au profit de Démétrius. Alexandre fuit et est tué.

Ptolémée ne profite pas de cette victoire car il meurt deux jours plus tard, au contraire de Démétrius qui devient roi. Jonathan décide alors d’attaquer la citadelle de Jérusalem encore aux mains des Grecs et conclut la paix avec Démétrius. 146.Jonathan_Destroys_the_Temple_of_DagonDémétrius cherche alors l’alliance et l’aide militaire de Jonathan, qu’il obtient.

Jonathan libère Antioche mais Démétrius revient sur ses engagements. Antiochus fils d’Alexandre Épiphane, soutenu par Tryphon, un ancien général de Démétrius Ier entre en confrontation avec Démétrius (II). Celui-ci s’enfuit. Nouvelle alliance entre Antiochus et Jonathan. Jonathan doit encore combattre Démétrius et sort vainqueur de chaque confrontation.

spartan army mascotEntre-temps il cherche à faire alliance avec les Romains et les Spartiates.

Les spartiates se considérant comme frères des Juifs acceptent cette alliance.

Dans ses combats avec Démétrius, Jonathan décide de renforcer les murailles de Jérusalem mais est fait prisonnier lors d’une ruse de Tryphon qui l’attire dans un guet-apens en lui promettant la paix.

1024px-Tryphon_coinTryphon pense profiter de cet avantage pour vaincre les Juifs.  Mais le calcul de Tryphon est faussé, Simon frère de Jonathan reprend la direction du peuple Juif pour le combattre.  Simon s’oppose à l’avancée de Tryphon. Celui-ci ne peut joindre Jérusalem du fait de chutes de neige. Il fait tuer Jonathan qui était encore prisonnier avec lui. Il tue également Antiochus pour prendre son royaume.

Simon fortifie encore plus les villes de Judée. En -142, Simon arrive à conclure un accord de paix avec Démétrius et attaque Ghezer dont les habitants se rendent et font la paix avec Simon. De même les derniers soldats qui occupaient la citadelle de Jérusalem se rendent à Simon.

Démétrius est alors fait prisonnier lors d’une expédition en Médie. La victoire de Simon initialise une période nouvelle de paix et de prospérité pour le peuple d’Israël.

Ces événements qui marquent la fin de l’oppression Séleucide sur le peuple Juif et surtout la fin des profanations répétées des lieux saints à Jérusalem et dans le reste de la Judée sont bien résumés dans le début du psaume de cette génération :

J’ai placé mon ferme espoir en l’Éternel :

La foi des Hasmonéens n’a jamais été prise en défaut.

Il s’est incliné vers moi, il a entendu ma supplication. Il m’a retiré d’un gouffre tumultueux, d’un bourbier fangeux ; Il a posé mes pieds sur le roc et affermi mes pas.

Simon a réinstallé son peuple à Jérusalem.

Le succès de Simon entraîne la reconnaissance de son peuple et le respect parmi les autres peuples :

  • La Judée[1] est restée en paix pendant toute la vie de Simon. Il a cherché le bonheur de sa nation, et pendant toute sa vie, son autorité et l’honneur qui l’entourait plaisaient aux Juifs. Il est devenu encore plus célèbre quand il a pris le port de Joppé. Il a ainsi permis aux Juifs de se rendre dans les îles de la mer Méditerranée. Il a agrandi le territoire de sa nation et il a maintenu son pouvoir sur le pays. Il a ramené de nombreux prisonniers de guerre. Il a pris Ghezer, Beth-Sour et la Citadelle de Jérusalem. Il a supprimé de cette citadelle de Jérusalem tout ce qui la rendait impure. Personne n’a pu lui résister. Les gens cultivaient leurs champs en paix : la terre produisait ses récoltes et les arbres de la plaine donnaient leurs fruits. Les gens âgés, assis sur les places, parlaient tous d’événements heureux. Les jeunes gens portaient fièrement leur costume militaire et leurs armes magnifiques. Simon fournissait aux villes la nourriture nécessaire et les a entourées de murs de défense. Alors il est devenu célèbre jusqu’au bout du monde. Il a ramené la paix dans le pays, et le peuple d’Israël en a été très heureux. Chacun vivait à l’ombre de sa vigne ou de son figuier. Personne ne venait les effrayer. Les ennemis qui les attaquaient avaient disparu de Judée, les rois étrangers avaient été battus. Simon a aidé tous les gens simples de son peuple. Il a fait appliquer la loi de Dieu, il a chassé tous les mauvais Juifs infidèles à la loi. Il a rendu au Temple sa grandeur et il ajoute de nombreux objets sacrés.

Cette louange des actions de Simon est bien à mettre en parallèle à la suite de notre psaume :

Il a mis dans ma bouche un cantique nouveau, des louanges en l’honneur de notre Dieu ; beaucoup s’en aperçoivent, éprouvent de la vénération, et mettent leur confiance en l’Éternel. Heureux l’homme qui cherche sa sécurité en l’Éternel, et ne se tourne pas vers les orgueilleux et les amis du mensonge ! Que de prodiges, ô Éternel, mon Dieu, que de desseins Tu as accomplis en notre faveur ! – Rien n’est comparable à Toi, – j’aimerais les proclamer et les redire encore… Leur grand nombre défie toute description.

Pour comprendre la suite du psaume, il faut remonter le temps jusqu’à l’époque où les Juifs étaient dans le désert avec Moïse pour recevoir le Torah.

Après[2] que le peuple d’Israël convoqué par Dieu au pied du mont Sinaï ait d’abord écouté les dix commandements puis la première série de lois transmises par Moïse qui se fait l’intermédiaire entre Dieu et son peuple, ce dernier donna librement son accord à ces lois nouvelles.

Le peuple d’Israël s’était alors engagé à écouter les lois divines, c’est-à-dire à les exécuter, l’oreille étant alors un « organe » de soumission à Dieu.

Ce qui est illustré par la suite du psaume :

Tu ne souhaites ni sacrifice ni oblation, – Tu m’as perforé des oreilles (pour entendre)- Tu n’exiges ni holocaustes ni expiatoires.

Malheureusement, le peuple d’Israël s’était égaré en ne voyant pas Moïse redescendre de la montagne et avait réclamé à Aaron de leur fabriquer un dieu alors que Dieu venait de donner la description du tabernacle et du cérémonial que le peuple d’Israël devait mettre en œuvre pour lui rendre hommage.

Pour cela, Aaron fait retirer au peuple d’Israël ses boucles d’oreilles afin de concevoir le veau d’or, laissant ainsi apparaître symboliquement le percement de celle-ci identique aux Juifs qui ayant le choix de la liberté préfère l’esclavage (le percement des oreilles est aussi une punition pour ceux qui veulent rester en esclavage dans la Torah).

Par les oreilles, les Juifs s’étaient sanctifiés par le message divin, par ces mêmes oreilles, ils s’étaient rabaissés en se construisant une idole à laquelle ils sacrifièrent.

Des rites païens les Juifs avaient déduit qu’un Dieu ne pouvait être satisfait qu’à travers des sacrifices, ils n’étaient pas encore suffisamment murs pour appréhender la grandeur divine en dehors « d’holocaustes et d’expiatoires », c’est pourquoi Dieu a vraisemblablement introduit dans la loi un grand nombre de préceptes à ce propos mêmes si ces derniers n’ont aucune utilité réelle pour que Dieu se rapproche de son peuple.

Toutefois la faute commise par le peuple d’Israël dans le désert est évidemment grave puisqu’elle se produit alors que Dieu s’est réellement manifesté à son peuple. Pour éviter la colère divine, Moïse plaide pour son peuple. C’est à la fin de la période de quarante jours pendant laquelle Moïse est auprès de Dieu que Moïse s’interpose pour son peuple. Mais pour cela, Moïse avait dû réagir à la faute de son peuple.

Moses Breaks 10 Commandments 1) Sacred-biblical history of the old and New Testament. two Hundred and forty images Ed. 3. St. Petersburg, 2) 1873. 3) Russia 4) Julius Schnorr von CarolsfeldEn jetant les deux tables de la loi et en les brisant, Moïse acceptait la destruction des deux Temples en échange du rachat de son peuple obtenu le quarantième jour de sa première retraite auprès de Dieu.

C’est en écho à cela que, lors de la quarantième génération, la présente génération,  David, auteur du psaume, vient rappeler indirectement les faits relatifs au veau d’or.

En effet au cours de ces quarante premières générations de la nuit, le peuple d’Israël a largement été séduit par les cultes idolâtres et cela dès la première génération qui suivait la mort de Salomon qui lui-même avait introduit ce culte en Israël.

La dernière tentation fut celle du culte idolâtre grec que de nombreux Juifs suivirent séduits par la culture grecque, assimilant maladroitement les valeurs et la religion grecques. Ce dernier écart idolâtre a été vaincu par les Maccabées et dès lors les Juifs ne seront plus jamais séduits par des cultes idolâtres.

D’autres dangers les guettent mais plus celui-là.

Les Maccabées, lorsqu’ils combattirent leurs propres concitoyens séduits par le culte grec, reproduisirent l’action salutaire de Moïse lorsque celui-ci ordonna aux Juifs d’expurger l’idolâtrie de leurs rangs.

La réaction de Moïse répétée quelques siècles plus tard par les Macchabées est bien illustrée par la suite du psaume qui proclame la réaffirmation de l’alliance entre Dieu et son peuple à travers la loi divine :

Aussi je dis : « Voici, je me présente ! Dans le rouleau du livre se trouve ce qui m’est prescrit. Accomplir Ta volonté, mon Dieu, tel est mon désir ; Ta loi a pénétré jusqu’au fond de mes entrailles. » J’ai proclamé Ton équité dans une nombreuse assemblée, voici, je n’ai pas tenu mes lèvres closes : Éternel, Toi, Tu le sais. Je n’ai point fait le silence sur Ta justice, dont mon cœur est plein ; j’ai dit Ta fidélité et Ta protection, je n’ai point caché Ta grâce et Ta bienveillance à la grande foule. Toi, non plus, ne me refuse pas Ta clémence ; que Ta grâce et Ta bonté me protègent sans cesse!

Que David dans ce passage du psaume réclame une nouvelle fois la protection divine n’est pas anodin, car si les Maccabées ont repris à leur compte le serment de fidélité de Moïse au détriment de leurs frères égarés, ils se sont fait également héritiers de l’accord conclu par celui-ci avec Dieu à savoir la destruction des deux Temples ce qui signifie la destruction prochaine du second Temple défendu par les Maccabées.

C’est donc naturellement pendant cette génération que se fait le rapprochement entre les Juifs et les Romains qui annonce de fait l’introduction de ceux qui exécuteront le marché conclu par Moïse.

Ceci explique que malgré la victoire des Maccabées qui pourrait être illustrée joyeusement, le ton de la fin du psaume est plutôt à l’inquiétude car l’arrivée des Romains dans l’horizon du peuple d’Israël annonce des lendemains douloureux.

C’est ce qu’exprime la fin du psaume :

Car des maux sans nombre m’assiègent, mes péchés m’ont débordé, je ne puis plus rien voir ; ils sont plus abondants que les cheveux de ma tête ; aussi mon cœur est-il défaillant en moi.

Le peuple d’Israël assume non seulement les fautes relatives à chaque génération mais également les fautes majeures de la génération du désert.

Consens, Seigneur, à me sauver ; Éternel, hâte-toi de me porter secours. Qu’ils soient ensemble confondus et couverts de honte, ceux qui attentent à ma vie, pour la supprimer ! Qu’ils lâchent pied et reculent, en rougissant, ceux qui souhaitent mon malheur ! Qu’ils soient frappés de stupeur par suite de leur honte, ceux qui disent de moi : « Ha ! Ha ! ».

De nombreux ennemis vont se succéder pour essayer d’éliminer le peuple d’Israël pensant que ce peuple a définitivement perdu la protection de son Dieu.

Mais qu’ils jubilent et se réjouissent en toi, tous ceux qui te recherchent ; qu’ils disent constamment : « Dieu est grand ! » ceux qui aiment Ta protection ! Quant à moi, pauvre et malheureux, que mon Seigneur ait égard à moi ! Tu es mon aide et ma sauvegarde : Éternel, n’attends pas trop longtemps.

David s’en remet à Dieu pour préserver son peuple à travers le reste de la nuit. Il peut d’autant plus facilement faire cette prière que dorénavant son peuple ne s’égarera plus par rapport à la tentation de l’idolâtrie.

 

 

[1] I MACCABEES Chapitres 14, versets 4 à 15

[2] Voir EXODE, Chapitre 20 à 23