-890 à -871, psaume 3 : Elie

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1024px-Elias_and_the_Widow_of_Serepta_Bernardo_StrozziCe psaume couvre en particulier la deuxième partie du long règne d’Asa, roi de Juda. Si Asa a cherché le salut en l’Éternel lorsque la menace vint de l’extérieur (l’Éthiopien Zérah), ce n’est pas le cas lorsqu’il est menacé par Baasa le roi d’Israël. Au lieu de s’allier à l’Éternel, il s’allia cette fois à Ben Hadad roi de Syrie. Ce recours contre nature provoque la colère de l’Éternel qui promet à Asa de ne plus cesser d’être en guerre.

Lorsqu’il écrit son psaume, David a pour ennemi son propre fils Absalon et se trouve désemparé car comment trouvé l’appui de Dieu contre un autre représentant du peuple d’Israël. Asa a le même problème, il n’a aucun souci lorsqu’il est attaqué par des peuples étrangers quelle que soit la force de leur armée, mais pour combattre le royaume d’Israël il n’ose pas compter sur l’appui divin.

Mais David se serre de sa propre leçon pour rappeler à la descendance d’Israël que le seul choix pour sa survie est de se protéger derrière son Dieu. En faisant ainsi, Asa n’a pas eu à craindre les menaces étrangères. En faisant autrement lorsqu’il était menacé par Baasa, en cherchant refuge auprès du roi de Syrie plutôt qu’auprès de Dieu il ne fait qu’augmenter sa vulnérabilité.

elie-veuve-huile-00035917C’est dans ce sens qu’il faut interpréter le séjour d’Élie[1] chez une veuve que l’on peut situer au début du règne d’Achab roi d’Israël donc pendant la troisième génération. En échange de l’hébergement de la veuve, Élie lui garantit par des miracles sa subsistance. Toutefois la santé du fils de la veuve s’aggrava pendant le séjour d’Élie. En invoquant Dieu, Elie redonne vie au fils de la veuve.

Nous pouvons assimiler la veuve au peuple d’Israël dans le désert et son fils aux générations qui se succèdent lors des trois millénaires de nuit qui suivent la mort de Salomon.

Les fautes dont parle la veuve sont les trois fautes majeures que le peuple d’Israël a commises dans le désert et qui ont engendré chacune trois séries de quarante-neuf malédictions. Chacune de ces fautes aurait dû provoquer l’anéantissement du peuple d’Israël si Moïse n’avait pas intercédé auprès de Dieu afin d’éviter cette punition ultime.

elie-veuve-00016681Chacune des séries de malédictions éprouvera largement le peuple d’Israël jusqu’à chaque fois risquer son anéantissement. Cet pour cela que Elie par trois fois s’étend sur l’enfant afin que chacune des séries de malédictions n’aille pas jusqu’à la mort de l’enfant, jusqu’à l’anéantissement du peuple d’Israël. Cette intervention divine se fait dans la chambre haute de l’humble demeure de la veuve afin que celle-ci reste discrète, la préservation divine du peuple d’Israël se fait dans les hautes sphères divines et ne peut être ressentie sur terre. Sur terre, les peuples pensent au contraire que Dieu a abandonné son peuple.

C’est ce que résume le début du psaume de cette génération :

Seigneur, que mes ennemis sont nombreux ! Beaucoup se dressent contre moi. Beaucoup disent à mon sujet : « Il n’a point de secours à attendre de Dieu » Sélah !

Contrairement à Asa (dans sa fin de règne), Elie porte ses espoirs en l’Éternel et c’est vers lui qu’il crie pour obtenir la vie du fils de la veuve.

C’est cet appel au divin qui est évoqué dans la suite du psaume :

Sélah ! Mais toi, ô Éternel, tu es un bouclier qui me protège. Tu es mon honneur et me fais porter la tête haute. À pleine voix, je crie vers l’Éternel : Il me répond de sa sainte montagne.

En fait Dieu a préservé le souffle d’Israël afin qu’il se réveille complètement à l’issue des trois séries de malédictions. Ainsi le souffle de l’enfant de la veuve n’a pas complètement disparu malgré les fautes accumulées de celle-ci. Il en est de même pour le peuple d’Israël qui va subir les malédictions mais qui garde toujours un souffle pour renaître au moment opportun. Lorsque le peuple d’Israël sera convaincu que le salut ne vient pas des puissances terrestres mais uniquement de la puissance divine, alors il pourra renaître à l’image de l’enfant de la veuve.

Comme l’indique d’ailleurs la conclusion du psaume de cette génération :

Sélah ! Je me couche et m’endors, puis je me réveille, car l’Éternel me soutient. Je n’ai point peur des myriades de gens qui sont campés autour de moi. Lève-Toi, Éternel, viens à mon secours, ô mon Dieu ! Oui tu frappes à la joue tous mes ennemis, tu brises les dents des méchants. À l’Éternel appartient le salut ! Que Ta bénédiction descende sur ton peuple ! Sélah !

[1] Voir I ROIS Chapitre 17