-570 à -551, psaume 19 : La clémence après la sanction.

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La dix-huitième génération a été principalement marquée par la destruction de Jérusalem et du Temple, elle a vu également l’exil forcé de la population d’Israël à Babylone par Nabuchodonosor. Cet exil avait été largement été prédit par les différents prophètes qui se sont succédé avant que la destruction du Temple ne soit effective.

L’esprit du peuple d’Israël avait été faussé par de fausses prédictions de faux prophètes qui n’étaient visiblement pas inspirées. Jérémie s’en inquiète lorsque Dieu lui demande d’annoncer au peuple des prédictions bien moins favorables, les faux prophètes donnant de faux espoirs au peuple de Judée.

De fait la sentence était déjà tombée, et il ne restait au peuple d’Israël que deux solutions face à la punition qui venait du nord, face aux armées de Nabuchodonosor : combattre et se faire décimer ou accepter l’exil décidé par Dieu et survivre.

Et devant cette alternative, le rôle des faux prophètes est encore évoqué dans l’égarement de la population de Jérusalem par Jérémie.

Les prophéties d’Isaïe illustrent bien le psaume 19. En particulier celles de la deuxième partie[1] des prophéties qui concernent visiblement des prophéties contemporaines à la génération de l’exil à Babylone :

  • Écoutez[2] ceci, maison de Jacob, vous qui vous réclamez du nom d’Israël, qui êtes issus de la source de Juda, qui jurez par le nom de l’Éternel et invoquez le Dieu d’Israël non toutefois avec sincérité et droiture ! Car ils se désignent d’après la ville sainte et s’appuient sur le Dieu d’Israël, sur celui qui s’appelle Éternel Cébaot !
  • Les choses passées, Je les ai annoncées longtemps d’avance. Une fois énoncées par ma bouche et prédites par Moi, soudain Je les ai réalisées et elles se sont accomplies, parce que Je savais que tu es opiniâtre, que ta nuque est une barre de fer et que ton front est d’airain. D’avance donc Je t’ai informé, instruit des événements non encore arrivés, pour que tu ne dises pas : « Mon idole les a accomplis, mes statues de pierre et de métal les ont ordonnés. » Tu l’as entendu, vois tout cela de tes propres yeux, et à présent ne parlerez-vous donc pas ? Désormais Je te révélerai des faits nouveaux, des faits encore cachés que tu ne connais pas, des faits qui se produisent maintenant, qui n’ont pas existé plus tôt ; avant ce jour tu n’en as rien su, tu ne sauras dire : « Je les connaissais ! » Non, tu n’en as rien entendu, rien connu ; jamais ton oreille n’en a été frappée, parce que Je savais que grande est ta perfidie et que tu as reçu ce nom : Infidèle dès le berceau. Pour l’honneur de mon nom je retiens longtemps ma colère, en faveur de ma gloire, je la comprime, pour ne pas te perdre. Certes, Je t’ai éprouvée mais non comme on éprouve l’argent, Je t’ai fait passer par le creuset du malheur. C’est pour Moi, pour Moi que Je le fais, car pourquoi Mon honneur serait-il terni ? Cet honneur, Je ne le prête à nul autre !
  • Écoute-moi, Jacob, et toi Israël, mon prédestiné ! Je suis toujours le même, Je suis le premier comme Je suis le dernier. C’est Ma main qui a fondé la terre, Ma droite qui étendu les cieux. Je leur adresse mon appel : aussitôt ils se présentent. Assemblez-vous tous et écoutez ! Qui parmi eux a annoncé ces choses ? Il est aimé du Seigneur, il accomplit sa volonté contre Babel et manifeste sa puissance contre la Chaldée. Moi, Moi j’ai prononcé, Je l’ai appelé, Je l’ai amené, et il réussira dans son entreprise. Approchez de Moi, écoutez ceci ! Dès le début, Je n’ai point parlé en secret : du jour où l’événement s’est réalisé, J’étais présent. Et maintenant, le Seigneur, l’Éternel m’envoie, et Son inspiration est en moi.
  • Ainsi parle l’Éternel, Ton libérateur, le Saint d’Israël : « Je suis l’Éternel, Ton Dieu, qui t’instruit pour Ton bien, qui te dirige dans la voie que tu dois suivre. Ah, si seulement tu obéissais à Mes ordres, ta prospérité serait comme le fleuve, et ton bonheur comme les flots de la mer ; ta postérité serait nombreuse comme le sable, le fruit de tes entrailles comme les galets, et ton nom ne serait ni effacé ni aboli devant moi ».

La réaffirmation par le prophète de la toute-puissance divine, après de nombreuses générations d’errance où le peuple d’Israël a tenté de vénérer d’autres divinités, fait écho en effet à la première partie du psaume de cette génération qui se plaît à rappeler l’œuvre de Dieu.

Comme le rappelle la prophétie d’Isaïe ci-dessus, le début du psaume prend à témoin l’univers comme témoignage de la toute-puissance de Dieu. La suite rappelle que seule la doctrine de Dieu peut rendre la paix et la prospérité au peuple d’Israël, comme Isaïe vient de le faire. David rappelle sa propre fidélité à la loi de Dieu afin d’obtenir la clémence pour son peuple :

Les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament proclame l’œuvre de ses mains. Le jour en fait le récit au jour, la nuit en donne connaissance à la nuit. Point de discours, point de paroles, leur voix ne se fait pas entendre. Sur toute la terre s’étend leur harmonie, et leurs accents vont jusqu’aux confins du monde, là où est Dieu a assigné une demeure au soleil. Celui-ci, pareil au jeune époux sortant de sa chambre nuptiale, se fait une joie, tel un héros, de parcourir sa carrière. Son point de départ est à l’extrémité des cieux, son orbite embrasse leur étendue : rien ne se dérobe à sa chaleur. La doctrine de l’Éternel est parfaite : elle réconforte l’âme. Le témoignage de l’Éternel est véridique : il donne la sagesse au simple. Les préceptes de l’Éternel sont droits : ils réjouissent le cœur. Le commandement de l’Éternel est lumineux : il éclaire les yeux. La crainte de l’Éternel est pure : elle subsiste à jamais. Les jugements de l’Éternel sont vérité : ils sont parfaits tous ensemble : plus désirables que l’or, que beaucoup d’or fin, plus doux que le miel, que le suc des rayons. Aussi ton serviteur les respecte-t-il avec soin : les observer est d’un haut prix.

En même temps que Dieu annonce à Jérémie la sanction imminente, il annonce le pardon des fautes du peuple d’Israël. Il en est de même dans la prophétie d’Isaïe (celui qui accompagne l’exil à Babylone).

C’est ce pardon que David essaie de confirmer dans la fin du psaume :

Qui peut se rendre compte des faux pas ? Laisse-moi indemne des fautes cachées ! Plus encore, préserve ton serviteur des fautes volontaires, qu’elles n’aient pas le dessus sur moi ! Ainsi je me rendrai parfait et pur de grands péchés. Que les paroles de ma bouche et les pensées de mon cœur soient agréables à tes yeux, Éternel, mon rocher et mon sauveur !

De fait, pour ceux qui auront accepté l’exil, ils retrouvent à Babylone une certaine quiétude comme l’avait prédit Ézéchiel en évoquant la clémence divine. Cela est d’ailleurs la conclusion du deuxième livre des rois, qui clôt le récit de la première lignée issue de David souveraine sur la terre d’Israël et en présence du premier Temple.

 

 

[1] Les chapitres 40 à 55 du livre d’Isaïe. Le livre d’Isaïe contient effectivement en plus des prophéties initiales du prophète ISAÏE des prophéties d’autres prophètes et d’autres époques. Cette partie est souvent appelée « Livre de la Consolation » et de nombreux passages sont utilisés par les Évangiles et les exégèses chrétiens pour affirmer que Jésus est bien le Messie attendu par les juifs. Interprétation, que les israélites ne partagent évidemment pas.

[2] ISAÏE Chapitre 48, versets 1 à 18