-610 à -591, psaume 17 : Fin de la présence divine.

acces-psaume-fotolia_102515739_subscription_monthly_mhelp-bouton-fotolia_61356253_subscription_monthly_mButton aus zwei Puzzlestücken zeigt E-Mail KontaktButtonsButtonsNabuchodonosor_II

A cette génération se succèdent les derniers rois du royaume de Juda.

La génération commence par la fin de règne du roi Josias suivie par les courts règnes des rois Joachaz, Joïakim, Joïachin.

La génération se termine sur le début de règne du roi Sédécias, dernier roi de Juda avant la destruction du premier Temple et l’exil à Babylone.

L’espoir suscité par le règne du roi Josias aura été de courte durée, les rois qui se succèdent dans cette génération au lieu de suivre l’exemple de ce dernier répètent les errements du roi Manassé condamnant ainsi sans appel le royaume de Juda.

La chute du royaume de Juda est amorcée à cette dix-septième génération. Elle se conclut à la prochaine génération, la dix-huitième, par la destruction de Jérusalem et du Temple.

Le premier roi Joachaz eut un règne des plus courts puisque celui-ci ne dure que trois mois, durée suffisante toutefois pour que Joachaz se fasse remarquer par son inconduite :

  • Il[1] (Joachaz) fit le mal aux yeux de l’Éternel, à l’exemple de ses aïeux. Pharaon Nekko le fit jeter dans les fers à Ribla, sur le territoire de Hamat, pour l’empêcher de régner à Jérusalem.

Ce même[2] Pharaon Nekko imposa Elyakim fils de Josias, dont il change le nom en Joïakim pour régner sur Jérusalem. Joïakim régna onze ans en faisant lui aussi le mal aux yeux de l’Éternel, à l’exemple de ses aïeux.

Toutefois, Joïakim représente la quatrième génération par rapport à Manassé. En répétant les fautes de Manassé il se condamne à la punition divine définitive.

Toutefois celle-ci ne condamne pas le peuple d’Israël de façon définitive car dans ces quatre générations (Manassé, Amon, Josias, Joïakim), le salut est apporté par la conduite de Josias.

Pour la génération qui nous intéresse, Nabuchodonosor apparaît pour apporter la désolation sur le royaume de Juda, la sentence est ainsi tombée :

  • Oui[3], c’était une sentence prononcée par l’Éternel contre Juda, de l’écarter de devant sa face, à cause de tous les péchés commis par Manassé (répétés par Joïakim), et aussi à cause du sang innocent qu’il avait répandu et dont il avait inondé Jérusalem. L’Éternel ne voulut plus pardonner (la quatrième génération est la dernière limite pour se reprendre des fautes des pères).

Lui succède son fils Joïachin qui lui aussi ne régne que trois mois. Là encore le règne est suffisamment long pour que Joïachin se fasse remarquer pour son inconduite :

  • Il[4] (Joïachin) fit le mal aux yeux de l’Éternel, tout comme avait agi son père (Joïakim).

Joïachin[5] est exilé à Babylone par Nabuchodonosor qui le remplaçe sur le trône de Jérusalem par Sédécias dont le vrai nom était Matania.

Matania était l’oncle[6] de Joïachin. Le règne de Sédécias est à cheval sur la dix-septième et la dix-huitième génération. Toutefois son règne nous intéresse plus par la destruction du premier Temple qui se situe sur la dix-huitième génération.

De même que la chute du royaume d’Israël avait été précédée par l’apparition de nombreux prophètes, cette génération la dernière avant la destruction est accompagnée à nouveau de prophéties nombreuses.

Tout d’abord celle de Jérémie qui a commencé lors de la génération précédente mais qui prend sa plénitude lors de cette génération et de ses turbulences. Celles-ci seront appuyées par les prophéties de Nahum et Habacuc sans oublier l’émergence d’Ézéchiel à la fin de cette génération.

La dix-septième génération est la dernière pendant laquelle le peuple juif pourra coexister avec le Temple de Salomon et surtout avec son hôte : l’Éternel.

La dix-huitième génération verra la destruction du Temple de Salomon et surtout la distance que prendra alors l’Éternel avec son peuple qui depuis n’est jamais revenu habiter la montagne sainte de Jérusalem.

Si la reconstruction du Temple permit à nouveau au peuple d’Israël d’offrir des sacrifices à son Dieu, l’Éternel (ou tout du moins son essence : la « Chekinah ») n’est jamais revenu habiter Jérusalem. Pendant dix-sept générations le peuple d’Israël a vécu une certaine plénitude avec la présence de l’Éternel en son sein même si ces générations étaient les premières des cent quarante-sept malédictions que le peuple d’Israël devra subir avant sa rédemption finale.

Comme nous l’avons déjà indiqué ces cent quarante sept malédictions sont à reprocher de cent quarante sept années de la vie de Jacob, vie qui est le miroir de la destinée du peuple d’Israël depuis la mort de Salomon.

Jacob qui ne put profiter de la plénitude la présence des siens, et Joseph en particulier que sur les dix-sept dernières années de sa vie comme le montre sa plainte à Pharaon:

  • Joseph[7] amena Jacob, son père et le présenta devant Pharaon ; Jacob bénit Pharaon. Pharaon dit à Jacob : Combien sont les jours de ta vie ? Jacob dit à Pharaon : « Les jours des années de mes séjours sont de cent trente ans ; peu nombreux et malheureux étaient les jours de ma vie et ils n’ont pas atteint le nombre des jours des années de la vie de mes pères dans les jours de leurs séjours ».

Le peuple d’Israël, s’il a pu profiter de la lueur de l’Éternel pendant ces dix-sept premières générations va rentrer dans la nuit noire à la dix-huitième génération et cela pendant cent trente générations à l’image des cent trente premières années de la vie de Jacob.

Comme le confirme Jérémie:

  • Écoutez[8], soyez toutes oreilles, n’y mettez aucun orgueil, puisque c’est l’Éternel qui parle. Rendez hommage à l’Éternel, votre Dieu avant que la nuit (pleine) arrive, avant que vos pieds trébuchent contre des montagnes ténébreuses, alors que vous aspirez à la clarté et qu’il l’aura transformé en ombres mortelles, convertie en obscurité profonde. Mais si nous n’écoutez pas ceci (si vous ne profitez pas de ces épreuves pour revenir à l’Éternel), mon âme, en secret, pleurera sur cette arrogance, et mes yeux seront inondés, se répandront en larmes, puisque le troupeau de l’Éternel aura été capturé.

C’est devant cet avenir sombre que David rédige son psaume en préparation des affres de la nuit qui l’attendent, le psaume de cette génération est d’ailleurs comme son titre l’indique une prière de David :

Écoute, ô Seigneur, ma juste demande, exauce ma supplication, prête l’oreille à ma prière, sortant de lèvres non trompeuses. C’est de Toi qu’émanera mon bon droit : Tes yeux discernent ce qui est équitable. Tu sondes mon cœur, Tu m’examines pendant la nuit, Tu me mets à l’épreuve, sans trouver en moi aucune pensée qui ne doive passer par ma bouche.

Ce à quoi Jérémie répond :

  • Quand[9] à toi (cette injonction semble bien à propos pour répondre à la supplication de David) n’intercède pas pour ce peuple, ne profère en sa faveur ni supplication ni prière, ne cherche pas à me (Jérémie s’exprime en prenant la parole au nom de l’Éternel ) fléchir, car je ne t’écouterai pas. Ne vois-tu pas ce qu’ils font dans les villes de Juda et dans les rues de Jérusalem ? Les enfants ramassent du bois, leurs pères allument le feu et les femmes pétrissent de la pâte pour confectionner des gâteaux en l’honneur de la reine des cieux, pour faire des libations aux dieux étrangers, avec l’intention de me blesser. Mais est-ce moi qu’ils blessent ? Dit l’Éternel ; n’est-ce pas plutôt eux-mêmes, à leur propre confusion.
  • C’est pourquoi ainsi parle l’Éternel : « Voici, ma colère enflammée va fondre sur ces lieux, sur les hommes et les animaux, sur les arbres des champs et les fruits de la terre ; elle brûlera sans s’éteindre ».

Et également :

  • Quand[10] à toi, ne prie pas en faveur de ce peuple ; ne m’invoque ni ne me supplie pour lui, car je n’écouterai pas à l’heure où ils adresseront à moi à cause de leurs maux.

Devant la détermination divine, David se résigne et demande au moins que son peuple ne disparaisse pas complètement comme l’indique la suite du psaume (prière) de cette génération :

Guidé par les paroles de Tes lèvres, j’observe les actions des hommes, les voies des gens violents. Affermis mes pas dans Tes sentiers, pour que mes pieds ne glissent point. Je T’appelle, car Tu me réponds, ô Dieu ! Prête l’oreille, entends mes paroles. Mets en relief Tes bienfaits, ô protecteur de ceux qui se confient à Ta droite, malgré les adversaires. Garde-moi comme la prunelle des yeux, abrite-moi à l’ombre de tes ailes, contre les méchants qui me tyrannisent, contre mes ennemis qui me cernent avec passion. De leur graisse ils ont bouché leur cœur, leurs lèvres s’expriment avec orgueil. À chacun de nos pas, les voilà qui se pressent autour de nous ; ils ont les yeux sur nous pour nous étendre à terre, pareils au lion avide de déchirer, au lionceau qui se tient en embuscade. Lève-toi, Seigneur, préviens ses desseins, fais-lui ployer le genou ; par Ton glaive, sauve ma vie du méchant. Par ta main, ô Éternel, sauve-moi de ces gens, de ces gens esclaves du monde, qui jouissent largement de la vie, dont tu bourres le ventre de tes biens, dont les enfants ont tout en abondance et laissent leur superflu à leur progéniture.

Demande à laquelle Jérémie fait une nouvelle fois écho:

  • Toi[11], Tu me connais, ô Éternel ! Souviens-Toi de moi, prends-moi sous ta garde. Venge-moi de mes persécuteurs, ne me laisse pas disparaître par l’effet de Ta longanimité ; reconnais que c’est pour toi que je supporte l’opprobre. Dès que tes paroles me parvenaient, je les dévorais : oui, ta parole était mon délice et la joie de mon cœur, car ton nom est associé au mien, ô Éternel, Dieu Cébaot. Je ne me suis point assis dans le cercle des railleurs pour me divertir ; dominé par Ta puissance, j’ai vécu isolé, car tu m’avais gonflé de colère. Pourquoi donc ma souffrance dure-t-elle toujours ? Pourquoi ma plaie est-elle si cuisante ? Elle ne veut pas se cicatriser. En vérité, tu es à mon égard comme un ruisseau perfide, comme des eaux sur lesquelles on ne peut compter.
  • C’est pourquoi voici ce que dit l’Éternel : « Si tu reprends ton œuvre, je te reprendrai, tu auras ta place devant Moi ; et si tu extrais ce qu’il y a de précieux de ce qui est méprisable, tu me serviras encore d’interprète. C’est à eux, alors, de revenir à moi, et non à toi de revenir à eux. Et je t’établirai à l’encontre de ces peuples comme une puissante muraille d’airain : on te combattra, mais on ne pourra te vaincre, car Je serai avec toi pour t’assister et te sauver », dit l’Éternel. Je te délivrerai de la main des impies et t’affranchirai du pouvoir des violents.

Là dessus, David prend acte et espère que le peuple d’Israël sera à la hauteur du défi afin de résister pendant toute la nuit et survivre jusqu’à l’aube, image de la rédemption du peuple d’Israël comme l’indique la conclusion du psaume :

Quant à moi, puissé-je grâce à ma droiture, contempler Ta face et, à mon réveil, me rassasier de Ta vue !

Espérance partagée par Jérémie :

  • Voici [12]que des jours viennent, dit l’Éternel, où je susciterai à David (l’auteur des psaumes) un rejeton juste, qui régnera en roi, agira avec sagesse et exercera le droit et la justice dans le pays. En ses jours, Juda sera sauf et Israël habitera en pleine sécurité, et voici le nom qu’on lui donnera : « L’Éternel est mon droit ».

 

[1] II ROIS Chapitre 23, versets 32 et 33

[2] Voir II ROIS Chapitre 23, versets 34 et suivants.

[3] II ROIS Chapitre 24, versets 3 et 4

[4] II ROIS Chapitre 24, verset 9

[5] Voir II ROIS Chapitre 24, versets 8 et suivants.

[6] Suivant CHRONIQUES Chapitre 36, verset 10, Sédécias est le frère de Joïachin.

[7] GENÈSE Chapitre 47, verset 7 à 9

[8] JEREMIE Chapitre 13, versets 15 à 17

[9] JEREMIE Chapitre 7, versets 16 à 20

[10] JEREMIE Chapitre 11, verset 14

[11] JEREMIE Chapitre 15, versets 15 à 21

[12] JEREMIE Chapitre 23, versets 5 et 6