-690 à -671, psaume 13 : Déclin du royaume de Judée.

acces-psaume-fotolia_102515739_subscription_monthly_mhelp-bouton-fotolia_61356253_subscription_monthly_mButton aus zwei Puzzlestücken zeigt E-Mail KontaktButtonsButtonsMichelangelo_-_Sistine_Chapel_ceiling_-_Lunette_'Hezekiah_-_Manasseh_-_Amon'
A la présente génération le royaume d’Israël entre dans l’oubli, jusqu’à ce jour nous cherchons toujours la trace des dix tribus perdues exilées par Sennachérib. Cette génération est aussi celle de la fin du règne du roi Ézéchias pour le royaume de Juda et le début du long règne du roi Manassé.

La conduite du roi Ézéchias avait pu remonter le moral de ses aïeux le roi David et faire ainsi oublier le sort du royaume d’Israël au profit du dépit rencontré par le roi de Syrie tel que le psaume de la génération précédente le commémore.

L’attitude du roi Manassé ne laisse plus aucun doute sur le sort réservé au royaume de Juda :

  • Manassé[1] avait douze ans en montant sur le trône, et il régna cinquante-cinq ans à Jérusalem ; sa mère s’appelait Hefci-Bah. Il fit le mal aux yeux de l’Éternel, imitant les abominations des peuples que l’Éternel avait dépossédés au profit des enfants d’Israël.

isaia e ezechia annoteCette attitude explique la prophétie d’Isaïe faite à Ézéchias à la fin de sa vie soit donc au début de cette treizième génération:

  • Berodac-Baladan[2], fils de Baladan, roi de la Babylonie (de là viendra l’attaque qui sera fatale au royaume de Juda), ayant appris en ce temps-là qu’Ézéchias avait été malade, lui envoya des lettres et un présent. Ézéchias écouta avec complaisance les messagers et leur fit voir en entier la maison où il conservait ses objets de prix, argent, or, aromates et huiles précieuses, ainsi que son arsenal et tout ce que contenaient ses trésors ; il n’y eut rien dans son palais et dans toutes ses possessions qu’il ne leur montrât. Le prophète Isaïe, rendant visite au roi Ézéchias, lui demanda : « Qu’ont dit ces hommes et d’où viennent-ils (Vu la suite, il est vraisemblable que Isaïe connaissait la réponse à sa propre question) pour te voir ? ». « Ils viennent d’une région lointaine, de la Babylonie » répliqua Ézéchias. « Qu’ont-ils vu dans ta demeure ? » demanda encore Isaïe. « Ils ont vu tout ce qui se trouve dans mon palais, mes trésors ne contiennent pas un objet que je ne leur aie montré » répartit Ézéchias. Isaïe dit alors à Ézéchias : « Écoute ce que dit le Seigneur : Il viendra un temps où l’on emportera en Babylonie tout ce que renferme ton palais avec tes trésors amassés par tes aïeux (dont David, l’auteur des psaumes) ; il n’en restera rien, dit l’Éternel. On emmènera aussi une partie de tes fils qui te devront le jour, de ceux que tu engendreras, pour les employer comme fonctionnaires au palis du roi d’Assyrie».

Cet augure confirmé par l’attitude de Manassé dès le début de son règne justifie le dépit de David exprimé dans le psaume de cette génération :

Jusqu’à quand ô Seigneur, m’oublieras-tu avec persistance ?

Le sort qui attend le royaume de Juda ajouté à celui du royaume d’Israël laisse présager à David que la disgrâce du peuple d’Israël est faite pour durer.

Jusqu’à quand me déroberas-Tu Ta face ?

Comme l’Éternel est en train de la faire vis-à-vis du royaume de Juda.

Jusqu’à[3] où imposerai-je des conseils dans mon être, l’affliction dans mon cœur chaque jour ? Jusqu’où exaltera-t-il contre moi, mon ennemi ?

Devant les attaques contre le peuple d’Israël qui ne vont cesser de s’accumuler, comment David pourra-t-il s’en consoler pendant que les ennemis du peuple d’Israël se réconforteront de leur puissance à chacune de leur victoire.

Regarde de grâce, exauce-moi, Éternel, mon Dieu. Éclaire mes yeux, pour que je ne m’endorme pas dans la mort, pour que mon ennemi ne puisse dire : « J’en suis venu à bout ! »

David est toutefois prêt à supporter ces attaques des ennemis d’Israël à condition qu’elles ne soient pas fatales à son peuple.

Et que mes adversaires ne se réjouissent en me voyant tomber ! Or moi, j’ai confiance en Ta bonté, mon cœur est joyeux de Ton secours : je veux chanter l’Éternel, car il me comble de bienfaits.

David persuadé que son peuple finira par se réconcilier avec l’Éternel chante à nouveau sa confiance en Dieu malgré l’horizon qui s’obscurcit.

 

[1] II ROIS Chapitre 21, versets 1 et 2

[2] II ROIS Chapitre 20, versets 12 à 18

[3] Pour ce verset, j’ai privilégié la version de la traduction d’André Chouraqui