-750 à -731, psaume 10 : Prophéties.

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Le psaume 10 (le présent psaume) fut associé au psaume 9 par la tradition chrétienne. Les psaumes 9 et 10 ne formant ainsi qu’un seul psaume : le psaume 9.

Malgré cela, la tradition chrétienne retenait tout de même cent cinquante psaumes puisque le psaume 147 était découpé lui-même en deux psaumes : les psaumes cent quarante-six et cent quarante-huit. Cette erreur de traduction, due vraisemblablement au fait que le psaume 10 n’est pas précédé d’un titre fut corrigée dans la Bible protestante. Aujourd’hui la numérotation « classique » peut être considérée comme reconnue par l’ensemble des religions qui ont adopté les psaumes dans leurs livres saints.

Toutefois, ce psaume est bien dans la continuité du psaume 9, d’une part de par les rois en place : le roi Ouzzia continue à régner sur le royaume de Juda. Ce royaume continuera d’être géré par Jotham pour la deuxième moitié de la génération complétée par le début de règne du roi Achaz. Le roi Jéroboam termine son long règne sur le royaume d’Israël. Sa succession sera relativement chaotique avec la succession des rois Challoum, Zacharie, Menahem, Pekahia et Pekah. D’autre part par la continuité de la prophétie d’Isaïe. D’autres prophètes apparaissent pendant cette génération : Amos, Osée et Michée.

La prophétie d’Isaïe se poursuit en effet dans la même teneur que les suppliques de David dans les psaumes.

Isaïe aussi évoque la longueur de la nuit et de ses épreuves : les cent quarante-sept générations de malédiction. Il évoque également l’aube, la rédemption finale du peuple d’Israël. Rédemption qui sera accompagnée par le triomphe de la justice pour l’ensemble des peuples :

  • Oui[1] Seigneur, sur la voie de tes jugements nous espérons en toi ; le désir de notre âme va à ton nom et à ton souvenir. De tout mon être, j’aspire à toi durant la nuit, de toute la puissance de l’esprit qui est en moi, je te recherche le matin ; car lorsque tes jugements éclatent ici-bas, les habitants du globe apprennent la justice.

C’est l’esprit de cette rédemption qui est une réponse à l’étonnement de David au début du psaume de cette génération :

Pourquoi, ô Éternel, te tiens-tu éloigné ? Te dérobes-tu au temps de la détresse ? Dans son arrogance, le méchant persécute le pauvre : qu’il tombe victime des mauvais desseins qu’il médite ! Car il se glorifie, le méchant, des passions de son âme ; le spoliateur blasphème, outrage l’Éternel. Avec son caractère hautain, le méchant ne s’inquiète de rien : « Il n’est point de Dieu ! » Voilà le fond de sa pensée. Ses voies sont prospères en tout temps, tes jugements passent au-dessus de sa tête ; tous ses adversaires, il les renverse d’un souffle. Il dit en son cœur : « Je ne chancellerai point ; jamais, au grand jamais, je ne serai dans l’adversité. »

Car le passage extrait de la deuxième partie de la prophétie d’Isaïe est lui-même précédé par :

  • En[2] ce jour (le jour de la rédemption finale), on chantera cet hymne dans le pays de Juda : « Nous avons une ville pour nous protéger, murs et remparts assurent notre salut. Ouvrez les portes, pour que puisse entrer un peuple juste (le peuple d’Israël qui à travers la nuit n’a pas failli à son alliance envers Dieu), gardien de la loyauté. » Celui qui a le cœur ferme, Tu le préserves ; à lui la paix, la paix, car il se confie en Toi. Mettez votre confiance en Dieu toujours et toujours, car en l’Éternel, vous avez un roc immuable. Il a humilié ceux qui trônaient haut ; la cité altière, il l’a abaissée, abaissée jusqu’à terre, couchée dans la poussière. Les pieds la foulent, les pieds de l’humble, le talon des faibles. La voix du juste est droiture ; Ô Dieu intègre, tu aplanis le sentier du juste.

Rappelons que cette citation est dans la continuité de celle évoquée dans le psaume précédent indiquant la fin de Moab qui était à l’initiative des tentatives de maudissement de Balaam et donc le symbole du triomphe de méchant sur terre au détriment du juste.

Méchant qui semble triompher pendant ces générations de malédictions comme poursuit Isaïe après avoir évoqué l’aurore attendue :

  • Que le méchant[3] soit traité avec bienveillance, il n’apprend pas, lui, la justice. Que le méchant soit traité avec bienveillance ; au pays de la droiture il poursuit ses méfaits et ne considère pas la majesté de l’Éternel.

La suite de la prophétie d’Isaïe fait alors écho à la fin du psaume 10 :

  • L’homme[4] pervers ne sera plus qualifié de noble et de fourbe ne passera plus pour généreux. Car l’homme pervers débité des propos pervers, son cœur machine l’iniquité, pour accomplir des actions scélérates, proférer contre Dieu des faussetés, pour faire languir d’inanition celui qui a faim et priver de breuvage celui qui a soif. Le fourbe, ses armes sont mauvaises ; il trame des projets perfides, afin de perdre les pauvres par des paroles de mensonge et l’indigent qui réclame son droit. L’homme généreux, lui ne conçoit que des desseins généreux, et il persévère dans sa noblesse.

Cette suite de la prophétie peut ainsi être mise en parallèle avec le reste du psaume de cette génération :

Sa bouche est pleine de parjure, de perfidie et de violence ; sa langue est au service du mal et de l’iniquité. Il se met en embuscade dans les villages ; à la dérobée, il fait périr l’innocent, ses yeux guettent le malheureux. Comme le lion dans le fourré, il dresse de secrètes embûches ; il les dresse pour s’emparer du pauvre, il s’empare du pauvre en l’attirant dans son filet. Il s’accroupit, se tapit, et les malheureux tombent dans ses griffes. Il dit en son cœur : « Dieu est sujet à l’oubli, il dérobe sa face : jamais il ne voit rien. » Ah ! Seigneur, Lève-Toi ! Dieu puissant, brandit ta main, n’oublie point les humbles. Pourquoi l’impie outragerait-il Dieu, dirait-il en son cœur que Tu ne demandes aucun compte ? Tu vois tout : Tu regardes misères et chagrins, pour les protéger de Ta main. À toi s’abandonne le malheureux, l’orphelin, tu lui prêtes assistance. Brise le bras de l’impie, le méchant… châtie sa perversité, pour qu’il n’en soit plus trouvé trace. L’Éternel est roi à tout jamais : les peuples disparaissent de son pays. Tu entends le souhait des humbles, Éternel, Tu affermis leur cœur, Tu leur prêtes l’oreille, en vue de rendre justice à l’orphelin, à l’opprimé, pour que nul mortel n’agisse plus tyranniquement sur la terre.

De fait la dixième génération est aussi celle de la fin de règne de Jéroboam, roi d’Israël. Son successeur Zacharie, ne tiendra que six mois : il sera assassiné par Challoum qui lui succédera mettant fin au règne des descendants de Jéhu. Dieu avait en effet promis à Jéhu que ses descendants régneraient sur Israël pendant encore quatre générations. Zacharie représente cette quatrième génération.

Ce psaume qui condamne l’injustice, et qui fait suite au psaume 9 lui aussi axé sur l’injustice vient rappeler le délabrement moral et religieux du royaume d’Israël qui  l’entraine progressivement jusqu’à la catastrophe, jusqu’à l’exil.

C’est ce que prophétise Osée qui est contemporain à la génération qui nous intéresse et qui prédit la fin prochaine du royaume d’Israël, en rappelant les fautes du royaume :

  • Écoutez[5] la parole de l’Éternel, enfants d’Israël ! Car l’Éternel prend à partie les habitants de ce pays, parce qu’il n’y a vérité, ni bonté, ni connaissance de Dieu dans ce pays (seul le royaume d’Israël est concerné). On n’y voit que parjure et mensonge, meurtre, vol et adultère ; ils renversent toutes les barrières, et le sang se mêle au sang. C’est pourquoi ce pays est en deuil, tous ses habitants languissent, en même temps que les bêtes des champs et les oiseaux du ciel ; même les poissons de la mer périssent.

 

 

[1] ISAÏE, Chapitre 26, verset 8 et 9

[2] ISAÏE, Chapitre 26, versets 1 à 7

[3] ISAÏE, Chapitre 26, verset 10

[4] ISAÏE, Chapitre 32, versets 5 à 8

[5] OSÉE, Chapitre 4, versets 1à 3