Mois : décembre 2017

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Céline, Jérusalem, le vieil antisémitisme de l’Europe ….

Il y a près de 80 ans, l’Europe procédait à l’élimination de ses Juifs.

A la fin de la guerre, la capitale du Reich, Berlin était divisée. Berlin-Est pour la RDA et Berlin Ouest pour la RFA.

Depuis l’Europe a œuvré pour la réunification de Berlin, ancienne capitale du pouvoir nazi. Aujourd’hui cette même Europe refuse non seulement la réunification de Jérusalem, mais également l’installation d’ambassade dans cette ville. Y compris celle des USA qui pourtant devrait être installée dans la partie ouest de la ville, donc dans une partie dont la souveraineté d’Israël n’est pas contestable.

Cette double volonté de l’Europe concernant Berlin et Jérusalem est dans la continuité de la volonté ancestrale de l’Europe de considérer que les vies juives ont peu de valeur et de la volonté d’enfermer éternellement le Juif dans un statut de paria incompatible avec l’existence d’un État juif.

Même si celui-ci a été reconstruit sur la terre ancestrale des Juifs, une terre quasi déserte au 19ème siècle comme le montrerait toute étude sérieuse.

A ce titre, il est à noter que la volonté de faire de Jérusalem-Est la capitale d’un hypothétique état palestinien ne repose sur aucune base historique: au milieu du 19ème siècle il n’y avait aucun « palestinien » hors les murs de Jérusalem, donc aucun « palestinien » à Jérusalem Est.

De la même façon que la réunification de Berlin est une façon de minimiser la Shoah, l’antisémitisme français d’avant-guerre et qui a accompagné l’occupation est remis au gout du jour sous couvert de liberté d’expression.

Pourtant les deux dernières fois que l’antisémitisme s’est exprimé librement en France c’était avant l’affaire Dreyfus puis avant et pendant la Seconde Guerre mondiale. Deux fois où la liberté de parole sans contrôle a été catastrophique pour le judaïsme. Il semble bien qu’une troisième période est en train de s’établir…

Après la Shoah, l’antisémitisme était devenu une expression déplacée en France pendant quelques décennies. L’antisionisme plus « convenable » lui était préféré. Mais le temps aidant, l’antisémitisme pur et dur refait surface et pour cela les antisémites notoires d’avant-guerre sont progressivement réhabilités.

Parmi eux, Louis Ferdinand Céline (de son vrai nom Louis Ferdinand Destouches). Céline est un personnage qui s’est fait connaître par son œuvre littéraire mais aussi par son antisémitisme virulent avant la Seconde Guerre mondiale et pendant celle-ci.

À propos de son œuvre antisémite :

À la fin des années 1930[1], alors qu’il est en contact avec Arthur Pfannstiel, un critique d’art et traducteur travaillant pour le Welt-Dienst (service mondial de propagande nazi anti-maçonnique et antisémite), organe auprès duquel il se renseigne, Céline publie deux pamphlets fortement marqués par un antisémitisme virulent : Bagatelles pour un massacre (1937) et L’École des cadavres (1938). Il présente lui-même ces ouvrages ainsi :

  • « Je viens de publier un livre abominablement antisémite, je vous l’envoie. Je suis l’ennemi no1 des juifs. »

Quelques extraits de « L’École des cadavres »[2]

  • « Les juifs, racialement, sont des monstres, des hybrides, des loupés tiraillés qui doivent disparaître. […] Dans l’élevage humain, ce ne sont, tout bluff à part, que bâtards gangréneux, ravageurs, pourrisseurs. Le juif n’a jamais été persécuté par les Aryens. Il s’est persécuté lui-même. Il est le damné des tiraillements de sa viande d’hybride »

Ou encore :

  • « Je me sens très ami d’Hitler, très ami de tous les Allemands, je trouve que ce sont des frères, qu’ils ont bien raison d’être racistes. Ça me ferait énormément de peine si jamais ils étaient battus. Je trouve que nos vrais ennemis ce sont les Juifs et les francs-maçons. Que la guerre c’est la guerre des Juifs et des francs-maçons, que ce n’est pas du tout la nôtre. Que c’est un crime qu’on nous oblige à porter les armes contre des personnes de notre race, qui ne nous demandent rien, que c’est juste pour faire plaisir aux détrousseurs du ghetto. Que c’est la dégringolade au dernier cran de la dégueulasserie »

Sous l’Occupation, Céline, s’il ne signe pas à proprement parler d’articles, envoie des lettres aux journaux collaborationnistes dont certaines sont publiées. Il y fait preuve d’un antisémitisme littéraire violent.

Pour son œuvre littéraire « classique », Il fut boycotté à la Libération par le monde littéraire français. Mais après un court exil et un court bannissement, il est amnistié en 1951 : s’en prendre aux Juifs n’est finalement pas si blâmable. Gallimard assure alors l’édition de ses œuvres « classiques ». Céline décède à Meudon en 1961.

Pour résumer le personnage on peut se référer à la déclaration de Bertrand Delanoë[3] :

  • « Céline est un excellent écrivain mais un parfait salaud. »

En remplaçant écrivain par compositeur on pourrait aisément remplacer Céline par Wagner.

Si l’œuvre littéraire de Céline, comme l’œuvre de Wagner est aujourd’hui reconnue, son côté sombre ne peut être oublié.

Si ni Céline ni Wagner n’ont tué des Juifs de leurs mains, par leur influence indéniable ils ont contribué à banaliser l’antisémitisme et ont justifié par avance la Shoah auprès de nombreux de leurs admirateurs.

Depuis 1985, Fabrice Luchini fait l’éloge de l’écrivain maudit tout en indiquant[4] « J’aime l’œuvre de Céline, pas l’homme ». Il fait de l’œuvre littéraire de Céline l’objet de nombre de ces spectacles et contribue ainsi à en vulgariser l’œuvre et à faire découvrir son œuvre au grand public.

Mais vraisemblablement sans le vouloir, par cette action, Luchini est le vecteur d’un message subliminal dangereux : « Céline est un des plus grands écrivains du vingtième siècle dont l’œuvre a été étouffée par le lobby juif. Écoutez ce que la France a accepté d’ignorer depuis des décennies du fait du complot juif ».

C’est d’ailleurs[5] dans cet esprit qu’a été perçue l’action de Serge Klarsfeld en 2011 qui s’était opposé et avait obtenu que Céline ne soit pas célébrée par la République et qu’il soit retiré du menu des célébrations nationales en 2011.

Si Fabrice Luchini n’avait que des intentions littéraires ce n’est vraisemblablement pas le cas d’Olivier Sauton. Il a intitulé son spectacle « Fabrice Luchini et moi », ce qui derrière l’admiration du comédien cache vraisemblablement plutôt celle de Céline, vraisemblablement plus pour le côté sombre que pour l’œuvre littéraire. C’est en tout cas ce que l’on peut penser avec les tweets révélés de 2012 d’Olivier Sauton, dont[6] :

  • « Je préviens tous mes amis juifs : en cas de déportation, ÉVIDEMMENT je vous mettrais en 1re J’ai trop le respect de vos habitudes »,
  • « J’aime tellement la musique yiddish que si j’avais été gardien à Auschwitz j’aurais épargné les musiciens. C’est l’art qui sauvera les juifs »,

En Europe, après la Shoah, les Juifs pouvaient penser que cet apogée de la haine du Juif sonnerait le glas de l’antisémitisme. Alors que les élites cachaient jusqu’à présent leur antisémitisme derrière un antisionisme bien accepté par tous, aujourd’hui l’antisémitisme s’affiche de plus en plus simplement sans même avoir besoin de s’inventer un peuple « martyrisé » par les Juifs.

Gallimard qui quelques années après-guerre, n’hésitât pas à rééditer les « œuvres classiques » de Céline n’hésite pas aujourd’hui à rééditer ses « œuvres » les plus violemment antisémite alors qu’on ne peut ignorer qu’il y a aujourd’hui un large réceptacle en France pour absorber et adopter ces pamphlets.

Ce combat contre Israël et Jérusalem dans lequel l’Europe et la France sont aux avants-postes associé à la réhabilitation des antisémites d’avant-guerre et de leurs pamphlets antisémites, sans limitation, qui se fait de plus en plus active démontrent bien que l’antisémitisme d’avant-guerre est bien en train de renaître avec l’aval des dirigeants et des élites bien pensantes de la société occidentale.

Les larmes de crocodiles versées après la Shoah par les nations ne sont plus d’actualité.

Les prédictions du psaume 147 sont bien en train de se réaliser…

 

Paul David

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Jérusalem indivisible et solution à « deux états »

Il semblerait que Trump s’apprête dans les prochains jours à tenir sa promesse de campagne vis à vis de Jérusalem: y installer l’ambassade US et déclarer que Jérusalem doit rester indivisible.

Décision courageuse bien à contre-courant de la diplomatie occidentale y compris de celle de notre président, Emmanuel Macron.

Cela serait de bons augures pour la fête de Hanoukka toute proche.

Ainsi Trump avait déjà déclaré en février dernier que «La solution à deux États» pour régler le conflit israélo-palestinien n’est pas la seule voie possible pour la paix. Ceci lors d’une très courte conférence de presse conjointe à la Maison Blanche avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, avant leur rencontre.

Vouloir imposer un état dit palestinien n’a aucune justification historique. La justification est plutôt idéologique avec pour but d’enrayer la réunification de Jérusalem sous bannière juive; en effet le nouvel état aurait ainsi pour capitale Jérusalem Est.

Pourtant, comme l’histoire l’a montré, seule une souveraineté juive pleine et entière sur Jérusalem y garantit une libre circulation des adeptes – non hostiles – de toutes les religions ainsi que ceux qui ne sont adeptes d’aucune. Cela a été loin d’être le cas lorsque la ville était sous domination chrétienne, musulmane voire romaine, perse ou byzantine.

Le concert des nations aujourd’hui prône une séparation de Jérusalem en deux capitales d’États distincts bien que sachant que l’un de ces états, le « Palestinien », continuera à cultiver la haine de l’autre, la haine du juif. Deux États mais pas de paix …

Les  nations qui préconisent aujourd’hui une Jérusalem divisée en deux avaient auparavant toutes œuvré pour la réunification de Berlin.

Que ce soit pour Berlin ou Belfast, la séparation d’une ville en deux n’a jamais été gage de paix. Il en est de même pour Jérusalem.

La déclaration de Trump est donc bien marquée de sagesse, bien que pour beaucoup « sagesse » et « Trump » ne soient pas une association évidente.

L’histoire montre que  Jérusalem-Est n’a pas de justification théorique.

Au moment[1] de la conquête britannique, en 1917, il n’y a que trois cents familles arabes hors les murs de Jérusalem. Un recensement de 1905 n’en relevait que cent soixante. En 1912, La population totale de Jérusalem comporte 45 000 juifs pour 12 000 musulmans.

photo aérienne de Jérusalem en 1917.

La revendication actuelle de vouloir faire de Jérusalem-Est la capitale d’un hypothétique état Palestinien n’a donc aucun fondement.

Sur le même principe il suffirait de trouver un ensemble d’immeubles dans la banlieue Est de Paris regroupant entre 160 et 300 familles musulmanes pour revendiquer d’ici quelque temps en France la création d’un état musulman avec pour capitale Paris-Est.

Pour appuyer ce projet, une remise en cause de la légitimité de la présence juive sur sa terre est orchestrée par les nations.

Pourtant ceux que l’on nomme Palestiniens ne leurs sont pas plus légitimes …

Les Anglais[2] pendant la Première Guerre s’allient à Abdallah Ibn Hussein pour mener une révolte arabe contre l’Empire ottoman qui était allié alors des Allemands et donc dans le camp ennemi de l’Angleterre.

C’est[2] Lawrence d’Arabie qui est envoyé par les Anglais pour l’assister. Le père d’Abdallah est Hussein, chérif des chérifs et émir de La Mecque, le plus grand potentat d’Arabie, souverain hachémite et descendant direct du prophète.

À la fin[2] de la guerre, les anciennes provinces ottomanes sont redistribuées, Faycal un des fils de Hussein obtient la royauté sur l’Irak, l’autre fils Abdallah chercha à s’octroyer l’Arabie, mais défait par le chef Saoudien, il se rabat et « se contente » de l’actuelle Jordanie, qui n’avait jamais été auparavant un pays ou une région à part. Abdallah s’y installe avec trente officiers et deux cents Bédouins.

La Jordanie est donc déjà issue du partage en deux de la Palestine mandataire de 1920 bien que cette région fût pressentie pour faire partie du foyer Juif. Les Juifs se contentent de la partie à l’Ouest du Jourdain malgré les promesses antérieures des nations.

Il est incompréhensible que les nations aujourd’hui refusent toute légitimité à Israël alors que personne ne conteste celle de la Jordanie qui de toute évidence a été créée artificiellement et a été peuplée par une colonisation réelle et récente.

Pour ce qui est de la population dite palestinienne qui aurait été lésée par l’installation des Juifs: en 1840[3], la Palestine (au sens de région) compte 70 000 habitants dont 10 000 juifs.

La population[4] mondiale est alors d’environ 1,2 milliard d’habitants soit environ 6 fois moins que la population mondiale actuelle (2013).

Ainsi si on fait une projection, la population actuelle de la Palestine, si le sionisme n’avait pas eu lieu devrait comprendre environ 400 000 habitants toutes religions confondues, soit 4 fois (au moins 5 fois si on se restreint à la population musulmane, la population arabe israélienne est estimée à environ 1 600 000 aujourd’hui) moins que la population arabe israélienne actuelle !!

Cela sans inclure la population dite palestinienne de Cisjordanie, de Gaza, de Jordanie et de la « diaspora ».

Si la population palestinienne (suivant la terminologie actuelle) est  aussi nombreuse aujourd’hui cela n’est évidemment dû qu’à des immigrations massives des régions voisines en accompagnement du développement sioniste depuis la fin du XIXe siècle et d’une volonté forte de la contrebalancer à la veille de la seconde guerre mondiale (dès 1930  en « accompagnement » des « Livres Blancs »). Cela est confirmé par les historiens objectifs.

L’immigration musulmane depuis l’empire Ottoman vers ce qui était dénommé Palestine au début du XXe siècle n’a donc rien à envier à l’immigration juive vers Israël depuis les restes de l’Empire Ottoman.

Le monde, en dernier recours, pourrait alors feindre d’accepter l’implantation des Juifs descendants des familles présentes depuis plusieurs siècles sur la terre d’Israël de même que celle issue des déplacements de population au sein de l’ex-empire ottoman pour ne refuser que l’immigration juive en provenance d’Europe.

Cela n’est pas non plus recevable car le Moyen-Orient a intégré sans difficultés de nombreux Européens … musulmans.

Ainsi, Païens[5] convertis au christianisme au XIe siècle, les Circassiens se convertirent à l’Islam au XVIIe siècle sous l’influence des Tatars de Crimée.

Ils furent[6] remis au-devant de l’actualité pendant les JO de Sotchi 2014, lieu où ils vécurent : Après un siècle de résistance à l’impérialisme tsariste, au prix de la vie de 800000 des leurs, les douze tribus circassiennes sont en partie exterminées à Sotchi, par Alexandre II, le 21 mai 1864.

Un million[6] d’entre eux sont alors poussés à l’exode vers l’Empire ottoman, parmi lesquels 200.000 vont mourir de faim, de maladie ou de fatigue.

Les recherches[6] de l’association Circassian World recensent également 100.000 d’entre eux en Jordanie ainsi qu’en Syrie, quelques milliers en Israël, en Libye et au Liban, et d’autres encore en Europe (40.000 environ) et aux États-Unis (au moins 5.000).

En Jordanie[6], les survivants sont arrivés par vagues à partir de 1878. La légende veut qu’ils aient fondé Amman, la capitale, jusqu’alors terre de tribus bédouines – le royaume jordanien n’ayant été institué qu’en 1946.

Ainsi Tel-Aviv est au moins aussi légitime qu’Amman …

Aujourd’hui le monde réclame une partition à « deux États » d’Israël, déjà issu de la partition de la Palestine mandataire, en considérant implicitement illégitime tout juif implanté au Moyen-Orient .

Ce même monde légitime sans la moindre restriction  toute présence musulmane dans ces mêmes territoires sans ignorer que celle-ci est elle-même issue d’une forte immigration des régions voisines ainsi que de l’Europe.

La voix discordante de Donald Trump à ce sujet est donc la bienvenue pour éviter que le vingt-et-unième siècle ne soit pas mieux loti que le vingtième en ce qui concerne les rapports avec les Juifs …

 

Paul David.

 

 

[1] Renée Neher-Bernheim : « Jérusalem, trois millénaires d’histoire ». (p. 156 et 168).

[2] D’après : Simon Sebag Montefiore : « Jérusalem ». Chapitre : « Révolte arabe, déclaration Balfour, 1916-1917 » et « Vainqueurs et dépouilles ». (p. 478 à 517)

[3] D’après Renée Neher-Bernheim : « Histoire juive de la Révolution à l’Etat d’Israël ». (p. 361). Il existe d’autres estimations de la population en Palestine avec de grosses variations dans les chiffres. Toutefois quelque soit l’estimation, la terre de Palestine et Jérusalem en particulier, étaient très peu peuplées au milieu du dix neuvième siècle au moment ou l’immigration juive s’intensifia. Il suffit pour cela de se référer aux photos et illustrations de l’époque..

[4] D’après : http://en.wikipedia.org/wiki/World_population_estimates

[5] D’après : http://igor.hagondokoff.perso.sfr.fr/circassien.html

[6] D’après : http://www.slate.fr/sports/82559/tcherkesses-circassiens-sotchi