Les éléments relatifs qui ont trait aux rapport de l’Islam (ou de ses partisans) et du nazisme sont trop nombreux pour être traités en un seul article, c’est pourquoi, pour ne pas lasser le lecteur, je traite ce sujet via plusieurs articles.

Le présent article (I) montre quel a été l’apport des troupes régulières musulmanes dans l’effort de guerre nazi et donc sur l’application de la solution finale.

Ces articles n’ont pas pour but de jeter l’opprobre sur les musulmans.

Malheureusement ils n’ont pas été les seuls à coopérer directement ou indirectement avec le pouvoir nazi, à aggraver ainsi directement ou indirectement l’application de la solution finale au sein du IIIe Reich, en Europe et ailleurs. Si les nazis avaient réussis, il n’y aurait plus de Juifs sur terre.

Cette série d’articles a plutôt pour but de répondre à la brèche ouverte par l’occident, et donc par le monde chrétien, sur la légitimité du peuple d’Israël à revenir sur sa terre, surexploitée du côté de l’orient, du monde musulman. Cela fait l’objet de l’article « Préambule » de cette série d’articles.

L’attachement des musulmans avec les Allemands a été initialisé bien avant la Seconde Guerre mondiale.

bismarckshutterstock_252133981L’Allemagne de Bismarck avait privilégié l’extension en Europe pendant que français et anglais se construisaient un empire colonial en Afrique et en Asie.

Par la suite, l’Allemagne fut quand même tenté par l’aventure coloniale, mais elle se limita à quelques territoires en Afrique, approximativement les territoires de l’actuelle Namibie de la Tanzanie et du Cameroun, soit un nombre limité de musulmans sous tutelle allemande, contrairement à la France et à l’Angleterre qui à la veille de la Première Guerre mondiale possédaient de nombreux territoires coloniaux fortement peuplés et à grande majorité musulmane.

Ainsi, lors de la Première Guerre mondiale, les Allemands avaient pu utiliser la fibre nationaliste arabe, basée sur l’attachement à l’islam, pour affaiblir la France et l’Angleterre :

  • L’empire[1] ottoman se rangea aux côtés de la triple alliance (triplice) et donc Triple_alliance_Signaturesavec l’Allemagne et le 2 novembre 1914, le sultan proclama le Jihad (la guerre sainte) à l’encontre de la triple entente. Cette annonce fit frissonner les capitales de la Russie Impériale, de la France et surtout l’Angleterre. Tous avaient des populations musulmanes importantes sous leur contrôle, mais aucun autant que l’Angleterre en Inde et autour du Canal de Suez, ligne stratégique au sein du moyen orient. Les intentions de l’Allemagne étaient claires, si les populations musulmanes indigènes pouvaient être poussées à la rébellion cela entraverait gravement la capacité de la triple entente à faire la guerre et le résultat pourrait être décisif. Après tout, si le Raj (Régime colonial britannique dans le sous-continent indien) était la proie des flammes, les Britanniques ne seraient-ils pas obligés de ponctionner des troupes engagées en France pour secourir l’Empire ?
  • L’action allemande fut rapidement de déployer des agents chargés de propagande et d’inciter à la révolte (dans les Indes avec un certain succès temporaire). […] des troubles furent aussi fomentés en Abyssinie et au Soudan et plus au nord en Égypte menaçant la zone du Canal de Suez, détournant ainsi efficacement forces et matériels anglais du front en France. […]
  • Pour l’Allemagne le manque de ressources et la possibilité d’exporter leur puissance hors d’Europe signifiaient que leur aptitude d’attiser les braises dans l’Empire britannique en particulier pouvait être une tache de longue haleine, mais cela a permis de semer les graines de la future politique. L’Allemagne a maintenant établi une double ligne de conduite consistant à attiser la conscience panislamique et les mouvements nationalistes musulmans, afin d’atteindre ses buts. Ces deux voies avaient bien progressé lorsque Hitler lança sa guerre de conquête en 1939.

barbarossa shutterstock_251930464Cette sympathie du monde musulman envers l’Allemagne est utilisé par le pouvoir nazi lors de la seconde guerre mondiale. L’échec de l’opération Barbarossa incite largement l’état-major à recourir à des troupes supplétives:

  • La Wehrmacht[2] a commencé l’invasion de l’URSS le 22 juin 1941, l’opération Barbarossa, avec une force colossale de 3 400 000 hommes. […] Au 13 août, seulement le 53e jour de l’opération, les pertes atteignaient déjà 389 924 avec près de 98 600 morts ou disparus. […] Au 20 mars 1942, le haut commandement de l’armée allemande, le « Oberkommando des Heres (OKH) », dressa les pertes allemandes moins d’un an après le lancement de l’opération Barbarossa au nombre de 1 073 000 hommes. Cela correspond au tiers des forces engagées. Il est vrai, que de son côté l’armée soviétique avait perdu plus de 4 500 000 hommes, mais elle avait encore un grand réservoir d’hommes qu’elle commençait à peine à engager avec pour conséquence que les effectifs de l’armée rouge s’élevaient encore à 4 255 000 hommes et grossissait encore. Pour les nazis, cela était différent, les Allemands avaient du mal à maintenir leurs effectifs, et l’effectif de l’armée allemande de l’est avait chuté dans le même temps à 3 138 000. Mais plus inquiétant pour les Allemands, c’était 250 000 de moins que ce que l’état-major avait calculé comme nécessaire pour gagner la bataille.
  • Wolga-Tataren beim Vorbeimarsch Foto H. Philipps Wehrbilderdienst Nr 488/34C’est ce qui a conduit les Allemands à utiliser pour leur guerre à l’est des troupes musulmanes. […] En novembre 1941, l’OKH autorisa officiellement la mise en place d’unités nouvelles baptisées « Osttruppen » (Troupes de l’Est). […] Les populations musulmanes dépendantes de l’URSS (kazakhs, kirghizes, Uzbeks, Ouzbeks, Tadjiks, Tartares, Tchétchène et Ingouches) constituent une large majorité de ces troupes. Sous la supervision de Rosenberg, l’OKH établit le concept de légions ethniques en remplacement de l’appartenance territoriale comme pour les volontaires non russes tels que les chrétiens arméniens du Caucase ou les Géorgiens. Aux premiers rangs de celles-ci, ces nouvelles légions était la légion musulmane caucasienne incluant les Azéris, les Tchétchènes et les Ingouches comme également l’unité turque composée des populations des steppes.
  • Afin d’attacher un rattachement administratif à ces unités disparates, il fut décrété qu’elles étaient attachées à la 162e division d’infanterie. (du fait de la nature de sa formation) cette division fut communément dénommée la 162e division turque (Turkmène division). […] Elle était commandée par le generalleutnant (général de division) Oskar Ritter von Niedermayer. Niedermayer a été un attaché militaire en Iran puis le directeur de l’institut des études stratégiques à Berlin avant la guerre et a développé un vif intérêt pour l’Islam allant jusqu’à sa conversion. […]
  • (par la suite) se posait la question de savoir quoi faire avec le nombre croissant de volontaires musulmans pour servir la Wehrmacht. Comme les unités musulmanes commençaient à fusionner et que le recrutement s’accélérait, le concept de légion nationale devint de plus en plus réaliste. Ainsi, le 13 janvier 1942, des unités composées d’un commandement allemand et de volontaires musulmans caucasiens furent transformées par l’OKH en « Turkestanish-Kaukasisch-Mohammedanische Legion » (Légion musulmane turco-caucasienne), unité de référence pour les musulmans volontaires d’URSS. À sa création, la majorité de ses volontaires étaient azéris et comme leur nombre s’est amplifié, ils ont fini par former leur propre unité, les « Aserbeidschanische Legion » (la légion Azéri) le 22 juillet 1942. […] Le reste de la légion fut renommé « Turkestanische Legion » (Légion turkmène), principalement composée de Turkmènes. […] Les Turkmènes avaient comme brassard un écusson représentant la mosquée de Samarcande. […]
  • (la formation de ces unités) allait prendre une importance significative dans l’effort de guerre nazi à l’Est. À la fin de 1941, il y avait environ 150 000 « Osttrupen » servant dans la Wehrmacht ; ce chiffre s’est accru jusqu’en septembre 1943 : un officiel de l’armée allemande estimait alors leur nombre à plus d’un demi-million regroupés en plus de 78 bataillons et 122 compagnies indépendantes. Bien que ce nombre soit énorme, il a été éclipsé à l’été 1944 lorsque près d’un million d’Osttrupen étaient officiellement enregistrés dans les armées allemandes de terre, de l’air et de mer. Même si la plupart des unités allemandes avaient tendance à ne pas enregistrer leurs effectifs « hiwi », il est clair que sans eux, l’Ostheer (l’armée allemande sur le front russe) n’aurait pas été capable de résister aussi longtemps à la puissance croissante de l’Armée Rouge.

Cette première collaboration au sein de la Wehrmacht a donc permis à l’Allemagne de pouvoir résister plus longtemps à la puissance militaire Russe et de se déployer plus aisément sur le front de l’Ouest qui s’ouvrira en 1944 après le débarquement américain, voire d’intervenir au sein des puissances alliées comme l’Italie, la Roumanie et la Hongrie quand celles-ci risqueront de basculer dans les forces alliées. On peut estimer que l’application de la solution finale a eu pour effet l’élimination de 100 000 à 150 000 juifs pour chaque mois de guerre. Sans la coopération des Osttrupen musulmans, la guerre aurait été raccourcie de plusieurs mois voir un an ou plus encore, d’autre part les communautés juives d’Italie, de Roumanie et de Hongrie aurait peut-être partiellement ou totalement échappé à l’élimination, les troupes allemandes étant incapables d’envahir ces territoires « amis ». Il est vraisemblable donc que la coopération musulmane dans les Osttrupen a coûté plus d’un million de vies juives.

Pour accéder aux articles associés à ce sujet (sera complété au fur et à mesure):

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Islam et Nazisme: Préambule

 

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Islam et Nazisme: 2 – La ferveur.

 

Label concept represented by black button icon. Isolated and shiny illustration.Article:
Islam et Nazisme: 3 – Divisions SS et Einsatzgruppen.

 

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Article:
Islam et Nazisme: 4 – Le mufti et après la chute …

Paul David

 

[1] Jonathan Trigg : « Hitler’s Jihadis » (intégré à une série : « Hitler’s Legions »). Chapitre : «Nazism and Islam». (p. 21 à 23).

[2] Jonathan Trigg : « Hitler’s Jihadis » (intégré à une série : « Hitler’s Legions »). (p. 38 à 42, 47, 48)

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